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Poésie

Posts Tagged ‘se calciner’

UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sol brûlant (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Sol brûlant

Le soleil brûle les collines
Qui se calcinent
Dans le rire de l’été
Tout le soleil chante
Je le porte sur mes épaules
Dans un ciel d’un bleu torturé
Où je dessine des nuages paisibles

Sous un ciel métallique
Le sol transpire
La lumière endormie tout à l’heure
Chante maintenant
Dans mes mains

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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PIERRE LAVÉE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



PIERRE LAVÉE

Sensible par ses feuillets disjoints,
cette dalle de mer
se calcine dans sa solitude.

Houle proche, mousseuse lessive.

Un torse en mouvement s’en imprègne,
et soudain il ruisselle.

Oripeaux tissés d’un or indéfinissable : vrais ou faux ?
Qu’importe !
Le soleil d’octobre achève de tordre ses derniers linges.

Défroque glissant à vau-l’eau, écharpe nouée au cou du vent,
il donne libre cours à sa phobie lavandière.

Flux et reflux. L’acte et le geste.

Puis cette surprise des yeux.

Dans un brassage d’écume,
la pierre lavée n’est plus désormais
qu’un corps effervescent.

(Jules Tordjman)

Illustration: Dominique Van den Broeck

 

 

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TE DÉVÊTIR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Anna Razumovskaya  1600_629

Te dévêtir
aller vers encore plus de lumière et de brûlure
alors que tu m’aveugles déjà
et que tout de moi se calcine.

Et pourtant
il faut bien après cent chevauchées
que les nues de ma foudre
descendent vers la terre.

Il faut bien que je tombe
adorer tes genoux
et toucher la tiédeur scandaleuse
de ce nid de soleils.

(Alain Borne)

Illustration: Anna Razumovskaya

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