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Poésie

Posts Tagged ‘s’aventurer’

Dans la jungle (Jean-Luc Moreau)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2021



Dans la jungle, un jour, s’aventure
Un curé. Le tigre survient.
« Prions », se dit l’abbé.
« Seigneur,je t’en conjure,
Fais que ce tigre soit chrétien. »

Comment le Très-Haut se débrouille,
La chronique n’en parle pas.

Le fauve en tout cas s’agenouille :
« Seigneur », dit-il,
« bénissez ce repas. »

(Jean-Luc Moreau)

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Souvent quand il avançait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021




    

souvent
quand il avançait
à tâtons dans sa nuit
il a douté s’est révolté
a voulu remonter
vers la vieille lumière

mais une force le tenait
qui lui enjoignait
de poursuivre
de s’aventurer
une fois de plus
une fois encore
au plus épais
de sa ténèbre

un jour
au comble de la détresse
vidé de toute force
acculé à reconnaître
que l’inaccessible se refusait
il admit qu’il lui fallait
renoncer

*

à sa vive surprise
sans qu’il eût
à progresser d’un seul pas
il franchit le seuil
déboucha dans la lumière

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Jeunesses (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Andrée Chedid
    
Jeunesses

On eut beau la flatter
Célébrer ses atours
Ma jeunesse s’engouffra
Dans la gorge du temps

Elle cessa de fleurir
Pour rejoindre sans détresse
La trame usuelle
Qui mène à l’ultime champ

L’été prit le relais

D’autres et d’autres jeunesses
S’aventuraient déjà
En leurs corps flamboyants.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Actes de naissance (Élisabeth de Fontenay)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

Actes de naissance

Nous sommes nés à notre insu,
un originel dessaisissement, une absence de commencement,
et ce serait la tâche de l’écriture, pensée, littérature, art,
que de s’aventurer à en porter témoignage.

(Élisabeth de Fontenay)

 

 

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Chaque poème (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Odilon Redon

    
Chaque poème s’écrit
pour revenir au silence

Il est ultime —

S’aventurant trop près de la mort
il perd son chemin de retour

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Habitant la terre (Yves Broussard)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Edmund Dulac 19(1)

Habitant la terre
à l’avant-pointe
du risque

Je m’aventure
en l’immense du temps
de la contemplation des choses

à la plénitude de l’être.

(Yves Broussard)

Illustration: Edmund Dulac

 

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La fleur qui fait le printemps (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Jean-Louis Dupuy
    
La fleur qui fait le printemps

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d’où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d’argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d’hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l’aube arrose,
S’épanouit dans sa candeur.

La véronique s’aventure
Près des boutons d’or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d’enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d’éclore
Et d’éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poëte dans ses douleurs,
Qu’avant de s’en aller, il voie
Vos feux d’artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d’été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d’or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d’argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j’ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d’attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l’âme et pour l’abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d’azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous nous aimons très tendrement (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
nous nous aimons très tendrement
,plus qu’une averse
a besoin d’arcs-en-ciel ou que font d’éventuelles
fleurs de mai les flocons:

tout à fait yeux de l’air
non que les premières grives du crépuscule s’éveillent
plus en secret que nos (même si se disloquaient
quelques-uns des mondes)êtres

Nul faire ne défera
(ni la folie ni la mort ni les deux qu’est
la guerre) ton moi ou ne simplifiera mon toi,chérie

douce et créative cette complexité
jamais connue est née avant qu’une lune éclose
avant que Dieu Se soit désiré dans la rose

et même(
nous aventurant jusque du côté
du plus immémorial des quand
)avant

chaque battement de coeur que je vis t’embrassant

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Je vous fais don de mon amour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




    
Je vous fais don de mon amour
je vous fais don du chardon le plus doux du bouquet
cruel entre vos mains si pures
que la neige n’ose s’aventurer en leurs parages.

Vous savez ce qu’est l’amour humain
c’est tout ce que je puis offrir
et qui est vôtre
puisque rien ne passe pour mes yeux
l’éclat de votre front.

J’aurais voulu avant déjà
que moins de boue pendît de moi
qu’une plus sûre flamme tint dans ma main
et que l’humiliation de vivre dans les larves
et d’attendre la mort
acceptât de s’éteindre.

C’est dans la cendre qu’il faut accueillir ce pur rosier
C’est dans la cendre qu’il faut chercher son parfum.

Vous m’avez fait rêver d’un grand glacier de ciel
ô mon amour
unique autel digne de porter votre éclat.

Vous m’avez fait rêver d’un pur baiser d’absence
ô mon amour
seule aile transparente assez
pour respecter votre lumière.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je crois qu’il faut penser comme chute une météorite (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



je crois qu’il faut penser
comme chute une météorite
comme pleure une étoile étoile-mère

qu’il faut saisir
l’intime conscience de son désastre
pour commencer
à vraiment sourire
pour s’aventurer
au plus bleu du bleu

(Zéno Bianu)

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