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Posts Tagged ‘sceptre’

LA NYMPHE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

LA NYMPHE

L’eau calme qui s’endort, déborde et se repose
Au bassin de porphyre et dans la vasque en pleurs
En son trouble sommeil et ses glauques pâleurs
Reflète le cyprès et reflète la rose.

Le Dieu à la Déesse en souriant s’oppose;
L’un tient le sceptre et l’arc, l’autre l’urne et les fleurs,
Et, dans l’allée entre eux, mêlant son ombre aux leurs,
L’Amour debout et nu se dresse et s’interpose.

Les talus du gazon bordent le canal clair;
L’if y mire son bloc, le houx son cône vert,
Et l’obélisque alterne avec la pyramide;

Un Dragon qui fait face à son Hydre ennemie,
Tous deux du trou visqueux de leurs bouches humides
Crachent un jet d’argent sur la Nymphe endormie.

(Henri De Régnier)

 

 

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RIEN N’EST RESTE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



 

Benedetto Fellin Schwebendes Totenschädelstilleben, 1983 1ac

RIEN N’EST RESTE

Rien n’est resté
De notre avoir multiple
De tout ce qui était offert, qui nous a été donné
Dons précieux, étonnants.

Ornements sans prix de la Beauté.

Couronnes, diadèmes, sceptres,
De métal céleste et de soleil,
Pierre et lumière, la matière du monde.

Boucles d’oreilles.

Colliers.

Aucun vêtement ni toit
De la nudité éternelle.
Réverbération et bague.

Lampe de l’amour ou éclat du corps.

(Georges Themelis)

Illustration: Benedetto Fellin

 

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A une femme (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

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A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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L’ANE CHARGÉ D’ÉPONGES, ET L’ANE CHARGÉ DE SEL (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

L’ANE CHARGÉ D’ÉPONGES, ET L’ANE CHARGÉ DE SEL

Un Anier, son Sceptre à la main,
Menait, en Empereur Romain,
Deux Coursiers à longues oreilles.
L’un, d’éponges chargé, marchait comme un Courrier ;
Et l’autre, se faisant prier,
Portait, comme on dit, les bouteilles :
Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins,
Par monts, par vaux, et par chemins,
Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent,
Et fort empêchés se trouvèrent.
L’Anier, qui tous les jours traversait ce gué-là,
Sur l’Ane à l’éponge monta,
Chassant devant lui l’autre bête,
Qui voulant en faire à sa tête,
Dans un trou se précipita,
Revint sur l’eau, puis échappa ;
Car au bout de quelques nagées,
Tout son sel se fondit si bien
Que le Baudet ne sentit rien
Sur ses épaules soulagées.
Camarade Epongier prit exemple sur lui,
Comme un Mouton qui va dessus la foi d’autrui.
Voilà mon Ane à l’eau ; jusqu’au col il se plonge,
Lui, le Conducteur et l’Eponge.
Tous trois burent d’autant : l’Anier et le Grison
Firent à l’éponge raison.
Celle-ci devint si pesante,
Et de tant d’eau s’emplit d’abord,
Que l’Ane succombant ne put gagner le bord.
L’Anier l’embrassait, dans l’attente
D’une prompte et certaine mort.
Quelqu’un vint au secours : qui ce fut, il n’importe ;
C’est assez qu’on ait vu par là qu’il ne faut point
Agir chacun de même sorte.
J’en voulais venir à ce point.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Quelle nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Illustration: Marc Chagall
    
Quelle nuit
cette nuit
En quelle terre élue

Arbre bruissant de vols
notre sceptre
Lune auréolée de vent
notre couronne

Exil d’une seule nuit
Notre plus long règne

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Un acrobate (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



 

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Un acrobate

feuille morte

que tu brandis
souverainement

fais tourner dans le vent
tel un sceptre d’or

non pour commander, ordonner

mais pour ne faire qu’un
avec

l’ingouvernable

(Thierry Cazals)

 

 

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Sceptre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2017



 Illustration

    

Sceptre septentrional
sceau des sceaux
la lune pur emblème
est née brandie
coiffée de rien
la brandissant.

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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Eventail (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Eventail

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.

Vertige ! Voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

(Stéphane Mallarmé)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Gustave Klimt

 

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Autre visage (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



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Autre visage

Un enfant pousse un mur et c’est l’Automne
Qui vient jaillir au coeur de sa prison
Tout cerné d’or, de bois et de couronnes
Il sent la mort passer contre son front
Et se retrouve ailé dans son royaume

Lui qui luttait tout seul contre la ville
Le voici roi de la terre et des monts
Il trouve un sceptre en toute fleur qui brille
Et le cueillir est un geste si bon
Que sa blessure en est source de vie.

Un vieux palais de lierre et de feuilles
De fils tissés dans la moiteur de cieux
S’offre à ses pas — les êtres qui l’accueillent
Ont des regards venus d’un autre lieu
Où la lumière est à celui qui pleure.

Un enfant pousse un mur avec ses paumes
Il a très peur des dieux à découvrir
Tout éclairé des raisins froids de l’aube
Dans sa douleur il ne peut les saisir
Un enfant pousse un mur et c’est sa vie
Qui lentement passe d’un siècle à l’autre.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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Je vous salue Marie (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



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Je vous salue Marie

Agonie

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
tandis que des enfants s’amusent au parterre;
et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
son aile tout à coup s’ensanglante et descend;
par la soif et la faim et le délire ardent:
Je vous salue, Marie.

Flagellation

Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre,
par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre,
et par l’humiliation de l’innocent châtié,
par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
par le fils dont la mère a été insultée:
Je vous salue, Marie.

Couronnement d’épines

Par le mendiant qui n’eut jamais d’autre couronne
que le vol des frelons, amis des vergers jaunes,
et d’autre sceptre qu’un bâton contre les chiens;
par le poète dont saigne le front qui est ceint
des ronces des désirs que jamais il n’atteint:
Je vous salue, Marie.

Portement de croix

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
s’écrie:  » Mon Dieu !  » Par le malheureux dont les bras
ne purent s’appuyer sur une amour humaine
comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène;
par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne:
Je vous salue, Marie.

Crucifiement

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
par le malade que l’on opère et qui geint,
et par le juste mis au rang des assassins:
Je vous salue, Marie.

Invention de Notre Seigneur au Temple

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
par le baiser perdu par l’amour redonné,
et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.

(Francis Jammes)

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