Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘savoir’

Un enfant a dit (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Un enfant a dit
Je sais des poèmes
Un enfant a dit
Ch’sais des poasies

Un enfant a dit
Mon cœur est plein d’elles
Un enfant a dit
Par cœur, ça suffit.

Un enfant a dit
Ils en savent des choses
Un enfant a dit
Et tout par écrit.

Si l’poète pouvait
S’enfuir à tire-d’ailes
Les enfants voudraient
Partir avec lui.

(Raymond Queneau)

 

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Le souffle atténué (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    

Le souffle atténué
le vent
béni de vieil oubli
Rien de prévisible
de clair
la bouche
écorche le sexe
Le corps humain
se perd dans l’incertain
Le coeur
on veut y croire
le coeur aimant
est vierge
On fait la grande lessive
pour ses habits de fête
On dit qu’on sait
on est
on pense toucher le ciel

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Nous nous vîmes (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Nous nous vîmes par un soir calme
(Le coeur se souvient de ces songes).
Les arbres s’habillaient à peine
De leur feuillage de printemps.

De vermillon s’illuminant,
Courant le long de cet étang,
L’étroite allée nous invitait
Aux songes et ombres à jamais.

Cette jeunesse, cette tendresse —
Que fut-elle pour nous, vraiment?
N’est-ce pas elle qui élève
Chacun de mes vers insurgés ?

Le coeur est occupé de rêves,
Le coeur sait que le terme est long,
Il sait le soir sur les étangs
Et votre mouchoir parfumé.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Je déplie une carte (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
1

Je déplie une carte
pour savoir où tu es

quel chemin suivre
dans les méandres

si les animaux traversent
les champs déserts

si comme eux
un frisson court en moi.

2

J’attends la neige
qui ne vient pas

principe actif : me perdre

les yeux en l’air,
émerveillés.

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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Le cœur est liquide (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Le cœur est liquide

amour tristesse

nous ne savons pas vraiment
où il nous mène

vers trop de perte

ou juste

vers une autre dimension.

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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Beaucoup s’est passé (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Cesar Santos
    
Beaucoup s’est passé
Et viendra encore,
Mais jamais ne cessera la joie dans mon coeur,
La douce joie
De savoir que vous viendrez

[…]

J’aime votre prénom subtil,
Vos mains et vos épaules
Et votre châle noir.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Brille donc (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Jimmy Lawlor  
    
Brille donc,
Luciole, que sait la silencieuse !
Un morceau de lumière,
Un flocon de l’aurore…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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J’ai peur d’aller à Ta rencontre (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
J’ai peur d’aller à Ta rencontre,
Mais plus encore de ne pas y aller.
Voilà que je m’étonne de tout,
Et qu’en tout je sens le destin.

Dans les rues, des ombres s’avancent,
Assoupies ou vivantes — je ne sais.
Prosterné sur les marches de l’église,
Je n’ose regarder en arrière.

Sur mes épaules des mains se posent,
Mais je ne sais plus aucun nom.
Dans mes oreilles résonne
L’écho des grands enterrements.

Le ciel morose est bas —
Il a recouvert le temple.
Je sais: Tu es là. Tu es proche.
Tu n’est pas ici. Mais là-bas

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Celui qui entre par hasard (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    

Celui qui entre par hasard dans la demeure d’un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d’oiseaux que tout le coeur de la forêt
Il suffit qu’une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d’abeilles
Et l’odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu’une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d’un arbre dans le matin.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Je t’attendais (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



    

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encor que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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