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Posts Tagged ‘scorpion’

Isis, la grande enchanteresse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



isisAilee

Les murs ne tombent pas
[34]

Nous avons vu comment les plus aimables,
soumis à une tension physique,

deviennent des loups, des chacals,
des chiens bâtards ;

nous savons en outre que la faim
peut transformer en hyène les meilleurs d’entre nous ;

en conséquence (mais nous n’oublions pas
Amour, la Créatrice,

son chariot et ses colombes blanches),
supplions Hest,

Aset, Isis, la grande enchanteresse,
avec les attributs de Serket,

la grand-mère originelle,
qui conduisait

des scorpions harnachés
devant elle.

***

We have seen how the most amiable,
under physical stress,

become wolves, jackals,
mongrel curs;

we know further that hunger
may make hyenas of the best of us;

let us, therefore (though we do not forget
Love, the Creator,

her chariot and white doves),
entreat Hest,

Aset, Isis, the great enchantress,
in her attribute of Serqet,

the original great-mother,
who drove

harnessed scorpions
before her.

(Hilda Doolittle)

 

 

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J’ai entendu Scorpion affûter sa lame (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



zodiaque [800x600]

Les murs ne tombent pas
[30]

J’ai entendu Scorpion affûter sa lame,
j’ai craint Archer (son arc tendu),

les cornes du Bouc étaient menace,
d’abord se haussaient ? puis jusqu’à terre ;

de l’autre côté de l’abîme
le Batelier attendait,

l’époque est celle de la nouvelle dimension,
ose, cherche, cherche encore, ose davantage,

voici la clé de l’alchimiste,
elle ouvre des portes secrètes,

le présent va un peu plus loin
dans la fine distillation de l’émotion,

l’élixir de vie, la pierre philosophale
est tienne si tu abandonnes

logique stérile, raison triviale ;
ainsi l’esprit dispersé, osait le savoir occulte,

trouvait les portes secrètes ouvertes,
s’affolait, perdu dans les profondeurs marines,

océan subconscient ou Poissons
suivent deux directions, dévorent ;

quand l’identité dans les profondeurs,
se fusionnant au meilleur,

pieuvre ou requin s’élève
du fond de la mer :

illusion, réversion des vieilles valeurs,
unité perdue, folie.

***

I heard Scorpion whet his knife,
I feared Archer (taut his bow),

Goat’s horns were threat,
would climb high? then fall low;

across the abyss
the Waterman waited,

this is the age of the new dimension,
dare, seek, seek further, dare more,

here is the alchemist’s key,
it unlocks secret doors,

the present goes a step further
toward fine distillation of emotion,

the elixir of life, the philosopher’s stone
is yours if you surrender

sterile logic, trivial reason;
so mind dispersed, dared occult lore,

found secret doors unlocked,
floundered, was lost in sea-depth,

sub-conscious ocean where Fish
move two-ways, devour;

when identity in the depth,
would merge with the best,

octopus or shark rise
from the sea-floor :

illusion, reversion of old values,
oneness lost, madness.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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Substituons donc l’enchantement au sentiment (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



thot

Les murs ne tombent pas
[35]

Substituons donc
l’enchantement au sentiment,

re-consacrons nos dons
au réalisme spirituel,

raclons une palette,
épointons crayon ou pinceau,

préparons papyrus ou parchemin,
offrons de l’encens à Thot,

l’original Ancien-des jours,
Hermès-trois-fois-grand,

supplions-le donc
afin que, par sa croix de tau,

il invoque la magie-vraie,
nous reconduise vers l’unique-vérité,

que lui (Sagesse),
à la lumière de ce qui vint auparavant,

illumine ce qui vint après,
revivifie la vérité éternelle,

soyez donc fins
comme aspics, scorpions, comme serpents.

***

Let us substitute
enchantment for sentiment,

re-dedicate our gifts
to spiritual realism,

scrape a palette,
point pen or brush,

prepare papyrus or parchment,
offer incense to Thoth,

the original Ancient-of-days,
Hermes-thrice-great,

let us entreat
that he, by his tau-cross,

invoke the true-magic,
lead us back to the one-truth,

let him (Wisdom),
in the light of what went before,

illuminate what came after,
re-vivify the eternal verity,

be ye wise
as asps, scorpions, as serpents.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Sous la branche propice aux jeux (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Sous la branche propice aux jeux,
la foudre broie le printemps d’une robe
et l’arbre sent couler sa vie
sur le marbre taché de feu.

Survivent la vipère et la ronce,
le scorpion dans le roc,
le roc étroit et nu,
complice muet du venin.

Un homme entend grogner au loin
les charrois de l’orage
et s’étonne du soleil
couché sanglant sur les dalles.

Sa femme est jeune et sa maison pesante.
Il pressent dans le soir le triomphe du bien.

(Jean Joubert)


Illustration:
Geneviève  Peyrade

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Maintenant dans cette nuit qui échappe aux yeux (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016




Maintenant
dans cette nuit qui échappe aux yeux
j’ai enterré
vingt chats
mille souris
et trois scorpions
J’ai mangé la chair de mon épaule

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Christoff Baron

 

 

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Trois orages (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Trois roses et trois scorpions
cherchent un nid d’écume.
La rose brise le nid.
Le scorpion vole l’écume.

Trois roses et trois scorpions
et peut-être une aigrette.
L’aigrette épouse le vent
et la rose le scorpion.

Trois roses et le désert.
Trois scorpions et l’éclair.
Voyagerons-nous toujours
à dos d’air et d’océan?

Trois roses et trois lunes
entre ciels et seule terre.
Un rideau, mais pourquoi vert?
Et combien de morts de plume.

(Edmond Jabès)

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LA PLUS DRÔLE DES CRÉATURES (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



LA PLUS DRÔLE DES CRÉATURES

Comme le scorpion, mon frère,
tu es comme le scorpion
dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
tu es comme le moineau
dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
tu es comme la moule
enfermée et tranquille.
Tu es terrible, mon frère,
comme la bouche d’un volcan éteint.

Et tu n’es pas un, hélas,
tu n’es pas cinq,
tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
quand le bourreau habillé de ta peau,
quand le bourreau lève son bâton

tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus drôle des créatures, en somme,
plus drôle que le poisson
qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s’il y a tant de misère sur terre,
c’est grâce à toi, mon frère.
Si nous sommes affamés, épuisés,
si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
pressés comme la grappe pour donner notre vin,
irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute ? Non,
mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

(Nâzim Hikmet)

 

 

 

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ON NE PARLE QUE DU TEMPS (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016



sphynge

 

ON NE PARLE QUE DU TEMPS

Que devient la dent féroce,
la fêlure froide des heures,
sinon du temps ? La chair,
pourrie quelques années plus tard, quelques rues
plus loin. Puis vint l’aboiement de l’ombre,
ce chien abstrait lui dévora le visage.

Et le champignon foulé au pied,
négligemment, et la fumée dense
des terrasses, parfaite,
que deviendront-ils, sinon du temps ?
Pas seulement les griffes, ni même
l’horloge, puits ouvert dans un mur
cobalt. Pas seulement le mois qui forme
des rides, ni l’année avec sa queue
de scorpion. Aussi la main
qui trace l’incision de chirurgie,
et celle qui dissèque un organisme vivant.

Je ne parle pas seulement de la seconde prolongée,
irrésolue, qui détruit le coeur ou taille
les pierres. Je parle à peine du temps,
de l’automne qui s’est jeté par terre
pour boire les couleurs du jardin,
de la fleur qui torture
par sa stricte géométrie aveugle.
Temps debout, eau qui lutte
encore contre l’hiver, temps aussi
l’armée assyrienne qui avançait,
comme une forêt de pierre,
sur Ninive, les fleurs dans le parc
de Rodin, temps encore la sphinge
et sa stupeur vide dans une cité
qui ne fut pas faite pour elle, temps
ce groupe de mandrills
qui vénèrent le soleil. Tout saigne
et se meut, tout est temps
et amour, scintillement de l’absence :
ainsi jaillit du sein le lait, le temps.

(Jaime Labastida)

 

 

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Venise (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Venise

Je fus réveillé à l’aube
Par le timbre d’un carreau.
Craquelin de craie qui trempe,
Venise flottait sur l’eau.

Aucun bruit. Mais comme en rêve,
J’avais entendu un cri
Qui troublait encore la grève
Comme un signe évanoui.

Cri lointain d’une victime?
Trident du scorpion, sous lui
Le miroir des mandolines,
Apaisé, dormait sans bruit.

Fourche fichée dans la brume
Jusqu’au manche, il se taisait,
Et le Grand Canal en fuite,
Ricanant, se retournait.

Loin, près du débarcadère,
Du rêve naissait le vrai,
Et Venise, Vénitienne,
Se jetait à l’eau du quai.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Paul Signac

 

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La terre non interdite (Abû-l-‘Abbas al-Magribî)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015




La terre non interdite

Verse-moi du vin, jeune homme,
jusqu’à la joie extrême
que l’aube nous prépare.

Et que le scorpion pique!

Le sommeil est la frontière
et sa porte
la terre non interdite.

(Abû-l-‘Abbas al-Magribî)

Illustration

 

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