Arbrealettres

Poésie

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Je crois que sous peu je mourrai (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018




Je crois que sous peu je mourrai.
Mais le sens de mourir ne m’émeut pas,
Je m’avise que mourir ne doit pas avoir de sens.
Ces mots de vivre et mourir sont des classifications comme celles des plantes.
Quelles feuilles ou quelles fleurs ont-elles une classification ?
Quelle vie contient la vie ou quelle mort la mort ?
Tout cela n’est que termes par quoi on définit.
Et une bonne définition est : je continue.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Je trouve si naturel que l’on ne pense pas (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je trouve si naturel que l’on ne pense pas
que parfois je me mets à rire tout seul,
je ne sais trop de quoi, mais c’est de quelque chose
ayant rapport avec le fait qu’il y a des gens qui pensent…

Et mon mur, que peut-il bien penser de mon ombre ?
Je me le demande parfois, jusqu’à ce que je m’avise
que je me pose des questions…
Alors je me déplais et j’éprouve de la gêne
comme si je m’avisais de mon existence avec un pied gourd…

Qu’est-ce que ceci peut bien penser de cela ?
Rien ne pense rien.
La terre aurait-elle conscience des pierres et des plantes qu’elle porte ?
S’il en est ainsi, eh bien, soit !
Que m’importe, à moi ?
Si je pensais à ces choses,
je cesserais de voir les arbres et les plantes
et je cesserais de voir la Terre,
pour ne voir que mes propres pensées…
Je m’attristerais et je resterais dans le noir.
Mais ainsi, sans penser, je possède et la Terre et le Ciel.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://frogsblog7.wordpress.com/

 

Recueil: Le Gardeur de troupeaux et les autres poèmes d’Alberto Caeiro
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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Tout ce qui arrive (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Tout ce qui arrive
pose
un masque sur notre figure qui n’ose
jamais être définitive.
Ainsi nous passons pendant que la vie nous déguise.
Et cette figure étrange
dont personne ne s’avise,
sera-t-elle un jour la surprise
des Anges?

(Rilke)

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