Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se balancer’

Lunes et soleils (Matsuo Bashô)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Lunes et soleils,
miroirs des mois et jours, sont
les hôtes de passage de cent générations,
comme les années qui se succèdent.
Celui qui toute sa vie,
se balance sur un bateau,
celui qui tient au mors un cheval
et va ainsi au-devant de la vieillesse,
les jours étant le voyage,
du voyage fait sa demeure.

(Matsuo Bashô)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Ma dame est un jardin d’ivoire, couvert de fleurs (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Alain Bonnefoit
    
ma dame est un jardin d’ivoire,
couvert de fleurs.
sous la grande et silencieuse éclosion
de couleurs subtiles que sont ses cheveux
son oreille est une fleur frêle et mystérieuse
ses narines
sont de timides exquises
fleurs qui habilement remuent
à la moindre caresse d’air qu’elle respire,ses
yeux sa bouche sont trois fleurs. Ma dame
est un jardin d’ivoire
ses épaules sont de lisses et brillantes
fleurs
sous lesquelles percent les fleurs nouvelles
de ses petits seins se balançant avec amour
sa main forme cinq fleurs
sur son ventre blanc est une maligne fleur en forme de rêve
et ses poignets sont les plus pures plus merveilleuses fleurs ma
dame est couverte
de fleurs
ses pieds sont effilés
formés chacun de cinq fleurs sa cheville
est une minuscule fleur
les genoux de ma dame sont deux fleurs
Ses cuisses sont de vastes et fermes fleurs de nuit
et exactement entre
elles endormie intensément
est

la fleur soudaine d’une totale stupéfaction

ma dame couverte de fleurs
est un jardin d’ivoire.

Et la lune est un jeune homme

que je vois régulièrement,autour du crépuscule,
entrer dans le jardin et sourire
en lui-même.

***

my lady is an ivory garden,
who is filled with flowers.
under the silent and great blossom
of subtle colour which is her hair
her ear is a frail and mysterious flower

her nostrils
are timid and exquisite
flowers skilfully moving
with the least caress of breathing,her
eyes and her mouth are three flowers. My lady

is an ivory garden
her shoulders are smooth and shining
flowers
beneath which are the sharp and new
flowers of her little breasts tilting upward with love
her hand is five flowers
upon her whitest belly there is a clever dreamshaped flower
and her wrists are the merest most wonderful flowers my
lady is filled
with flowers
her feet are slenderest
each is five flowers her ankle
is a minute flower
my lady’s knees are two flowers
Her thighs are huge and firm flowers of night
and perfectly between
them eagerly sleeping
is

the sudden flower of complete amazement

my lady who is filled with flowers
is an ivory garden.

And the moon is a young man

who i see regularly,about twilight,
enter the garden smiling to
himself

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Mon Panier ne contient – que – des Firmaments – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Mon Panier ne contient – que – des Firmaments –
Ceux-là – à mon bras – aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont -Accablants.

(Emily Dickinson)


Illustration: Fabienne Contat

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Les géraniums dans le jardin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Les géraniums dans le jardin devant la clinique
sont d’un rouge qui me transperce
Au premier regard ils étaient déjà rouges
mais était-ce la lumière changeante
ou mon regard transformé
Les géraniums se sont mis á créer du rouge
au fur et à mesure comme une sécrétion
comme une musique un rythme
et ils se balançaient très doucement
de droite à gauche
et cela faisait quelque chose de
presque trop vivant
comme lorsqu’on a conscience de rêver
peut-être que c’est ça la conscience de vivre

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’une et l’autre (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
L’une et l’autre

Qu’as-tu à te balancer sans fin, rosier, par longue pluie,
avec ta double rose?
Comme deux guêpes mûres elles restent sans vol:
Je les vois de mon cœur car mes yeux sont fermés.
Mon amour au-dessus des fleurs n’a laissé que vent et nuage.

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’enfant se balance (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration: Danielle Blatrier 
    
L’enfant se balance
– grâce pour sa vie ! –
son rêve sourit
– grâce pour son rêve ! –

ses cheveux apportent
emportent le ciel
encens de sa grâce
et de sa jeunesse.

Il y a l’avenir
l’appel des sources
que ses songes percent…
Que ses mains transpercent

les feuilles roncières
trouvant la caresse
de l’eau sur le sang
donnez-lui le temps
de boire sa jeunesse.

Un vieil homme meurt
grelottant de larmes
il n’y a plus rien
qu’un passé menteur
le froid de son coeur
et la nuit qui vient.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Sous le croissant de lune (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

 

Illustration: Jean-François de Troy

    

Un enfant pleure. Sous le croissant de lune,
Par les champs se traîne un pèlerin bossu.
Dans le bois, qui se moque de sa bosse ronde —
Quelqu’un de velu, de tordu, de cornu.

Sous le clair de lune, le chemin est pâle.
Des filles pâles se cachent dans les herbes.
Leurs mains, comme des herbes tendres et pâles,
Dans le vent se balancent de gauche à droite.

Le grain bleu chuchote et penche la tête.
Le bossu danse sous la lune cornue.
On entend la trompette d’argent qui appelle.
Quelqu’un s’élance sur le chemin lumineux.

Les filles pâles surgissent des herbes.
Elles tendent les bras vers la connaissance.
Immobile, l’oreille collée à la terre,
Le bossu l’entend qui attend et respire.

Dans le bois, le velu tremble sans bruit.
La lune a roulé dans les blés lumineux.
Un enfant pleure. Et le vent se tait.
La trompette est proche. La nuit impénétrable.

(Alexandre Blok)

 

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TROP LOIN (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



TROP LOIN

Tout se passe en silence
Le ciel est rétabli
Le soleil se balance
On vit sans rien de plus dans la douceur du sang

Où es-tu maintenant
Les jours se suivent se ressemblent
Les mains fragiles se rassemblent
Et la lumière est dure
L’homme a perdu son ombre au fond de la verdure

J’écoute
C’est bien moi
Je suis seul sur la route
Mon passé sur le dos
Dans ma gorge enflammée un bouquet de sanglots

(René Guy Cadou)

 

 

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L’Oiseau jaune et bleu (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



 

oiseau jaune et bleu

L’Oiseau jaune et bleu

Rien jamais ne trouble cet étang :
Un jour chasse l’autre
Et dans ce sommeil la vie se prolonge
Sans même apporter le peu qu’on attend,
Mais ton esprit trotte

De songe en songe.
Petite boule de plumage éclatant,
Bel oiseau jaune et bleu qui te balances
Au-dessus de l’eau morte

En te grisant de tendres et joyeuses notes,
Je t’écoute depuis longtemps,
Mais ta chanson n’a pas de sens.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

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Tes seins (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



De nouveau j’évoque
tes seins que dénude le soleil
tes seins en surplomb
qui se balancent au rythme de la marche
tes seins que tu m’offres généreusement….

et ton regard d’extase
torturé de pureté
ton regard vierge
sensuellement s’ouvre
aux images de la perversité.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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