Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘savoir’

Voir une pierre (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Voir une pierre
Qui ne demande rien,

Ne cherche pas
A en savoir plus,

Se trouve au centre
Apparemment

Et ne pense
Même pas à le révéler.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Celle que j’aime habite un miroir (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Chelìn Sanjuan 1967 - Spanish Magical Realism painter - Tutt'Art@ (25)

Celle que j’aime habite un miroir
Comment pourrais-je la rejoindre
Dans ce fracas d’astres glacés
Moi qui n’ai pas trop de silence
Pour ne ressembler qu’à moi-même

Aux marches blanches du sommeil
Glisserai-je ombre sans mémoire
Vers ce château de solitude
Défendu par tant d’oiseaux noirs

Pour monter jusqu’à son sourire
Sans déranger cette eau profonde
Qui le préserve de mourir
Il me faudrait être la nuit
Et ne plus savoir d’où je viens

(Marcel Béalu)

Illustration: Chelìn Sanjuan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Corps, que sais-tu de moi (José Ángel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Corps, que sais-tu de moi
pour ainsi me fixer
dans la mélancolie du soir,
tu me scrutes, tu penses, bouges
la tête où perdure l’insolite
l’air
de ce qui fut notre jeunesse.

Et maintenant
que la traversée s’annonce longue et qu’il n’est
rien, semblerait-il, à quoi nous ne fussions morts,
corps nu, dis-moi,
que sais-tu de moi pour ainsi me fixer
au bord obscur et effacé de cette mer.

***

Qué sabes, cuerpo, tú de mí
que así me miras
en esta tarde melancólica,
me escrutas, piensas, mueves
la cabeza donde insólito dura
el aire
de aquella nuestra juventud.

Y ahora
que la navegación se anuncia larga y nada
parecería haber que no hubiéramos muerto,
desnudo cuerpo, dime,
qué sabes tú de mí que así me miras
en la borrada orilla oscura de este mar.

***

What do you know, body, of me
that you look at me so
on this melancholy afternoon,
scrutinize me, think, move
your head where strangely remains
the air
of that our youth.

And now
that the navigation promises to be a long one and nothing
would seem as if we had not died,
naked body, tell me,
what do you know of me that you look at me so
on the erased dark shore of this sea.

(José Ángel)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Première Élégie de Duino (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

Alexander Anufriev 41

Première Élégie de Duino

Qui donc, si je criais, parmi les cohortes des anges
m’entendrait? Et l’un d’eux quand même dût-il
me prendre soudain sur son cœur, ne m’évanouirais-je pas
sous son existence trop forte? Car le beau
n’est que ce degré du terrible qu’encore nous supportons
et nous ne l’admirons tant que parce que, impassible, il dédaigne
de nous détruire. Tout ange est terrible.
Et je me contiens donc et refoule l’appeau
de mon sanglot obscur. Hélas! qui
pourrait nous aider? Ni anges ni hommes,
et le flair des bêtes les avertit bientôt
que nous ne sommes pas très assurés
en ce monde défini. Il nous reste peut-être
un arbre, quelque part sur la pente,
que tous les jours nous puissions revoir; il nous reste
la rue d’hier et l’attachement douillet à quelque habitude du monde
qui se plaisait chez nous et qui demeura.
Oh! et la nuit, la nuit, quand le vent plein des espaces
Nous ronge la face, à qui ne resterait-elle,
tant désirée, tendrement décevante, épreuve
pour le cœur solitaire? Aux amants serait-elle
plus légère? Hélas! ils ne se cachent
que l’un à l’autre leur sort.
Ne le savais-tu pas? Hors de tes bras
lance le vide vers les espaces que nous respirons peut-être;
les oiseaux sentiront-ils l’air élargi d’un vol plus ému.

[…]

***

Die erste Elegie

Wer, wenn ich schriee, hörte mich denn aus der Engel
Ordnungen ? und gesetzt selbst, es nähme
einer mich plötzlich ans Herz : ich verginge von seinem
stärkeren Dasein. Denn das Schöne ist nichts
als des Schrecklichen Anfang, den wir noch grade ertragen,
und wir bewundern es so, weil es gelassen verschmäht,
uns zu zerstören. Ein jeder Engel ist schrecklich.
Und so verhalt ich mich denn verschlucke den Lockruf
dunkelen Schluchzens. Ach, wen vermögen
wir denn zu brauchen ? Engel nicht, Menschen nicht,
und die findigen Tiere merken es schon,
daß wir nicht sehr verläßlich zu Haus sind
in der gedeuteten Welt. Es bleibt uns vielleicht
irgend ein Baum an dem Abhang, daß wir ihn täglich
wiedersähen ; es bleibt uns die Straße von gestern
und das verzogene Treusein einer Gewohnheit,
der es bei uns gefiel, und so blieb sie und ging nicht.
O und die Nacht, die Nacht, wenn der Wind voller Weltraum
uns am Angesicht zehrt –, wem bliebe sie nicht, dei ersehnte,
sanft enttäuschende, welche dem einzelnen Herzen
mühsam bevorsteht. Ist sie den Liebanden leichter ?
Ach, sie verdecken sich nur mit einander ihr Los.
Weißt du’s noch nicht ? Wirf aus den Armen die Leere
zu den Raümen hinzu, die wir atmen ; vielleicht daß die Vögel
die erweiterte Luft fühlen mit innigerm Flug.

[…]

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Alexander Anufriev

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je nе t’ai pas demandé (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Gaëlle Boissonnard
    
Je nе t’ai pas demandé
Où nous allions.

Je savais que tu trouverais
Ce pourquoi nous allons.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Pas un oiseau n’est venu (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Pas un oiseau n’est venu
Nous tendre un brin de paille,

Mais je sais
Que les fauvettes
Sont avec nous.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Faire sa place à la nudité (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Faire sa place à la nudité,
à la confiance, à l’offrande.

Savoir, en face, se simplifier.

(Pierre-Albert Jourdan)

Illustration: Lisa G.

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Puisque je suis ce buisson (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

Puisque je suis ce buisson
(extraits)

je ne suis pas où je suis
les choses en savent
plus que moi
je continue un passé
je continue un futur
le présent
contraire à toutes
les promesses tous les savoirs
le présent s’est absenté
il doit être à portée
de souffle
à toucher du doigt
mais je n’y suis pas encore

***

aujourd’hui ce sont les mots
qui se retirent et je reste
au bord des mots je ramasse
des cassures du temps roulées
dans la mémoire
lisses
comme nous
je les garde dans ma main
pour me souvenir
et nous

(Henri Meschonnic)

Illustration: Michael Whelan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne sais plus qui parle (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

je ne sais plus qui parle
qui couche se lève dans ma bouche
se taire n’est pas assez
parler est de trop
je me cherche entre les deux
comme pour voir les yeux se ferment
mais je te trouve
je n’ai plus besoin de dire

(Henri Meschonnic)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie est la passante en nous (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

La vie est la passante en nous
[…]
la vie est « l’enfant dans nos yeux
le sentir femme de l’homme en nous
le sens de ce qui ne sait pas.

(Henri Meschonnic)

Illustration: Albert Anker

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :