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Posts Tagged ‘se bousculer’

Une fois j’eus besoin d’un certain mot (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
Une fois j’eus besoin d’un certain mot.
Je l’ai fait appeler et je l’ai mis à sa juste place.
Soudain j’ai entendu la clameur des mots en tous genres,
jeunes, âgés, neufs ou usés.

J’ai tendu l’oreille et perçu le brouhaha
de la famille perdue du mot, qui l’avait accompagné.
Oncles, tantes, nièces, frères, compatriotes.
Tous se bousculaient et voulaient rester auprès du mot-père.

Je tentais de me les concilier.
Je leur dis : «Je n’ai pas de place et de toute façon
je n’ai nul besoin d’une aussi nombreuse famille. »
Mais ils s’en sont tenu à leur principe :
tous en même temps ou rien.

Finalement, avec les oncles,
tantes, neveux, beaux-frères et concitoyens du mot,
j’ai dû aligner tout un paragraphe.
Rien à faire pour m’en dépêtrer!

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Continuer (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



    
Continuer

Beaucoup de choses
se bousculent en moi
beaucoup de colère
et d’amour
de la peur aussi
bien sûr
cette tendresse
de prédateur
cette impression de vivre
comme un ciel d’orage
orange
balafré de soleil

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Regarder la lune (Yasui)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



Regarder la lune
dans la foule qui se bouscule
que c’est fatiguant

(Yasui)

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Chant du coeur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Fabienne Contat
    
Chant du coeur

Tout me sourit, vois-tu, quand je t’ai près de moi,
et de cette joie-là tes yeux sont le miroir.
Ô ma lumière, attends, je n’ai pas dit le quart
de ce qui se bouscule en mon coeur plein de toi,
de ce qui monte en moi dès ton premier regard.
Ne dis rien, si tu veux. Ne me murmure pas
des mots d’amour charmeurs. Je n’ai qu’à être là,
te parler, te toucher, humer la matinale
fraîcheur que tu respires ; si pour toi tout cela,
c’est trop, il me suffit de seulement te voir !

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Cas rédhibitoire (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Cas rédhibitoire
(Mariage)

Ah! mon âme a sept facultés!
Plus autant qu’il est de chefs-d’oeuvre,
Plus mille microbes ratés
Qui m’ont pris pour champ de manoeuvre.

Oh! le suffrage universel
Qui se bouscule et se chicane,
À chaque instant, au moindre appel,
Dans mes mille occultes organes!….

J’aurais voulu vivre à grands traits,
Le long d’un classique programme
Et m’associant en un congrès
Avec quelque classique femme.

Mais peut-il être question
D’aller tirer des exemplaires
De son individu si on
N’en a pas une idée plus claire?….

(Jules Laforgue)

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Dans le crépuscule fané (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



Dans le crépuscule fané
Où plusieurs amours se bousculent
Ton souvenir gît enchaîné
Loin de nos ombres qui reculent

O mains qu’enchaîne la mémoire
Et brûlantes comme un bûcher
Où le dernier des phénix noire
Perfection vient se jucher

La chaîne s’use maille à maille
Ton souvenir riant de nous
S’enfuit l’entends-tu qui nous raille
Et je retombe à tes genoux

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Fabienne Contat

 

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La vague (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



La vague

Pour se faufiler
Dans l’étroit canal
Qui menait au port avant les bassins,

Elles se pressaient, tes vagues,
Lors de la marée,
Elles se bousculaient.

Elles avaient besoin
Que l’interminable
Soit fini pour elles.

(Eugène Guillevic)

Illustration

 

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