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Poésie

Posts Tagged ‘se casser’

Agates (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2018




    
Je me souviens des billes en terre qui se cassaient en deux dès que le choc était un peu fort,
et des agates, et des gros calots de verre dans lesquels il y avait parfois des bulles.

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Quand nous nous sommes aperçus (Nichita Stănescu)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018


 


 

Alla Chakir

Quand nous nous sommes aperçus,
l’air entre nous a soudain rejeté
l’image des arbres indifférents et nus
qu’il laissait le traverser.

Ô, nous nous sommes élancés, en nous appelant par nos noms,

l’un vers l’autre, et si vite,
que le temps se tassa entre nos poitrines,
et l’heure, blessée, en minutes se cassa ensuite.

J’aurais voulu te garder dans mes bras
tout comme je tiens le corps de l’enfance, dans le passé,
avec ses morts non répétées.
Et, avec mes flancs, j’aurais voulu t’embrasser.

(Nichita Stănescu)

Illustration: Alla Chakir 

 

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Il était un petit homme (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Il était un petit homme, pirouette, cacahouète
Il était un petit homme
qui avait une drôle de maison

Sa maison est en carton, pirouette, cacahouète
Sa maison est en carton
ses escaliers sont en papier.

Le premier qui y mont’ra, pirouette, cacahouète
Le premier qui y mont’ra
se cassera le bout du nez.

C’est le facteur qui y est monté, pirouette, cacahouète
C’est le facteur qui y est monté
il s’est cassé le bout du nez.

On lui a raccommodé, pirouette, cacahouète
On lui a raccommodé
avec du joli fil doré.

Le fil doré s’est envolé, pirouette, cacahouète
Le fil doré s’est envolé
le bout du nez s’est envolé.

Un avion à réaction, pirouette, cacahouète
Un avion à réaction
a rattrapé le bout du nez.

Mon histoire est terminée, pirouette, cacahouète
Mon histoire est terminée.
Messieurs, mesdames applaudissez.

(Anonyme)

Illustration: Manola C.

 

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Avec une auto… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Avec une auto…

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Avec une auto
On va tout de go
S’casser la figur’ contre un poteau
Si pour éviter
Un’ vieille, un curé
On fait un virage un peu forcé
Ou on s’ fait descendr’ par un taxi
Ah! quelle affair’!
Mais c’est bien plus rupin qu’ les acci…
Dents d’ chemin d’ fer!
C’est charmant,
Épatant
Une auto!
Une auto!
C’est le confort,
Le dernier mot du sport!
C’est pratique
Ultra chic
Viv’ l’auto!
Viv’ l’auto!
Viv’ la poussièr’
Et viv’ les courants d’air!
La quatrièm’ vitesse
Est vraiment un régal
Qui s’ termin’, je l’ confesse
Sur un lit d’hôpital
C’est rapid’
C’est splendid’
Une auto!
Une auto!
L’ dernier bateau
C’est un’ quarant’ chevaux!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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La chanson de la pâle filandière (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

Illustration: Louis Toffoli

    

La chanson de la pâle filandière

La pâle filandière
De ses doigts de mystère
File le lin des suaires,

Au fond du donjon mort,
Entre ses doigts retors,
Le lin froid des remords;

Au fuseau qui s’harasse,
Ainsi qu’une vie lasse,
Le lin s’embrouille et casse…

La filandière pâle,
Près du vitrail d’opale
Où la lune s’étale,

File. Lividement,
Comme un spectre d’amant,
L’astre s’en vient dément,

Pendant qu’un hibou crie,
Baiser ses mains maigries
Par le temps défleuries.

File pour ton amant,
Très pâle filandière,
De tes doigts de mystère
Un suaire d’argent.

(Marie Dauguet)

 

 

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Les chemins tremblants (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration
    
Les chemins tremblants de la senteur des trèfles
s’en vont dans le soleil l’un vers l’autre
avec des voitures hautes comme des maisons
avec des hommes qui ne peuvent pas mourir le jour.

Près des buissons débordant d’un peu d’ombre
des paysans muets mangent leur soupe trop salée.
D’autres dorment une demi-heure
le corps uni au levain chaud du sol.

La colline comme un coeur au-dessus des sources
qui se tranchent l’aorte avec des cailloux clairs
vient au village par des chemins de soleil.
La fenêtre n’a pas remué son aile entr’ouverte.

La lumière tête nue sommeille sur le lit défait
un enfant se roule avec les poules dans la poussière.
La clarté se casse comme un verre en plein ciel
et libère les arbres dans un beau jour d’été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le jour ne coupe plus (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Le jour ne coupe plus les carreaux noirs
d’où il est chassé sans le moindre éclair.
Le ciel est plus cassant, moins abrité
sur les terres amarrées par le gel.

Les murs sont pensifs comme des visages.
Les mains couvent des caresses démesurées
et la campagne n’approche des routes
que par quelques pas dans la neige.

Elle reste des jours sans une voix d’homme.
Parfois se casse le doigt sec d’une herbe
et le bruit s’en propage jusqu’à la ferme.
Le vent renifle la senteur du charbon

sort à la même heure nocturne
de sa chambre sans plafond
et l’on voit mieux les bords de la solitude
cerner la tache d’un front.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES SOMNAMBULES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



somnambules

LES SOMNAMBULES

Quand on est amoureux, on vit
A la façon des somnambules
Qui vont, plus légers que des bulles,
Sur le bord des toits, l’œil ravi.

Le bord glissant comme de l’huile
Est sûr et ferme sous leurs pas.
Le gouffre est là, qu’ils ne voient pas,
Au bout de la dernière tuile.

Ils marchent les bras en avant
Comme s’ils priaient leurs étoiles,
Et ne sentent pas dans leurs moelles
Monter le vertige énervant.

Débarrassés des lois physiques,
Un aveugle instinct les conduit.
Les précipices de la nuit
Ont pour eux de douces musiques.

La brise qui leur parle bas
A n’avoir pas peur les engage.
L’infini leur tient un langage
Que le monde ne comprend pas.

Soutenus par un souffle étrange
Ils cheminent, silencieux,
Gomme s’il allaient dans les cieux
Partir avec des ailes d’ange.

Ils vont ainsi jusqu’au moment
Où, d’un cri perçant leur oreille,
Quelqu’un qui les voit les réveille,
Et rompt le charme brusquement.

L’ange s’enfuit! Reste la bête,
Qui, soûle encor d’avoir rêvé,
Chancelle, et va sur le pavé,
Sanglante, se casser la tète.

(Jean Richepin)

 

 

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LE PLAT DE FAÏENCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



plat-brise-l

LE PLAT DE FAÏENCE

Notre amour fut semblable à ces plats de faïence
Où l’on voit des pays fantastiquement bleus.
Des oiseaux à trois becs, des arbres onduleux,
Des saints dont l’œil qui louche est ravi de croyance.

Des buveurs digérant un jambon de Mayence,
Des chiens verts sous lesquels on lit: Ce sont des leups.
Des chevaux imprévus au profil fabuleux,
Des rois enluminés d’une rouge vaillance.

Notre amour fut pareil, bizarre et précieux.
Un étrange pays sous d’impossibles cieux,
Un plat bariolé de rêve et de féerie.

Plus d’un mets savoureux y fut bien fricassé,
Nous y avons mangé des baisers, en frairie.
Mais je l’ai laissé choir par terre. Il s’est cassé.

(Jean Richepin)

 

 

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S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



J’ai vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement,
jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans.

Quelque chose s’était cassé dans mon moteur.
Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers,
je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile.
C’était pour moi une question de vie ou de mort.
J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours.

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée.
J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan.
Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé.

– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

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