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Posts Tagged ‘se balancer’

UNE PETITE MORTE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ  Hyacinthos_1

UNE PETITE MORTE

Une petite morte
s’est couchée en travers de la porte.

Nous l’avons trouvée un matin, abattue
sur notre seuil
Comme un arbre de fougère plein de gel.

Nous n’osons plus sortir depuis qu’elle est là
C’est une enfant blanche dans ses jupes mousseuses
D’où rayonne une étrange nuit laiteuse.

Nous nous efforçons de vivre à l’intérieur
Sans faire de bruit
Balayer la chambre
Et ranger l’ennui
Laisser les gestes se balancer tout seuls
Au bout d’un fil invisible
À même nos veines ouvertes.

Nous menons une vie si minuscule et tranquille
Que pas un de nos mouvements lents
Ne dépasse l’envers de ce miroir limpide
Où cette sœur que nous avons
Se baigne bleue sous la lune
Tandis que croît son odeur capiteuse.

(Anne Hébert)

Illustration: Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ 

 

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DES FLEURS PRES DE LA MER (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



 

marguerites

DES FLEURS PRES DE LA MER

QUAND par-dessus la bordure du pré fleuri,
jusqu’alors invisible, l’océan salé

soulève son visage — chicorées et marguerites
en une marée déchaînée, ne sont plus seulement fleurs

mais couleur et mouvement — ou la forme
peut-être — de la turbulence, tandis

que la mer s’arrondit et se balance
paisiblement, comme une plante sur sa tige

***

FLOWERS BY THE SEA

WHEN over the flowery, sharp pasture’s
edge, unseen, the salt ocean

lifts its form — chicory and daisies
tide, released, seem hardly flowers alone

but color and the movement — or the shape
perhaps — of restlessness, whereas

the sea is circled and sways
peacefully upon its plantlike stem

(William Carlos Williams)

 

 

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CORAIL (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Camille Pissarro
    
CORAIL

Du corail et ton cou dedans,
Grenouilles sur l’eau de l’étang,
Crottes d’agneau
Sur fond de neige au bout de l’an.

Rose au clair de lune, debout,
Ceinture d’or et toi dessous,
Corde de chanvre,
Corde de chanvre sur mon cou.

Tа jupe, tes pieds se balancent,
Battant de cloche avec sa danse,
Dans l’eau du fleuve
Des peupliers qui loin s’avancent.

Tа jupe, tes pieds se balancent,
Battant de cloche et ses cadences.
Dans l’eau du fleuve,
Les feuilles tombent, en silence.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Rosée (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Rosée

Accroupi, se balance
Un framboisier. Sur lui,
Un papier gras poursuit
Sa douce somnolence.

Feuillages s’enlaçant!
Beau soir de perle fine!
Brume sur la colline
Où plane aussi mon chant!

Bourdon dans la prairie,
Sans trêve j’ai trimé.
Que le ciel est léger
Sur ma forge assombrie!

Je suis las, un peu sot…
– Ou bon, que vous en semble? –
Comme l’herbe je tremble
Et l’étoile, là-haut…

(Attila Jozsef)

Illustration: Île Nancy

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POUR ELLE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
POUR ELLE

Tel un joyeux soleil, ta chevelure d’or
Répand de lumineuses gerbes,
Superbes,
Sur les plis de ta petite robe, ô Trésor !
Ta fine taille dans ta robe se balance,
Adorable mouvance,
Fine vapeur de diamant
Sur la rose tremblant.

Sans pareils dans le ciel, sur notre terre ronde…
Tes yeux, par leur éclat, sont une mer profonde.
Sitôt que tu me vois, doucement, tu les clos.
Que n’offrirais-je point pour ces rayons si beaux !

Dans une mer sans fond, ton âme se balance,
Doux rayon de lune qui luit,
Séduit.
Un nuage soudain, sans la moindre clémence,
S’en vient la dérober à l’ardeur de mes yeux,
La confisque à mes voeux.
Vite, elle me fuit tel un rêve.
Et le soleil se lève.

Mais ton coeur, où bat-il ? Je ne le trouve pas.
Et pour moi, c’est la mort, c’est l’odieux trépas.
Je ne puis te briser, ma main n’y peut suffire.
Ces menottes l’ont prise. Il me faut te le dire :

Toi qui n’as point de coeur, c’est pour toi que j’expire.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Cri (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Cri

Un matin comme les autres,
l’avoine coupée d’hier,
le verger jonché de prunes.

Le ruisseau ne cesse guère
de s’en aller sous la brume.

Un nuage à l’horizon,
l’agneau que sa mère oublie,
le pic-épeiche et son cri.

La grande herbe se balance
depuis les débuts du monde.

(Jean Grosjean)

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RESPIRE ENCORE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
RESPIRE ENCORE

La trahison sait emmurer le coeur
mais les prés et les bois là-bas sont libres.
Les soirs sont les barreaux de ta cellule
mais l’air t’apporte encor l’odeur des roses.

Respire encore, ô coeur, comme un feuillage
qui se balance à peine avant l’orage
ou qui s’égoutte après l’assaut des pluies.

Ou laisse au moins s’effeuiller ce langage
longtemps dans l’ombre ainsi qu’au loin les roses.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Jody Bergsma
    
LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER
Li-Oey

La pleine lune vient de sortir de l’eau.
La mer ressemble à un grand plateau d’argent.

Sur un bateau, quelques amis, boivent des tasses de vin.
En regardant les petits nuages,

qui se balancent sur la montagne,
éclairés par la lune.

Quelques-uns disent que ce sont les femmes de l’Empereur,
qui se promènent vêtues de blanc ;

Et d’autres prétendent
que c’est une nuée de cygnes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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PENDANT QUE JE CHANTAIS LA NATURE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
PENDANT QUE JE CHANTAIS LA NATURE
Thou-Fou

Assis dans mon pavillon du bord de l’eau, j’ai regardé la beauté du temps ;
le soleil marchait lentement vers l’occident, au travers du ciel limpide.

Les navires se balançaient sur l’eau, plus légers que des oiseaux sur les branches,
et le soleil d’automne versait de l’or dans la mer.

J’ai pris mon pinceau, et, penché sur le papier, j’ai tracé des caractères,
semblables à des cheveux noirs qu’une femme lisse avec la main ;

Et sous le soleil d’or, j’ai chanté la beauté du temps.
Au dernier vers, j’ai relevé la tête ;
alors j’ai vu, que la pluie tombait dans l’eau.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LES CHEVEUX BLANCS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
LES CHEVEUX BLANCS
Tin-Tun-Ling

Les sauterelles vertes poussent en même temps que le blé ;
ainsi, dans la belle saison, les jeunes gens boivent et folâtrent.

Mais ceux dont l’esprit s’élève, deviennent bientôt tristes,
car les nuages noirs se balancent à moitié chemin du ciel.

Les hirondelles noires s’en vont ; les cigognes blanches arrivent ;
ainsi les cheveux blancs suivent les cheveux noirs ;

Et c’est une règle unique, sur toute la terre ;
comme il n’y a qu’une lune, dans le ciel.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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