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Poésie

Posts Tagged ‘scintillant’

Ô jours resplendissants (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



François Malespine -l_instant-122cm-x-90cm-francois-malespine-2010
Ô jours resplendissants roulés par l’eau de mer,
et denses en leur coeur comme une pierre jaune,
ô la splendeur d’un miel respecté du désordre
qui préserva leur pureté rectangulaire.
L’heure crépite ainsi que l’essaim ou la flamme,
et vert est le besoin de plonger dans des feuilles
avant que tout en haut le feuillage devienne
un monde scintillant qui s’éteint et murmure.
Soif du feu, multitude ardente de l’été
ô paradis que font seulement quelques feuilles :
pour la terre au visage obscur, pas de souffrances,
pour tous l’eau ou le pain, pour tous l’ombre ou la flamme ;
et que plus rien, plus rien ne divise les hommes
que le soleil, la nuit, la lune, les épis.

***

Radiantes días balanceados por el agua marina,
concentrados como el interior de una piedra amarilla
cuyo esplendor de miel no derribó el desorden :
preservó su pureza de rectángulo.
Crepita, sí, la hora como fuego o abejas
y es verde la tarea de sumergirse en hojas,
hasta que hacia la altura es el follaje
un mundo centelleante que se apaga y susurra.
Sed del fuego, abrasadora multitud del estío
que construye un Edén con unas cuantas hojas,
porque la tierra de rostro oscuro no quiere sufrimientos,
sino frescura o fuego, agua o pan para todos,
y nada debería dividir a los hombres
sino el sol o la noche, la luna o las espigas.

(Pablo Neruda)

Illustration: François Malespine 

 

 

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CRÉPUSCULE D’HIVER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



CRÉPUSCULE D’HIVER

Crépuscule d’hiver, sombre, dolent,
Et la plaine si blanche — un rond immense
Ramant lentement un corbeau avance,
Coupant l’horizon, diamétralement.

Les arbres neigeux, cristal scintillant…
Des voix m’invitent à l’évanescence,
Le même corbeau revient en silence,
Coupant l’horizon, diamétralement.

(George Bacovia)

Illustration

 

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Anges oiseaux (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018




Anges oiseaux, véhicules célestes,
Ils meurent et renaissent — l’oiseau est poussière
Mais l’immortelle extase ailée poursuit sa route.

Voyageurs scintillants venus d’une autre dimension,
Dont le vol envoyé des cieux fait retour à la terre verte,
Quel filandre du désir se déroule pour guider
L’esprit qui monte et qui descend entre la tombe et le ciel ?

***

Bird angels, heavenly vehicles,
They die and are reborn — the bird is dust
But the deathless winged delight pursues its way.

Shining travellers from another dimension
Whose heaven-sent flight homes to the green earth,
What gossamer desire floats out to guide
Spirit ascending and descending between grave and sky ?

(Kathleen Raine)

Illustration: William Blake

 

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J’ai regardé du fond du soir les roues dentées du firmament (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



J’ai regardé du fond du soir
les roues dentées du firmament –
des fils scintillants du hasard
y fut tissée la loi du temps!
Du fond de mes rêves déments
j’ai coulé un nouveau regard
et vu que ledit tissu tend
à crever toujours quelque part.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Ode (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Ode

Me voici sur ce rocher scintillant…
La brise légère
Du jeune été s’élève de la terre
Comme la chaleur d’un souper charmant.
J’habitue mon cœur au silence, et vraiment
Ce n’est pas très difficile…
Ce qui s’est évanoui se rassemble autour de moi,
Ma tête s’incline et mes doigts
S’abandonnent, dociles.

Je contemple la crinière des monts.
Chaque fleur qui frissonne
Fait vibrer l’éclat de ton front.
Sur la route, personne, personne…
Je vois ta robe
Flotter au vent;
Sous les frêles branches,
Je vois ta chevelure qui se penche

Et de tes seins le doux tressaillement;
Puis, de la rivière Szinva, qui va courant,
Je vois de nouveau surgir
Sur les petits galets de tes dents
Un féerique sourire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Fanny Verne

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Il y a des étoiles (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Il y a des étoiles qui brillent sur terre
même après leur disparition

Il y a des êtres qui continuent à illuminer le monde
même après leur mort

ces lumières sont particulièrement scintillantes
même quand la nuit est profonde

elles éclairent le chemin de l’Humanité…

(Hannah Senesh)

 

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La brise d’automne se lève (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration
    
La brise d’automne se lève
Avec elle l’araignée
Toile scintillante

(Sôseki)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Sôseki Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Picquier poche

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LE GRAND LIVRE (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



    

LE GRAND LIVRE

Quelque part dans un tuyau d’orgue
dans les carafes et le sang des libellules
dans les villes mentales
et la ménagerie des fantômes

On est allé. on s’est dissous
dans l’étonnement. on a postulé
le coeur de la terre. puis on s’est tu
avec le couteau qui se repose.

Quelque part dans la résine ou les pépins de pomme
dans des ferveurs d’hirondelle
dans une serpillière et la trompette qui éclate
dans l’écurie aux morsures fraîches

On s’est frayé un chemin égarant.
On s’est repu de patience et de nuages
et d’obscurité sans limites.
On s’est évanoui dans la splendeur.

Quelque part dans le bois ou l’espèce de sourire
des chaises fracassées. dans la langue affaiblie
des violettes. dans la main froide des étrangers
et les petites créatures paisibles.

Dans le chant limpide des fenêtres
et la poussière vivante. dans le moustique scintillant.
les stèles, les arcs. et le fouet des tempêtes.
dans la sphère exacte de la bulle.

On s’est inscrit. on s’est enfoui. on a germé.
on est devenu la Terre.
on s’est rassemblé. on s’est accepté.
on a regardé le Grand Livre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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À CHAQUE POÈME SA RESPIRATION (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
À CHAQUE POÈME SA RESPIRATION

Chutes
Épiphanies
Plongées noires
Échappées lumineuses
C’est le nectar de la nuit
J’en reviens tous sens ouverts
Plus bouleversé encore
Ce qui s’ouvre en cet instant
M’électrise le fond de l’âme
Laisse en moi une empreinte scintillante
Une fluidité rauque
Un swing lunaire

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Fleuve, lune et fleurs printanières (Zhang Ruoxu)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



Illustration: Koho Shoda 

    

Fleuve, lune et fleurs printanières

Au printemps le fleuve déborde, s’unissant à la mer,
De l’océan, la lune monte avec la marée;
Scintillante, suivant les flots sur dix mille lis,
La lune glisse omniprésente le long du fleuve au printemps.

Le courant serpente entre les prairies parfumées,
Les arbres fleuris deviennent neigeux sous les rayons argentés;
Dans l’air qui semble condensé, se meut le givre
Qui voile les rives sablonneuses, à peine distinctes.

Ciel et fleuve, sans l ‘ombre d ‘une poussière, forment un camaïeu pur,
Au-dessus duquel brille une lune solitaire dans le firmament infini;
Qui fut le premier à contempler la lune au bord du fleuve?
Et quand pour la première fois, la lune a-t-elle éclairé la nuit?

La vie se perpétue, génération après génération,
Fleuve et lune paraissent immuables, année après année.
Innombrables sont les hommes qui s’en sont allés sous cette lune,
Seul demeure le grand Yangtsé charriant ses eaux précipitées.

Autant me semble, éloigné ce flocon de nuage qui va s’effilochant,
Autant est triste l’homme sur la rive aux érables verts;
Cette nuit-dans quelle maison, pense-t-on au voyageur sur l ‘eau
Sous cette lune qui s’attriste d’éclairer en solitaire le pavillon vide?

Elle s’y attarde, comme accrochée par dessus son toit,
Et pénètre le boudoir habité par une âme esseulée.
Elle se présente, insistante, à la fenêtre au rideau tiré,
Indélébile sur la planche où tomberont les coups du battoir.

A cette heure, à défaut de nouvelle, nous regardons la même lune,
Mais je voudrais être un de ces rayons qui te caresse…
Que l ‘oie sauvage porte mon message aussi loin que la lune!
Que les ondes nées des ébats des poissons composent mon courrier!

La nuit précédente, un rêve, où les pétales tombaient sur l’étang;
La mi-printemps déjà passée, et toi, malheureuse, tu ne me reviens pas…
Avec les eaux du fleuve, le printemps touche presque à sa fin,
A l’ouest, près de l ‘étang, la lune est sur son déclin;

Elle va bientôt se coucher au fond de la mer brumeuse,
Mais longue est la route, avant que les fleuves, Xiao et Xiang se rejoignent:
Combien sont-ils, ceux qui rentrent au clair de lune, cette nuit-là?
A la lune déclinée, les arbres du fleuve soupirent, mélancoliques.

***

春江潮水连海平,
海上明月共潮升。
滟滟随波千万里,
何处春江无月明!

江流宛转绕芳甸,
月照花林皆似霰;
空里流霜不觉飞,
汀上白沙看不见。

江天一色无纤尘,
皎皎空中孤月轮 。
江畔何人初见月?
江月何年初照人?

人生代代无穷已,
江月年年只相似;
不知江月照何人,
但见长江送流水。

白云一片去悠悠,
青枫浦上不胜愁。
谁家今夜扁舟子?
何处相思明月楼?

可怜楼上月徘徊,
应照离人妆镜台。
玉户帘中卷不去,
捣衣砧上拂还来。

此时相望不相闻,
愿逐月华流照君。
鸿雁长飞光不度,
鱼龙潜跃水成文。

昨夜闲潭梦落花,
可怜春半不还家。
江水流春去欲尽,
江潭落月复西斜。

斜月沉沉藏海雾,
碣石潇湘无限路。
不知乘月几人归,
落月摇情满江树。

(Zhang Ruoxu)

 

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