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Poésie

Posts Tagged ‘scorie’

Le ciel de janvier est tendu (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019



Illustration    
    
Le ciel de janvier est tendu
Comme une peau de tambour

Dans le caniveau
Un filet de cristal
Emprisonne
Les scories du jour

Rue de Lagny
Une feuille grise et fripée
Se pose à mes pieds

Je me hâte

Personne ne m’attend

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LA VIE LENTE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



LA VIE LENTE
A Françoise Ponty.

Je raconte la vie lente des pierres

Plutôt que la mort des hommes
Je choisis de nommer les choses

La meilleure arête du verre
Creuse la substance des falaises

Les épopées du coeur ont la vie dure
Le silex dort dans le temps immobile
Sa méditation se passe de signe

La lumière use la scorie de son oeil
La terre n’a pas bonne mémoire
Elle oublie le chemin de la foudre
Cent prétextes noircissent l’avenir

Quand le ciel cisaille le vide
Il pousse une source à chaque doigt
O sourdes colères des fontaines
Vous vous souvenez du déluge

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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BASALTE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



BASALTE

Scorie du soleil noir, hôte
des antichambres et des portiques des volcans,
tu es ma mémoire de terril, toi,
convive au muet banquet des laves
tenant à pleines mains la coupe de la nuit.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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La douleur te laissa sans âme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Matthias Grünewald _-_The_Crucifixion_(detail)_ 5

(La vérité et Grünewald)

La douleur te laissa
sans âme, comme morte.
Et tu tombas, lourde et sans poids, entre les bras
de qui te navrait,
en une concession totale de vie et de mort.

Quelle fleur flétrie
ainsi belle plus tristement, lis blanc
de chair exacte et légère, doux nard de ce monde,
presque une étoile alors d’un autre monde ;
nard de l’entre deux mondes ?

Là, sur le sol noir, tu semblais,
non pas un corps avec une âme en ascension
mais une âme tombée d’un corps céleste.
mal tenue dans des bras
qui ne te comprenaient pas —,
tâche lunaire de lune errante
sur la misérable scorie ;
tâche lunaire de lune errante !

***

(La verdad y Grünewald)

La pena te dejó
sin alma, como muerta.
Y te caíste, ingrávida y pesada, entre los brazos
de quien te lastimaba,
en una concesión total de vida y muerte.
¿Qué flor marchita
más tristemente bella así, azucena
de carne exacta y leve, dulce nardo de este mundo,
entonces casi estrella de otro mundo;
nardo de entre dos mundos?
No cuerpo con el alma en ascensión
sino alma caída de cuerpo celestial
parecías allí, en el suelo negro
—mal tenida por brazos
que no te comprendían—,
¡lunar de luna errante
sobre la miserable escoria;
lunar de luna errante!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Matthias Grünewald

 

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Mots humides (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Serge Boisse
    
Mots humides

Ô baiser manquant
Bras qui n’étreignent

Des barques loin du bord
Au ventre ceint de miel
Pour des scories de lune

Marécages
Aux yeux ouverts
Saules bougés d’un vent
Silencieux

Je me rappelle
Une marche au bord des bois voûtés
Avec au coeur une liberté

Des mains de fougères
Aux terminaisons ondoyantes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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J’augmente (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018




    
J’augmente et je vois ma pierre se taire,
les prairies s’écailler de scories vertes et noires,
les étangs s’étendre de saphirs.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La ville (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Alexander Klingspor 99

La ville

Se heurter à la foule et courir par les rues,
Saisi en plein soleil par l’angoisse et la peur,
Pressentir le danger, la mort et le malheur,
Brouiller sa piste et fuir une ombre inaperçue,

C’est le sort de celui qui, rêvant en chemin,
S’égare dans son rêve et se mêle aux fantômes,
Se glisse en leur manteau, prend leur place au royaume
Où la matière cède aux caresses des mains.

Tout ce monde est sorti du creux de sa cervelle.
Il l’entoure, il le masque, il le trompe, il l’étreint,
Il lui faut s’arrêter, laisser passer le train
Des créatures nées dans un corps qui chancelle.

Nausée de souvenirs, regrets des soleils veufs,
Résurgence de source, écho d’un chant de brume,
Vous n’êtes que scories et vous n’êtes qu’écume.
Je voudrais naître chaque jour sous un ciel neuf.

(Robert Desnos)

Illustration: Alexander Klingspor

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Du silence naît la parole (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



    

— Du silence naît la parole,
de lui elle se nourrit,
de lui elle reçoit ce qui la rend utile,
au silence elle confie ses déchets,
pour qu’il les recycle ;

Du silence naît le rêve,
de lui il se nourrit,
de lui il reçoit ce qui le réalise,
au silence il confie ses scories,
pour qu’il les régénère,

Du silence naît la vie,
de lui elle se nourrit,
de lui elle reçoit ce qui la sacralise,
au silence elle confie ses restes,
dont la mort s’empare ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Amour caché (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



Illustration
    
Amour caché

Comme le tumulte gris sur la mer élève
Un long panache d’écume, merveille
Multiforme de l’eau, qui déjà sur le rivage
Se brise et déjà l’écume nouvelle approche;

Comme les champs s’éveillent au printemps
Éternellement, fidèles sous le sombre
Voilage des nuées, et au soleil froid
Couvrent d’asphodèles la prairie;

Comme le génie sait naître en des corps distincts,
Formes qui se doivent d’attiser l’antique gloire
De son feu, alors que l’humaine scorie
Songe et brûle dans la flamme pour enfin se défaire,

C’est ainsi que toujours tel l’eau, la fleur, la flamme
Tu retournes vers l’ombre, force occulte
De l’autre amour. Le bas-monde t’insulte.
Mais la vie est à toi : jaillis et aime.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Bois Dormant (Jean Cuttat)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Bois Dormant

Dans la plus haute tour
dort une belle au bois dormant.
Un siècle tigre, un siècle paon,
je veille au chevet de l’amour,

– mille ans de lueurs et de cendres,
mille et mille ans de petits cris –
dragon de braise et de scories
dans les dentelles de sa chambre.

(Jean Cuttat)

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