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LE CRÉPUSCULE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Z:19 RD 98a GASSIN2ème marché 2008TravailDwgElev 01 Model

LE CRÉPUSCULE

Errant au crépuscule,
Parfois
Vous vous égarez dans le crépuscule…
Et d’autres fois pas.

En battant de vos poings
La muraille,
Vous vous brisez les os
Sur la muraille…
Et d’autres fois pas.

On sait qu’il est arrivé aux murailles
De s’écrouler,
Au crépuscule de se changer en aube,
Et aux chaînes de tomber.

***

Dusk

Wandering in the dusk,
Sometimes
You get lost in the dusk–
And sometimes not.

Beating your fists
Against the wall,
You break your bones
Against the wall —
But sometimes not.

Walls have been known
To fall,
Dusk turn to dawn,
And chains are gone!

(Langston Hughes)

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La légende des siècles (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Marianne Lemarchand

    
La légende des siècles

XVI
RACAN

Si toutes les choses qu’on rêve
Pouvaient se changer en amours,
Ma voix, qui dans l’ombre s’élève,
Osant toujours, tremblant toujours,

Qui, dans l’hymne qu’elle module,
Mêle Astrée, Éros, Gabriel,
Les dieux et les anges, crédule
Aux douces puissances du ciel,

Pareille aux nids qui, sous les voiles
De la nuit et des bois touffus,
Échangent avec les étoiles
Un grand dialogue confus,

Sous la sereine et sombre voûte
Sans murs, sans portes et sans clés,
Mon humble voix prendrait la route
Que prennent les coeurs envolés,

Et vous arriverait, touchante,
À travers les airs et les eaux,
Si toutes les chansons qu’on chante
Pouvaient se changer en oiseaux.

(Victor Hugo)

 

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RÉPANDU SUR LE PLANCHER (Zisho Landau)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




    
RÉPANDU SUR LE PLANCHER

J’ai répandu sur le plancher
Un peu d’alcool, et en silence
J’ai allumé sur le plancher
Ce peu d’alcool, et en silence
L’alcool aisément a brûlé
Aisément et calme a brûlé…

Tel au mur le bruit d’un grillon
En moi frappe et frappe un démon:
« En glaçon te changeront
Bientôt tes tremblantes mains. »
Si je réchauffe ma main droite
Gèle aussitôt ma main gauche,
Si je réchauffe ma main gauche
Gèle aussitôt ma main droite.

Et le démon, tel un grillon,
Frappe en silence, monotone,
«Comme tu es froid et vieux
Qui pourrait te réchauffer ?
Et bientôt s’éteint le feu –
Qui pourrait te réchauffer?
Tant qu’il en est temps encore
Étends vers le feu ton corps. »

Je m’étends, s’il en est temps,
Vers le feu, sur le plancher.
Je me chauffe et me réchauffe.
Si je chauffe mon côté gauche
Se glace mon côté droit,
Si je chauffe mon côté droit
Se glace mon côté gauche
Et le démon, tel un grillon,
Frappe sans fin le silence.

(Zisho Landau)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maintenant (Edgar Allan Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



 

Maintenant, cependant que le Destin approche
et que les Heures respirent à peine,
les sables du Temps se changent en grains d’or.

(Edgar Allan Poe)

 

 

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Que faire avec ce qui est flétri ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Que faire avec ce qui est flétri ?
Le cacher, l’enterrer
ou le placer comme une fleur
entre les feuilles d’un livre ?

Ce qui est flétri préfère rester en nous,
tomber, se réfugier ici
jusqu’à se changer en poussière.
Alors cela fait déjà partie de nous
et accompagne notre flétrissement.

Et nous, sur qui tomberons-nous ?
Où poursuivre notre dérive vers la poussière ?
Y a-t-il pour nous garder un autre endroit
où la poussière fleurirait
derrière tant d’ombre ?

Il suffit, qui sait, d’un endroit moins furtif
où un rayon de soleil éclaire la poussière.
Il se peut que toute flétrissure
n’attende seulement
que ce coup de lumière.

***

¿ Qué hacer con lo marchito?
¿ Esconderlo, enterrarlo
o ponerlo como una flor
entre las hojas de un libro?

Lo marchito prefiere estar en nosotros,
caer, refugiarse aquí,
basta que se convierta en polvo.
Entonces ya forma parte de nosotros
y nos acompaña a marchitarnos.

Y nosotros ¿en quién caeremos?
¿ Dónde proseguir nuestra deriva hacia el polvo?
¿ Habrá otro lugar para guardarnos,
donde el polvo florezca
detrás de tanta sombra?

Tal vez baste un sitio menos furtivo
donde un rayo de sol alumbre el polvo.
Quizá todo lo marchito
espere únicamente
ese golpe de luz.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Nos corps endormis (Shan Sa)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019




    
Nos corps endormis
Se changent en ruisseau

(Shan Sa)

 

Recueil: Le vent vif & le glaive rapide
Traduction:
Editions: William Blake & CO. Edit.

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Ce moment partagé (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Ce moment partagé, nous nous en souviendrons
Un jour, comme d’un mont par-delà les nuages,
Où tout demeure en soi et se change en son autre :
Arbre en fleur chant de source, feuille au vent papillon.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui s’étrangle s’étrange (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



    

Qui s’étrangle s’étrange ; mais qui
se laisse étrangler n’est plus étranger.

Qui se tue se mue ; mais qui
se laisse tuer n’est plus muet.

Qui se saoule s’esseule ; mais qui
se laisse saouler n’est plus seul.

Qui se pend se vend ; mais qui
se laisse pendre n’est plus à vendre.

Qui s’ennuie se nuit ; mais qui
se laisse ennuyer sort de la nuit.

Qui se frappe s’entrappe ; mais qui
se laisse frapper sort des trappes.

Qui mange se change ; mais qui
se laisse manger est ange.

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes

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Pour la belle Isabelle (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Pour la belle Isabelle

1
Pour la belle Isabelle
Et Jeanne et Suzon,
Pour Lucie pour Marcelle,
Que de beaux garçons
Perdirent leurs beaux jours,
Beaux jours, beaux amours,
Illusions vaines
Qui se chang’nt en peine.
Car chacun d’entre eux aurait pour chacune
Pris le soleil et décroché la lune
Pour teindre leur robe eût donné son sang
Peine perdue, soins épuisants.

Refrain
Malin celui-là qui pour plaire aux belles
Fait tout ce qu’il faut pour être aimé d’elles
Malin celui-là qui satisfait celles
Que mille choses ne satisfont.

2
Bien volontiers les femmes
Se font prendre au mot
Fou celui qui les blâme
Et souffre leurs maux
Tout ce qui brille est d’or
Et vienne la mort

3
Vive un mensonge
Si c’est un beau songe.
Celui dont l’amour est fort et sincère
Souvent maladroit, ne sait pas quoi faire
Pour être aimé en vain il s’évertue
Soins épuisants, peines perdues.
Celui-là s’évertue
À de grands travaux
Il s’épuise, il se tue.
Oui, mais ses rivaux
N’ont qu’à cligner des yeux
La belle est à eux
Battez campagne
Qui méprise gagne.
C’est jeu de dupes, et pourtant pour elles
C’est un jeu qui vaut toutes les chandelles
L’amour à son gré sait brouiller les cartes,
Verser du sel sur une tarte.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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HORIZON (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
HORIZON

Je le saisis d’un doigt :
il brûle mes deux paumes.
Je le mets à l’étroit
dans mes yeux, ce fantôme :
il va me les crever,
c’est un tigre farouche.
Je lui parle en privé :
il m’arrache la bouche.
Je m’installe en sa peau :
il a mille pelages,
car à chaque propos
du poète ou du sage,
il se change en bison,
en chienne, en salamandre,
en colombe ! Horizon,
je renonce à comprendre.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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