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Poésie

Posts Tagged ‘se coller’

Le simple bonheur (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2019



    
le simple bonheur d’une peau qui se colle à une autre peau !

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Ce n’est pas moi qui crie (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Ce n’est pas moi qui crie

Ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.
Attention, attention, le diable est devenu fou!
Blottis-toi au creux des sources,
colle-toi contre la vitre,
cache-toi derrière les feux des diamants,
sous des pierres, parmi des insectes,
oh, cache-toi dans le pain à peine sorti du four,
0 toi, mon pauvre,
pénètre dans la terre avec l’averse fraîche
C’est en vain que tu plonges ta face en toi-même,
tu ne peux la laver que baignée en une autre.
Sois la mince nervure d’une herbe,
et tu seras plus grand que l’axe de ce monde.

0 machines, oiseaux, frondaisons, étoiles,
notre mère stérile, en suppliant, réclame des enfants.
Ainsi, ô toi, mon pauvre,
que ce soit terrible ou bien merveilleux,
ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.

(Attila Jozsef)


Illustration

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LES MOUCHES (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LES MOUCHES

Les mouches d’aujourd’hui
ne sont plus les mêmes que les mouches d’autrefois
elles sont moins gaies
plus lourdes, plus majestueuses, plus graves
plus conscientes de leur rareté
elles se savent menacées de génocide
Dans mon enfance elles allaient se coller joyeusement
par centaines, par milliers peut-être
sur du papier fait pour les tuer
elles allaient s’enfermer
par centaines, par milliers peut-être
dans des bouteilles de forme spéciale
elles patinaient, piétinaient, trépassaient
par centaines, par milliers peut-être
elles foisonnaient
elles vivaient
Maintenant elles surveillent leur démarche

les mouches d’aujourd’hui
ne sont plus les mêmes que les mouches d’autrefois

(Raymond Queneau)

 

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Ainsi on se retrouve (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



    Illustration: Francis Saint-Géniès 

 

  

 

Ainsi on se retrouve
face à face
poitrine contre poitrine
ventre contre ventre
on se colle, on se mélange
on se ramasse, on s’allonge, on s’enroule
on s’éloigne, on se rapproche
on se repousse, on s’attire
on tremble
on transpire
jusqu’à la

délivrance

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Toutes les fois que le veux vivre (Halina Poswiatowska)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



toutes les fois que le veux vivre je crie
quand la vie me quitte
je me colle à elle
je lui dis – vie
ne t’en va pas encore

sa main chaude dans la mienne
mes lèvres à son oreille
je chuchote

vie
– comme si la vie était quelqu’un qu’on aime
et qui veut partir –

je me pends à son cou
je crie

je mourrai si tu pars

(Halina Poswiatowska)

Découvert chez Lara ici

 

 

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LE VOLEUR DE GLOIRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



LE VOLEUR DE GLOIRE

Dans la rue échevelée où je cherchais fortune,
une feuille, descendue du ciel,
est venue soudain se coller sur mon front.
Une feuille qui sentait le vert.
Une feuille, et tout le monde m’a regardé.
Tout le monde m’a regardé soudain. Etait-ce de l’envie ?
Non, bien plutôt de la sévérité et du mépris.
Et chacun me jaugeait,
me jugeait à ma juste valeur, ma piètre valeur.

(Jean Rousselot)

 

 

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LA FORTERESSE DES OMBRES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



LA FORTERESSE DES OMBRES

Cûchulainn chante :

J’ai fait un voyage, ô Loegaire,
un voyage à la terre des Ombres.
La forteresse des Ombres avait des serrures de fer,
mais j’y ai posé la main.

Sept murs entouraient la cité,
haineuse était cette forteresse,
une palissade en fer sur chaque mur,
sur laquelle sept têtes étaient fichées.

Il y avait des portes de fer de chaque côté,
mais ce n’était pas même une défense contre des femmes,
je les ai frappées avec mon pied
si bien qu’elles sont tombées en morceaux.

Il y avait une fosse dans la forteresse,
celle du roi, disent-ils.
Dix serpents jaillissaient
de ses bords. Ce fut un haut fait.

Je courus vers eux,
et bien que leur nombre fut grand,
je les mis en morceaux
entre mes deux pouces.

Il y avait une maison pleine de crapauds
qui s’avancèrent vers nous.
C’étaient des bêtes à la tête pointue,
ils se collèrent à mon visage.

Des monstres horribles comme des dragons
furent lachés contre nous.
Puissants étaient leurs sortilèges.
Bien qu’ils (fussent terribles),

je courus vers eux
et lorsque je (les atteignis) ,
je les réduisis en petits morceaux
entre mes deux paumes

Il y avait un chaudron en cette forteresse.
Il ruisselait d’or et d’argent, quelle splendide découverte !
Ce chaudron (nous) fut donné
par la fille du roi.

Nous emmenâmes trois vaches.
Elles nagèrent sur la mer.
Il y avait un chargement d’or
pour deux hommes sur leur dos.

Quand nous partîmes sur l’océan
qui était vaste, vers le nord,
les hommes de mon bateau furent noyés
par la cruelle tempête.

Alors je portai,
bien que ce fût dangereux,
neuf hommes sur chacune de mes mains,
trois sur ma tête

et huit sur mes deux flancs,
accrochés à mon corps.
Ainsi je nageai sur la mer
jusqu’à parvenir au port.

Livre de la Vache Brune.

(Poésie Irlandaise)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Voici le cabinet charmant (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



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Voici le cabinet charmant
Où les Grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite
J’éprouve un doux saisissement.
Tout m’y rappelle ma maîtresse,
Tout m’y parle de ses attraits ;
Je crois l’entendre ; et mon ivresse
Ce bouquet, dont l’éclat s’efface,
Toucha l’albâtre de son sein ;
Il se dérangea sous ma main,
Et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs,
Qui formaient hier sa parure,
De sa flottante chevelure
Conservent les douces odeurs.
Voici l’inutile baleine
Où ses charmes sont en prison.
J’aperçois le soulier mignon
Que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement…
Il a couvert tout ce que j’aime ;
Ma bouche s’y colle ardemment,
Et croit baiser dans ce moment
Les attraits qu’il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux
De Vénus sans doute est l’empire.
Le jour n’y blesse point mes yeux ;
Plus tendrement mon cœur soupire ;
L’air et les parfums qu’on respire
De l’amour allument les feux.
Parais, ô maîtresse adorée !
J’entends sonner l’heure sacrée
Qui nous ramène les plaisirs ;
Du temps viens connaître l’usage,
Et redoubler tous les désirs
Qu’a fait naître ta seule image.

(Évariste de Parny)

 

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