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Poésie

Posts Tagged ‘se brouiller’

Une étendue de sable (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Une étendue de sable
La mer au loin. Du vent.

L’image se brouille

Tu te penches pour ramasser
un galet, puis deux

Tu récoltes avec soin
ces vieux témoins du monde

Comme s’ils pouvaient se fendre
et comme si ta chaleur
assurait leur survie

Tu me dis:
«C’est important, les galets»

Tu es belle.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Commencements (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Commencements

C’est en écoutant le chant
qu’entonne la plaine
que nous savons si notre regard
est un geste du dedans ou du dehors.

Le temps seul
n’est pas écriture
il n’occupera pas la plaine
de ce qu’elle a voulu dire.

Plus sûrement
corbeaux et soleils
recommenceront l’énigme
comme si se brouillaient indéfiniment
le commencement et la fin

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Quelle empoignade (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Eliette Graf
    
Quelle empoignade
dans le tilleul, entre
le vert qui se rebiffe

et la rouille de l’automne
entêté ! ça claque au
vent! ça se brouille !
ça grelotte ! ça proteste !

Où sont donc nos
anciennes cachettes,
si chaleureuses, si
discrètes? et nos

amours sans importance,
qu’ils seraient bien
venus, à présent!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Parfois (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
parfois

quand on est las
de marcher

que les champs de pierres
succèdent
aux champs de pierres

qu’il n’est plus de bornes
ni de critères
et que la ténèbre s’accentue

parfois

quand tout vacille
et se brouille
que l’on devient cet autre
que l’on ne peut rejoindre

qu’il faut poursuivre
encore
alors que s’est éteint
l’espoir de s’agenouiller
un jour près de la source

parfois

au fond de la douleur
et de la nuit

on aimerait tant
que s’achève le voyage

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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L’esprit se brouille de tant d’images (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

L’esprit se brouille de tant d’images
la plus haute poésie
est frappée
de pauvreté d’images
quand la lumière blanche
brille de son plus grand éclat
tous les objets s’effacent
le crâne comme un soleil

***

Many images blur the mind
the highest poetry
is stricken
with poverty of image
when the white light
is at its blindingest
all objects disappear
the skull like a sun

(Kenneth White)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

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A M. V. H. (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
A M. V. H.

Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.

(Alfred de Musset)

 

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Chaque poème, chaque phrase est Tout (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Gustav Klimt arbre de vie  tree-of-life-klimt-lg

Pareil effacement (le nôtre) ici, également, est exigé.
Quelles traces, qui ne se brouillent ?
Quel itinéraire, qui ne se perde dans le labyrinthe de la lecture ?
Parole hypocrite (la mienne) qui ne s’accepterait comme seuil.
Qui n’aurait autre but que de faire le silence.

Des débris, des miettes.
Le souffle du poème, le vertige de la phrase balaient glose, arguties.
L’intelligence est décimée.

Miraculeusement, la nuit elle-même éclairant
(insaisissable, muette évidence),
chaque poème, chaque phrase est Tout.

(Michel Leiris)

Illustration: Gustav Klimt

 

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À l’annonce du typhon (Sumitaku Kenshin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2015



typhon 9 [800x600]

À l’annonce
Du typhon
La radio se brouille.

(Sumitaku Kenshin)

Illustration

 

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Chant d’été (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Puits

Chant d’été

Il me revient, ce chant, du fond d’un puits obscur
D’où l’oeil bleuté de l’eau sous les cils d’ombre fraîche
Sans fin nous regardait quand nous nous penchions sur
La margelle, et c’était comme on mord une pêche.

J’entends, j’entends toujours cette voix maternelle
De l’eau qui chuchotait sa berceuse à nos fièvres
Pour étancher d’un chant la soif universelle
En mêlant sa nuit froide au soleil de nos lèvres.

Le vieux seau remontait en grinçant nos images
Qui bougeaient, se brouillaient et s’unissaient dans l’onde
Et quelquefois le vol d’un oiseau de passage
Baignait son reflet blanc dans la lumière blonde.

(Marc Alyn)

Illustration

 

 

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