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Poésie

Posts Tagged ‘se baigner’

J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature
tel le mollusque dans le phosphore marin :
le sel brisé qui me heurtait et m’emplissait
de son écho, construisait mon propre squelette.
Comment vous expliquer : sans mouvement ou presque
de cette respiration, bleue haleine amère,
une à une les vagues répétèrent
ce que je pressentais et qui palpitait là,
et pour finir sel et écume me formèrent :
le dédain et aussi le désir d’une vague,
le rythme vert qui au coeur de l’impénétrable
bâtit un édifice transparent,
ce secret-là se maintint ferme et aussitôt
Je sentis que mon coeur battait à l’unisson :
que mon chant grandissait en même temps que l’eau.

(Pablo Neruda)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Dis-lui (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Dis-lui que les balcons ici sont fleuris,
Qu’elle se baignera dans des étangs sans fièvre,
Mais que je voudrais voir dans ses yeux assombris
Le sauvage secret qui se meurt sur ses lèvres,

L’énigme d’un regard de pure connaissance
Et qui brille parfois d’un fascinant éclair
Des grands initiés aux jeux de connaissance
Et des coureurs du large, sous les cieux déserts.

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Odilon Redon

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Fléchée vers son propre centre (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Comme l’on jouirait de se baigner
nu
dans l’allégresse
d’un torrent de haute montagne:

sensation physique
perception métaphysique
de fraîcheur

dès que la conscience
se sent fléchée
vers son propre centre:

la source
infiniment proche
infiniment lointaine.

(Michel Camus)

Illustration: Trulzsch

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Ici (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



Ici ont laissé leurs chaussures,
et leurs vêtements encore chauds,
ceux qui se baignent dans le fleuve.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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L’Origine de la Harpe (Thomas Moore)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Etait une Sirène, à la voix douce et belle.
On l’entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissant sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d’une nuage,
Son amant parmi les roseaux.

Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l’amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers.

En contours gracieux tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d’espérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l’onde
Et deviennent des cordes d’or.

***

The Origin of the Harp

Tis believed that this Harp, which I wake now for thee
Was a Siren of old, who sung under the sea;
And who often, at eve, through the bright waters roved,
To meet, on the green shore, a youth whom she loved.

But she loved him in vain, for he left her to weep,
And in tears, all the night, her gold tresses to steep,
Till heaven look’d with pity on true-love so warm,
And changed to this soft Harp the sea-maiden’s form.

Still her bosom rose fair — still her cheeks smiled the same —
While her sea-beauties gracefully form’d the light
And her hair, as, let loose, o’er her white arm it fell,
Was changed to bright chords uttering melody’s spell.

Hence it came, that this soft Harp so long hath been known
To mingle love’s language with sorrow’s sad tone;
Till thou didst divide them, and teach the fond lay
To speak love when I’m near thee, and grief when away.

(Thomas Moore)

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N’aie pas d’amertume de ce que tout s’éloigne (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



 

N’aie pas d’amertume de ce que tout
s’éloigne. La mémoire est la mer
où se baigne le temps.
Le sel boit les larmes.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: ArbreaPhotos

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Ma vie est un long Gange tranquille (Mano Solo)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



Clara Lieu 1_5v00 [1280x768]

Ma vie est un long Gange tranquille
qui charrie ses cadavres
ses maladies
et ses croyances poétiques
je m’y baigne chaque jour
explosant là mes pustules
je dérive dans mon jus
vêtu d’un sari couleur de sang
je meugle
telle une vache sacrée.

(Mano Solo)

Illustration: Clara Lieu

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LA RIVIÈRE DE LA FORÊT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Paul Chabas
    
LA RIVIÈRE DE LA FORÊT

Je me suis baignée seule dans la rivière de la forêt.
Sans doute je faisais peur aux naïades,
car je les devinais à peine et de très loin, sous l’eau obscure.

Je les ai appelées. Pour leur ressembler tout à fait,
j’ai tressé derrière ma nuque des iris noirs comme mes cheveux,
avec des grappes de giroflées jaunes.

D’une longue herbe flottante,
je me suis fait une ceinture verte,
et pour la voir je pressais mes seins en penchant un peu la tête.

Et j’appelais : « Naïades Ah! naïades Ah! jouez avec moi, soyez bonnes. »
Mais les naïades sont transparentes,
et peut-être, sans le savoir, j’ai caressé leurs bras légers.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je me baigne dans l’obscurité (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
Je me baigne dans l’obscurité.
Je me peigne au grand soleil.

Quand je sors au clair de lune,
ma mère me lace serré.

J’ai trois soeurs aînées, plus heureuses que moi.
Au clair de lune j’ai vu la première,
et sa robe était dénouée.

Au grand soleil j’ai revu la seconde
et elle se laissait baiser sur la bouche.
Dans l’obscurité j’ai vu la troisième

Il n’y a pas de nuit assez noire,
où l’oeil d’une vierge ne devine l’amour.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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La plage des sables blancs (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



La plage des sables blancs

Oubliettes des châteaux de sable
Meurtrières fenêtres de l’oubli
Tout est toujours pareil
Et cependant tout a changé
Tu étais nue dans le soleil
Tu étais nue tu te baignais
Les galets roulent avec la mer
Et toujours toujours j’entendrai
Leur doux refrain de pierres heureuses
Leur gai refrain de pierres mouillées
Déchirant refrain des vacances
Perdu dans les vagues du souvenir
Déchirants souvenirs de l’enfance
Brûlée vive par le désir
Merveilleux souvenir de l’enfance
Éblouie par le plaisir.

(Jacques Prévert)


Illustration: Maurice Denis

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