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Poésie

Posts Tagged ‘se blottir’

Je suis passé chez toi (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019



Illustration 
    
Je suis passé chez
toi. Personne. J’ai
embrassé ton absence,

puis griffonné, sur
un papier froissé,
que j’avais cueilli

une primevère, dans
un de tes jardinets,
j’ai noté aussi
qu’un chat blanc

et noir était venu
se blottir contre
mes jambes. Ces

mots, je les ai glissés
sous ta porte — sans
ajouter que je t’aimais.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Élire demeure (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




    
Élire demeure
au coeur d’un nuage
se blottir là
s’endormir

Plus tard
en pluie fine
se disperser
disparaître

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Orage (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018


 


William Turner   Orage 

Orage

Orage
quelques gouttes
puis
la mer
est giflée
comme une
putain
par de mâles
torrents.
Elle se débat
face aux touristes
impuissants
prêts à tout
pour sauver
leur
ice-cream.
Laissez battre cette femme
par son époux
légitime.

Infidèle l’a-t-elle été ?
en accueillant
en son sein
nos corps gras
et
indignes.

Quelques gouttes
la mer s’en prend une
et toi
tu te blottis
contre mon torse
vidé
de sa colère.

(Balbino)

Illustration: William Turner

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Ce n’est pas moi qui crie (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Ce n’est pas moi qui crie

Ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.
Attention, attention, le diable est devenu fou!
Blottis-toi au creux des sources,
colle-toi contre la vitre,
cache-toi derrière les feux des diamants,
sous des pierres, parmi des insectes,
oh, cache-toi dans le pain à peine sorti du four,
0 toi, mon pauvre,
pénètre dans la terre avec l’averse fraîche
C’est en vain que tu plonges ta face en toi-même,
tu ne peux la laver que baignée en une autre.
Sois la mince nervure d’une herbe,
et tu seras plus grand que l’axe de ce monde.

0 machines, oiseaux, frondaisons, étoiles,
notre mère stérile, en suppliant, réclame des enfants.
Ainsi, ô toi, mon pauvre,
que ce soit terrible ou bien merveilleux,
ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Aujourd’hui (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Illustration: Silvia Leveroni Calvi   
    
Aujourd’hui
Ne veut pas
Se blottir dans un poème.

Il y a
Des jours comme ça.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Celle qui le saisit et ne peut le nommer (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Celle qui le saisit et ne peut le nommer,
celle qui se blottit sur son coeur qu’elle espère,
libérant les captifs quand elle est prisonnière,
et se confie avec tendresse au Suppliant,
celle qui tremble de confiance, abandonnée
par le pur amour, dans ce combat sans appui
pareil à un embrassement, oui, c’est bien elle
dont l’essence est lumière au sein noir de la nuit,
trépas qui est passage, et paix de la prière.

(Jean Mambrino)


Illustration: Caspar David Friedrich

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Simplement (Zohra Karim)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Regarde ! le bonheur est là,
Juste là, à côté de toi.
Attends, ne bouge pas !
Tiens ? il s’est glissé dans ton sourire,
Maintenant il a coulé dans le bain,
Il va se blottir dans mes bras.
Ho ! le voilà dans le jardin.
Tu sais pourquoi il est là ?
Pour rien, et c’est la meilleure raison qui soit.

(Zohra Karim)

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La sauterelle et le grillon (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



La sauterelle et le grillon

La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux défaillent par le brûlant soleil
Et se blottissent dans la fraîcheur des arbres, une voix
s’élève et court
D’une haie à l’autre, tout autour des prairies nouvellement
fauchées;
C’est la voix de la sauterelle — elle dirige le choeur
Des riches plaisirs de l’été — elle n’est jamais au bout
De ses réjouissances : quand elle est épuisée d’avoir joué
comme une folle,
Elle se délasse à l’aise au pied d’une herbe exquise.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
En un soir d’hiver solitaire, quand la gelée
A bâti son édifice de silence, voici que du poêle s’élève
un cri aigu,
La chanson du grillon, qui, toujours plus chaleureuse,
Semble à l’ouïe à demi perdue dans la somnolence
Le chant de la sauterelle parmi l’herbe des collines.

***

On the grasshopper and cricket

The poetry of earth is never dead :
When all the birds are faint with the hot sun,
And hide in cooling trees, a voice will run
From hedge to hedge about the new-mown mead;
That is the Grasshopper’s — he takes the lead
In summer luxury, — he has never done
With his delights; for when tired out with fun
He rests at ease beneath some pleasant weed.
The poetry of earth is ceasing never :
On a lone winter evening, when the frost
Has wrought a silence, from the stove there shrills
The Cricket’s song, in warmth increasing ever,
And seems to one in drowsiness half lost,
The Grasshopper’s among some grassy hills.

(John Keats)


Illustration

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Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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LE PARFUM DE LA FLEUR (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Illustration: Alexis Becard 
    
LE PARFUM DE LA FLEUR

Une houri vint se blottir au coeur de la roseraie :
« Nul, dit-elle, ne m’a enseigné le secret de l’univers;
Je ne sais ce qu’est l’aube ni le couchant, le jour ni la nuit.
Qu’est-ce que vivre et qu’est-ce que mourir ? »

Elle devint effluve embaumé et alla s’assoupir au sein des fleurs,
Au sein du monde de l’hier et du demain.
Elle s’éveilla, devint bouton de rose au sourire éphémère,
S’épanouit, se fana et abandonna sur le sol ses pétales.

Cette beauté libérée a laissé un soupir
Que l’on nomme parfum.

(Mohammad Iqbal)

 

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