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Poésie

Posts Tagged ‘se contenter’

L’amour (Marc Porcu)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    

L’amour

L’amour partage équitablement l’ombre et la lumière
l’amour unit les corps dans le prolongement vital de la sève

l’amour déjoue l’arbitraire des signes et tend la main vers la création du monde
l’amour se contente de peu car il est tout dans le seul souffle de sa présence

la force de l’amour accepte la faiblesse car elle est sans faille

l’amour peut-être est un flocon de neige sur les dunes du désert
le regard de la lune dans la chambre noire

l’amour est le nombril du monde et la terre en est l’oracle craquelé
l’amour n’a rien à cacher sa veine secrète bat dans la pierre dénudée

l’amour est l’horizon de toute attente et le rivage bleu de la nuit
l’amour est le vertige de l’instant et la danse du silence

l’amour est un sourire qui vient de loin dans l’avènement du visage
l’amour est un nom qui dort dans le grain inouŽ de la voix

l’amour est un nom qui affleure dans le vélin des voiles gonflé sous les étoiles
l’amour est l’écume du désir vibrant à fleur de peau

(Marc Porcu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le cerisier derrière la maison (Morten Søndergaard)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2020



    
Le cerisier
derrière la maison
est en fleurs.
Personne ne l’a vu,
mais maintenant
c’est fait.
Et voilà que
je pense
aux cerises noires
que nous avons mangées
de cet arbre
l’an passé.
Et elles me font
souhaiter
que le temps
aille plus vite,
pour que les cerises
soient bientôt mûres.
En même temps je souhaite
aussi
que le temps reste
immobile,
pour que je puisse
continuer à
regarder
les fleurs du cerisier.
Mais le cerisier
se fiche
de ces histoires.
Il se contente de rester
immobile,
comme un enfant
heureux
qui vient
juste
de prononcer
son premier
mot :
Cerise.

***

Kirsebærtræet
bag ved huset
er sprunget ud.
Ingen så det,
men nu
er det sket.
Jeg kommer
til at tænke
på de sorte kirsebær,
vi spiste
fra det træ
sidste år.
Og de far mig
til at ønske,
at tiden
gik hurtigere,
så kirsebærrene
snart blev modne.
Samtidig ønsker jeg
også,
at den skal
stå stille,
så jeg kan
blive ved
med at se
på kirsebærblomsterne.
Men kirsebœrtræet
bekymrer sig ikke,
om den slags.
Det står bare
stille,
som et lykkeligt
barn,
der lige
har sagt
sit første
ord:
Kirsebær.

(Morten Søndergaard)

 

Recueil: Trois poètes danois
Traduction: Christine Berlioz / Laila Flink Thullesen
Editions: du Murmure

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L’homme et le chien (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




L’homme et le chien

Il ne voyait rien, il ne cherchait rien,
Il se contentait d’avoir un grand chien

A qui il parlait, à qui il riait
Comme à un ami qui lui ressemblait.

A deux, ils formaient sûrement quelqu’un,
Quelqu’un de très bon, quelqu’un de très bien

Traversant la vie sans souci aucun,
Simplement content d’être très content,

De ne désirer rien d’autre vraiment
Que d’être ici-bas un homme et un chien.

(Maurice Carême)

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Mystique (Michel de Certeau)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018






Est mystique
celui ou celle
qui ne peut s’arrêter de marcher
et qui,
avec la certitude de ce qui lui manque,
sait de chaque lieu et de chaque objet
que ce n’est pas ça,
qu’on ne peut résider ici,
ni se contenter de cela.

(Michel de Certeau)

Illustration: Georges Antoine Rochegrosse

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Tu crois piéger (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: René Magritte
    
Tu crois piéger le temps dans les plis de ta toge,
et la parole en toi comme un oiseau en cage.

Comme les poètes et les accoucheurs, contente-toi
d’aider ce qui vient tout seul.
Dors quand tu dors,
danse quand tu danses.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vie, c’est comme une dent (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




La vie, c’est comme une dent

La vie, c’est comme une dent
D’abord on n’ y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie

(Boris Vian)

Illustration

 

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L’eau (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
L’eau sans forme,
prend toutes les formes,
se contente de toutes.

(Roger Munier)

 

Recueil: Proverbes
Traduction:
Editions: Atelier La Feugraie

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Je me contente de regarder (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
– Je me contente de regarder.

de regarder ce lieu
de regarder dans ce lieu
et tout à la fois
dans les circuits de mon cerveau

dans les aubes de l’été
dans les soirs dorés de l’automne
dans les brumes glacées de l’hiver

(Kenneth White)

 

 

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J’AI PARLE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
J’AI PARLE

J’ai beaucoup parlé avec moi-même,
avec les autres et même avec les choses.
C’est seulement avec Dieu lui-même
que je n’ai pas eu l’occasion d’échanger de propos.
C’est pourquoi, peut-être, c’est bien peu
qu’il doit savoir de moi. Il s’est contenté de ce
que lui ont transmis ses fleurs.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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AVANT (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



    

AVANT

Avant que la mort vienne,
écrire encore
un poème soigné,
avec de l’herbe
toute nue, un morceau
de ciel bleu et
des fleurs et des oiseaux
pour que ça bouge.

Que rien ne pleure, surtout
pas de pluie grise,
mais des femmes légères
et qui agitent
leurs jambes font rouler
leurs lèvres rouges
sur des mots ronds qui fondent

car tout va s’effacer
la vie se perdre,
si rien dans le poème
ne continue
comme un petit vent plein
de secrets et
qui ne souffle mot, mais
se contenterait

de respirer tout bas.

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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