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Poésie

Posts Tagged ‘sculpture’

Agir et penser comme un chat (4) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Il n’y a pas besoin de sculpture
dans une maison où il y a un chat.

(Wesley Bates)

Il suffit de croiser son regard avec celui d’un chat
pour mesurer la profondeur des énigmes
que chaque paillette de ses yeux
pose aux braves humains que nous sommes.

(Jacques Laurent)

On ne possède pas un chat,
c’est lui qui nous possède.

(Françoise Giroud)

Les chats semblent avoir pour principe
que ça ne peut pas faire de mal
de demander ce qu’on veut.

(Joseph Wood Krutch)

Le chat est d’une honnêté absolue:
les êtres humains cachent, pour une raison ou une autre,
leurs sentiments.

(Ernest Hemingway)

Si les chats pouvaient parler,
ils ne le voudraient pas.

(Nan Porter)

L’homme est civilisé
dans la mesure où il comprend
le chat.

(George Bernard Shaw)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Rien tout ? (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



 

Brendan Monroe  _MisinterpretationOfMatterStates_2011_1

Rien tout ? Et ce plaisir entier
d’aller sous terre, quand tout est accompli
comme un beau livre ?
Et ce délice plein
de s’être dépris de la vie,
Comme un fruit parfait de sa branche ?
Et cette seule joie
d’avoir laissé dans l’invisible
la réalité complète du désir,
comme un fleuve qui descend vers la mer,
sa sculpture pérenne ?

***

¿Nada todo? Pues ¿y este gusto entero
de entrar bajo la tierra, terminado
igual que un libro bello?
¿Y esta delicia plena
de haberse desprendido de la vida,
como un fruto perfecto de su rama?
¿Y esta alegría sola
de haber dejado en lo invisible
la realidad completa del anhelo,
como un río que pasa hacia la mar,
su perene escultura?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Je m’endors les mains sur toi (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Illustration
    
Je m’endors les mains sur toi.

Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.

La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
À mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.

Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.

La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Ce qui me reste du réel? (Jean-Pierre Duprey)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



 

Sylvie Lemelin Jeux geometriques_

Ce qui me reste du réel?
Une cathédrale invisible
dont, seules, les sculptures apparentes
ponctuent l’architecture cachée.

(Jean-Pierre Duprey)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

 

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Sculpture du silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Le poème
est la sculpture
du silence

(Guillevic)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

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Parlerie de la vie (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Parlerie de la vie

Comme la vie se mue.
Comme est la vie muette.
Comme la vie est nue.
Comme la vie est nulle.
Comme la vie est tout.
Tout cela qui se perd
sans même de profit.
Comme elle est un sésame
d’une autre vie nouvelle
qui devient vieille avant
de rompre le nouveau.
Comme la vie est autre
comme elle est toujours autre
que celle que l’on vit.
Comme la vie est vie

même quand elle est mort
en sculpture de vie.
Comme la vie est forte
prise dans ses menottes.
Comme la vie fait mal
quand elle enlève son
habit d’argent céleste.
Comme la vie est ci
entremêlé de ça.
Comme la vie est belle
car la vie est panthère
à la fougue brisée.
Comme la vie est folle
imbécile, bouchée
et pourtant enflammée
de se brûler en flamme.
Comme pleure la vie
de savoir qu’elle est vie
et que jamais jamais
ne la prend au sérieux
l’homme, ce loup-garou.
Comme elle rit la vie
à chaque matin de
sa propre absurdité
et à chaque moment
donne à tous de nouveau
un étrange cadeau.
Comme elle joue la vie
à la paix à la guerre
peuplant toute la terre
de lois et de fantômes.
Comme elle joue de son
vieil orgue mécanique
transformant une valse
en un pur Vivaldi.
Comme la vie vaut mieux
que la vie elle-même
toujours ressuscitée
en fleur et en fourmi
dans le caillou qui roule
poitrine désolée
cœur de celui qui aime.
Et comme elle se sauve
d’une seule parole
écrite dans le sang
au jour de la naissance:
amour, vidamour!

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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LE PALAIS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016




LE PALAIS

Nous entrâmes. Rien qu’une salle immense
silencieuse et vide, où la surface du sol miroitait
comme la glace d’une patinoire abandonnée.
Toutes portes fermées. L’air était gris.

Des peintures aux murs. Où l’on voyait
grouiller des images sans vie : des boucliers, des plateaux
de balance, des poissons, des silhouettes de guerriers
dans un monde sourd et muet de l’autre côté.

Une sculpture était exposée dans le vide :
seul, au centre de la salle, se dressait un cheval,
que nous ne remarquâmes tout d’abord pas
tant le vide nous captivait.

Plus faiblement que les murmures d’un coquillage,
on percevait les bruits et les voix de la ville
tournoyant dans cet espace désert et
bourdonnant à la recherche du pouvoir.

Autre chose encore. Quelque chose d’obscur
vint se poster aux cinq entrées de nos
sens mais sans les franchir.
Le sable s’écoulait dans les verres du silence.

Il était temps de bouger. Nous nous approchâmes
du cheval. Il était gigantesque,
noir comme du métal. Une image du pouvoir
restée là après le départ des princes.

Le cheval nous dit: «Je suis l’Unique.
J’ai désarçonné le vide qui me chevauchait.
Voilà mes écuries. Je grandis peu à peu.
Et je mange le silence ici répandu.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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