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Posts Tagged ‘se balancer’

Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

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Acrobate (Vítězslav Nezval)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Acrobate

A la fin l’acrobate s’était mis à se balancer
Sur les ailes du papillon des suicidés
II jeta une rose au petit marin
Dont les yeux fidèles et transparents comme un bon vent
Coulaient sur les joues
En regardant l’acrobate qui tombait
Et faisait voir dans sa poitrine ouverte
Son coeur noir comme une chauve-souris

Les agents de police se sont précipités
Pour faire des rapports exacts sur l’identité de cet acrobate fou
Qui en tombant a laissé un aveu si mystérieux
Qu’il faut le dire
Qu’il faut le crier
Qu’il faut le chuchoter
Qu’il faut se taire devant ses paroles si mystérieuses
Si mystérieuses
Qu’il faut les chanter.

(Vítězslav Nezval)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Gilles Candelier

 

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L’HORLOGE DE GRAND-MERE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



L’HORLOGE DE GRAND-MERE

Notre aïeule l’horloge,
solide comme un chêne,
a sonné ses cent ans
sans ride, sans peine
— ses cent ans au foyer
de fidèle présence
nuit et jour attentive
à meubler le silence…

Elle a gardé ses doigts de fée
et tire sans trembler
le fil du temps
sur ses aiguilles.

Elle a gardé sa voix de jeune fille
pour nous chanter les heures
qui valsent une à une,
les douze soeurs
blondes et brunes.

Elle a gardé toute sa tête
dans l’orchestre de l’univers :
la mémoire sans faille,
la mesure précise,

et son coeur se balance
infatigablement
au creux de sa poitrine
comme un soleil de cuivre
entre l’est et l’ouest.

Je souhaite que le soleil
me monte très haut dans l’âme,
y reste au zénith en toutes saisons
même quand je serai vieille femme
voûtée au ras de l’horizon.

(Christiane Barrillon)

 

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Parfum jets d’eau (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



Parfum
jets d’eau

surtout pas de gravité
jamais de remords

Pas l’ombre d’une faute à confesser

cristal
volute
terrasses

Premiers baisers près des bosquets
le ciel se balance
les roses ne saignent pas

(Pascal Boulanger)

 

 

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Rêve (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



J’ai rêvé d’une barque blanche
Qui sur le lac se balançait.
Chaque jour était un dimanche
Et le bonheur recommençait.

Tous les petits oiseaux chantaient,
Tous les petits poissons nageaient,
Et les gros chats qui ronronnaient
Jamais, jamais ne les mangeaient.

(Brigitte Level)

Illustration

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PETITE FIN DU MONDE (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



PETITE FIN DU MONDE

Oh ! Oh !
Les oiseaux
morts

Les oiseaux
les colombes
nos mains

Qu’est-ce qu’elles ont eu
qu’elles ne se
reconnaissent plus

On les a vues autrefois
Se rencontrer dans la pleine clarté
se balancer dans le ciel
se côtoyer avec tant de plaisir et se connaître
dans une telle douceur

Qu’est-ce qu’elles ont maintenant
Quatre mains sans plus un chant
que voici mortes
désertées

J’ai goûté à la fin du monde
et ton visage a paru périr
devant ce silence de quatre colombes

devant la mort de ces quatre mains
Tombées
en rang côte à côte

Et l’on se demande
A ce deuil
quelle mort secrète
quel travail secret de la mort
par quelle voie intime dans notre ombre
où nos regards n’ont pas voulu descendre
La mort
a mangé la vie aux oiseaux
a chassé le chant et rompu le vol
à quatre colombes
alignées sous nos yeux

de sorte qu’elles sont maintenant
sans palpitation
et sans rayonnement de l’âme.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

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Minuit (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



 

Minuit

La pâle nuit d’automne
De ténèbres couronne
Le front gris du manoir ;
Morne et silencieuse,
L’ombre s’assied, rêveuse,
Sous le vieux sapin noir.

Au firmament ses voiles
Sont parsemés d’étoiles
Dont le regard changeant,
Sur la nappe des ondes,
Répand en gerbes blondes
Ses paillettes d’argent.

Dans le ciel en silence
La lune se balance
Ainsi qu’un ballon d’or,
Et sa lumière pâle,
D’une teinte d’opale,
Baigne le flot qui dort.

Au bois rien ne roucoule
Que le ruisseau qui coule
En perles de saphir;
Et nul cygne sauvage
N’ouvre sur le rivage
Sa blanche aile au zéphir.

Une ondoyante voile,
Comme aux cieux une étoile,
Brille au loin sur les eaux,
Et la chouette grise
De son vol pesant frise
La pointe des roseaux.

La bécassine noire
Au col zébré de moire
Dort parmi les ajoncs
Qui fourmillent sans nombre
Sur le rivage sombre,
Au pied des noirs donjons.

Sous la roche pendante,
La grenouille stridente
Dit sa rauque chanson,
Et des algues couverte
Toute la troupe verte
Coasse à l’unisson.

Dans l’onde qui miroite,
L’ondine toute moite
Ecartant les roseaux,
Sèche sa blanche épaule
A l’ombre du vieux saule
Qui pleure au bord des eaux.

Rêveuse elle se mire
Et, coquette, s’admire
Dans le miroir mouvant,
Et de ses tresses blondes,
Sur le cristal des ondes,
Tombent des pleurs d’argent.

La Sylphide amoureuse,
La Péri vaporeuse,
Fée au col de satin,
Dans leur ronde légère,
Effleurent la fougère
D’un petit pied mutin.

Les farfadets, les gnomes,
Les nocturnes fantômes,
Traînant leurs linceuls gris,
Dansent, spectres difformes,
Autour des troncs énormes
Des vieux pins rabougris.

Le serpent rampe et glisse,
Et son écaille lisse
D’un rayon fauve luit ;
Les bêtes carnassières
Sortent de leurs tanières…
Dormons : il est minuit !

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration

 

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Après trois ans (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Hippolyte Maindron  Velléda [1280x768]

Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé … J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin …
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux saule tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

(Paul Verlaine)

Illustration: Hippolyte Maindron

 

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Au fond de la mer (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



Au fond de la mer il y a de blanches frayeurs,
Où les plantes sont des animaux
Et les animaux des fleurs

Monde silencieux que n’atteint pas
L’agitation des vagues.
Des coquillages ronds s’ouvrent en riant,
Le cheval marin se balance.
Un poulpe avance
Dans le désordre
De ses milles bras,
Une fleur danse,
Sans bruit les espaces.

Sur le sable, le temps se pose
Léger comme un mouchoir.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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LES PINS GÉMISSENT… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016



LES PINS GÉMISSENT…

Les pins gémissent lorsque le vent passe
Le soleil frappe le sol et les pierres brûlent.

Dans le lointain marchent les dieux fantastiques de la mer
Blancs de sel et brillants comme des poissons.

Soudain des oiseaux sauvages,
Jetés contre la lumière comme des pavés,

Montent et meurent verticalement dans le ciel
Et leurs corps sont happés par les espaces.

Les vagues chargent en brisant contre la lumière
Leur front orné de colonnes.

Et une très ancienne nostalgie d’être mât
Se balance entre les pins.

***

OS PINHEIROS GEMEM…

Os pinheiros gemem quando passa o vento
O sol bate no chao e as pedras ardem.

Longe caminham os deuses fantásticos do mar
Brancos de sal e brilhantes como peixes.

Pássaros selvagens de repente,
Atirados contra a luz como pedradas,

Sobem e morrem no céu verticalmente
E o seu corpo é tornado nos espaços.

As ondas marrara quebrando contra a luz
A sua fronte ornada de colunas.

E uma antiquíssima nostalgia de ser mastro
Baloiça nos pinheiros.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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