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J’écris (Pierre Thiry)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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J’écris

J’écris parce que je sais pas
Compter, j’écris car je sais pas
Danser, j’écris car je sais pas
Chanter, j’écris car je sais pas

Jouer du piano des dix doigts
J’écris car j’ignore les lois
Car je sais pas scier du bois
Et j’ai cassé ma deux-cent-trois.

J’écris pour une île et sa crique
J’écris pour partir en Afrique
J’écris car j’ai peur des poneys.

J’écris car j’ai très peur de l’eau
J’écris car je suis dactylo
J’écris pour pondre des sonnets.

(Pierre Thiry)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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Ce n’était pas une nuit pour dormir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Ce n’était pas une nuit pour dormir
mais une nuit Souple et légère
où la douceur de la main livre
sans compter son savoir
une nuit à aimer
comme les arbres aiment la terre

(Georges Bonnet)

Illustration: Marc Chagall

 

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On ne savait pas d’où venait le silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

On ne savait pas d’où venait le silence
l’odeur des pins pillés
Le vent allait jusqu’à eux s’attardait
là où le rêve commence
sur le sable chaud d’un désir ancien

(Georges Bonnet)

Illustration: John William Godward

 

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Si tu savais (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Dina Shubin 167341

Loin de moi,
Si tu savais.

Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas,
comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier
de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.

Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin-de-moi à qui je suis soumis

Si tu savais.

(Robert Desnos)

Illustration: Dina Shubin

 

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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Juste avant la nuit (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



 

Juste avant la nuit
les chemins sont en fuite

L’ortie près du fossé
et tout ce qui n’a pas
besoin du temps
ne sait rien du monde

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Sous le vent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



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Sous le vent
la plainte répétée des tôles

Les gestes aigus
d’un monde fragile

Les gonds crient
le savoir de la rouille

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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L’HOMME ET SON IMAGE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

L’HOMME ET SON IMAGE

Un homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde.
Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les Conseillers muets dont se servent nos Dames :
Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ? Il va se confiner
Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer
N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés ;
Il s’y voit ; il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau ;
Mais quoi, le canal est si beau
Qu’il ne le quitte qu’avec peine.

On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
Notre âme, c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
Tant de Miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes ;
Et quant au Canal, c’est celui
Que chacun sait, le Livre des Maximes.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Ton savoir est grand (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Ton savoir est grand.
Tu aimes.

(Edmond Jabès)


Illustration

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Le soir à marée basse (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

Le soir à marée basse

Rentrons ! Déjà le soir déroule ses fuseaux :
Un horizon rougi de soleil – ou de lune…
On ne sait. Mais tout est rouge sur la lagune ;
Un pan du ciel se traîne au dernier feu des eaux.

Tout repose. En mourant, le jour en ses biseaux,
A fait désert la mer et montagne la dune.
C’est l’heure de la nuit comme il n’en est aucune ;
Tout est roide et tranchant comme un coup de ciseaux.

Et la plage s’étale en immensité plate.
En traversant un banc de son sable écarlate,
Pieds nus, il peut sembler que l’on marche à jamais.

Et, se sentant très seul dans son âme très lasse,
Il semble qu’à l’esprit c’est aussi la mer basse,
Et que l’on est bien loin des souvenirs aimés !

(Bernard de Louvencourt)

Illustration: Guy Baron

 

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