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Posts Tagged ‘se balancer’

Entre les pôles du conscient et de l’inconscien (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    
Entre les pôles du conscient et de l’inconscient,
l’esprit se balance.
A cette balançoire sont suspendus tous les êtres et tous les mondes ;
et cette balançoire ne cesse jamais de se balancer.

Des millions d’êtres y sont accrochés :
le soleil et la lune, dans leur course, s’y balancent.
Des millions d’âges passent et toujours la balançoire se balance.

Tout est balancé :
le ciel et la Terre et l’air et l’eau et le Seigneur Lui-même qui se personnifie :
Et la vue de tout ceci a fait de Kabîr le serviteur de son Dieu.

(Kabîr)

 

 

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Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien,
que de voir, par moments, se balancer un nid
sur un peuplier rose, où sur le blanc chemin,
passer un pauvre sourd, aux pieds luisants de plaies.

(Henry Bataille)


Illustration: Fanny Verne

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Quelle différence (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Quelle différence
entre le zéphyr et la brise ?
L’arbre s’en balance.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Tu dors? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu dors? Ce n’est pas vrai, folle, tu fais semblant.
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance ;

Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;

Tu sais que des frissons amoureux et troublants
Viennent ensoleiller la neige de tes flancs ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;

Tu sais trop bien cela, friponne, et, doucement.
Sûre de me tenter, tu souris en dormant ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

(Jean Richepin)

 Illustration: Maurice Barraud

 

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Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

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Acrobate (Vítězslav Nezval)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Acrobate

A la fin l’acrobate s’était mis à se balancer
Sur les ailes du papillon des suicidés
II jeta une rose au petit marin
Dont les yeux fidèles et transparents comme un bon vent
Coulaient sur les joues
En regardant l’acrobate qui tombait
Et faisait voir dans sa poitrine ouverte
Son coeur noir comme une chauve-souris

Les agents de police se sont précipités
Pour faire des rapports exacts sur l’identité de cet acrobate fou
Qui en tombant a laissé un aveu si mystérieux
Qu’il faut le dire
Qu’il faut le crier
Qu’il faut le chuchoter
Qu’il faut se taire devant ses paroles si mystérieuses
Si mystérieuses
Qu’il faut les chanter.

(Vítězslav Nezval)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Gilles Candelier

 

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L’HORLOGE DE GRAND-MERE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



L’HORLOGE DE GRAND-MERE

Notre aïeule l’horloge,
solide comme un chêne,
a sonné ses cent ans
sans ride, sans peine
— ses cent ans au foyer
de fidèle présence
nuit et jour attentive
à meubler le silence…

Elle a gardé ses doigts de fée
et tire sans trembler
le fil du temps
sur ses aiguilles.

Elle a gardé sa voix de jeune fille
pour nous chanter les heures
qui valsent une à une,
les douze soeurs
blondes et brunes.

Elle a gardé toute sa tête
dans l’orchestre de l’univers :
la mémoire sans faille,
la mesure précise,

et son coeur se balance
infatigablement
au creux de sa poitrine
comme un soleil de cuivre
entre l’est et l’ouest.

Je souhaite que le soleil
me monte très haut dans l’âme,
y reste au zénith en toutes saisons
même quand je serai vieille femme
voûtée au ras de l’horizon.

(Christiane Barrillon)

 

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Parfum jets d’eau (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



Parfum
jets d’eau

surtout pas de gravité
jamais de remords

Pas l’ombre d’une faute à confesser

cristal
volute
terrasses

Premiers baisers près des bosquets
le ciel se balance
les roses ne saignent pas

(Pascal Boulanger)

 

 

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Rêve (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



J’ai rêvé d’une barque blanche
Qui sur le lac se balançait.
Chaque jour était un dimanche
Et le bonheur recommençait.

Tous les petits oiseaux chantaient,
Tous les petits poissons nageaient,
Et les gros chats qui ronronnaient
Jamais, jamais ne les mangeaient.

(Brigitte Level)

Illustration

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PETITE FIN DU MONDE (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



PETITE FIN DU MONDE

Oh ! Oh !
Les oiseaux
morts

Les oiseaux
les colombes
nos mains

Qu’est-ce qu’elles ont eu
qu’elles ne se
reconnaissent plus

On les a vues autrefois
Se rencontrer dans la pleine clarté
se balancer dans le ciel
se côtoyer avec tant de plaisir et se connaître
dans une telle douceur

Qu’est-ce qu’elles ont maintenant
Quatre mains sans plus un chant
que voici mortes
désertées

J’ai goûté à la fin du monde
et ton visage a paru périr
devant ce silence de quatre colombes

devant la mort de ces quatre mains
Tombées
en rang côte à côte

Et l’on se demande
A ce deuil
quelle mort secrète
quel travail secret de la mort
par quelle voie intime dans notre ombre
où nos regards n’ont pas voulu descendre
La mort
a mangé la vie aux oiseaux
a chassé le chant et rompu le vol
à quatre colombes
alignées sous nos yeux

de sorte qu’elles sont maintenant
sans palpitation
et sans rayonnement de l’âme.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

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