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Poésie

Posts Tagged ‘se complaire’

Serrer de près son souffle (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Serrer de près son souffle
et se complaire en son corps,
certes, mais comment demeurer
prisonnier de soi-même
toute une vie avide ?
Fermer les yeux, toucher autrui.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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Sache, plaine (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Sache, plaine,
Que jamais je ne te vois
De près ou de loin

— Et j’aime aussi
Tе voir de haut —

Jamais je ne te vois
Sаns être tout entier
Enveloppé par toi

Et nous enfonçant
Dans des profondeurs
Où toi aussi tu te complais.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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A la mer (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



A la mer

Mer! ô miracle trépidant!
De la mélancolie
Où se complaît ton chant
Enveloppe mon âme! Elle aspire à la vie.
Bannis de mon cœur endurci, de son tréfonds,
Tout cet univers d’ombre et d’obtuses chansons.
Trop lâche est l’humaine nature.
Rare celui qui se mesure
A ton secret pouvoir!
Et si l’obscurité m’entoure et me fait choir,
Elle m’imposera ma sépulture,
Me fera dépérir,
Mourir à petit feu, patiente et tenace.
Cette fin qui menace
Tarde à venir.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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Ô, POÉSIE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017




Ô, POÉSIE

Et toujours un peu de théâtre malgré soi,
Pour leur complaire et se complaire.
Car il est passé dans nos veines
Le vieux poison de la beauté !

Plus facile est de démêler
Du bois le faon, du vent la rose
Que de l’art la vérité.

O, Poésie, intolérable dévoiement !
Que faire des joyaux dont tu emplis nos cales ?
Que faire de la terreur provoquée par nos chevaux ?

Pour avoir confondu la coquille et l’oreille,
La mer et la rumeur marine de la vie,
Beurrés d’or, emplumés de mots et de merveilles,
Jamais nous n’atteindrons notre pré-Colombie.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Il est celui de nous qui a quitté le masque (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2016



Il est celui de nous
Qui a quitté le masque,

Au moins pendant le temps
Qu’il s’immole à son rire.

Ce temps passé,
Il ne sait plus quoi faire
De son visage, descendu
Trop bas pour lui.

Comme puni
D’avoir permis à tous

De se complaire
A leur sérieux.

(Guillevic)

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Le maître fait de ses paroles (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2015



Le maître fait de ses paroles
pliées à son gré
un souple vêtement où il s’abrite
puis se délie des enfants
rendus au jour Chaque route
est devenue promesse la lumière
déborde d’un fouillis de tremblements
Quelqu’un a dessiné sur la vitre
des signes maladroits
Dans une corbeille des fruits
cueillis se complaisent
dans une félicité antérieure

(Georges Bonnet)

 

 

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APPARENCES (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2015



 

APPARENCES

L’eau que je bois dans ce verre
Etait nuage et reflet,
Mon âme s’y désaltère
Et ma bouche s’y complaît.

Une goutte de rosée
Pendait à la corniche du ciel
Comme le diamant d’une pensée
Brille à la gorge de l’éternel.

Le reflet que me renvoie
La profondeur de ce puits
Est une larme qui luit
Dans l’azur où je me noie.

Bois ce reflet, cette goutte,
Et lève les yeux au ciel
Vers cette vérité qui s’ajoute
A l’apparence du réel.

(Franz Hellens)

Illustration

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Hautbois (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2015



 

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Hautbois

Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures
mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.

Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire naît.

***

Oboe
Ci son ore rare
che ogni apparenza dintorno vacilla s’umilia scompare
come le stinte
quinte
d’un boccascena, ad atto finito, tra il parapiglia

I sensi sono intorpidi,
Il minuto si piace di sè ;
E nasce nei nostri occhi un po’ stupiti
Un sorriso senza perché.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Epouser l’attente (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2015


 


 

Giampaolo Ghisetti -  (25)

Epouser l’attente

Il attendait d’une attente harassante, que les heures n’achevaient point.
Elle habitait son jour, elle habitait sa nuit. Il était clos dans l’attente.
Elle veillait avec lui. Il atteignit ainsi une extrême intimité avec l’attente.
Il se complut avec elle. Il épousa l’attente.
II attendit toujours, mais il n’attendait point.
Il avait épousé l’attente,

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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