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Poésie

Posts Tagged ‘se croire’

La nuit tambourine à la porte (Francis Valette)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: John Henry Fuseli
    
La nuit tambourine à la porte
Nos échecs
Veulent une place dans le lit

La nuit se repaît
Nos peurs
Prennent toute la couette

La nuit gronde
Nos secrets
Mettent la tête sous l’oreiller

Se croyant à l’abri
Des délires et des suées

Du sérum de vérité
D’une nuit agitée

(Francis Valette)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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J’ai connu beaucoup de chemins (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Illustration: Louis-Philippe Kamm
    

J’ai connu beaucoup de chemins,
j’ai tracé beaucoup de sentiers,
navigué sur cent océans,
et accosté à cent rivages.

Partout j’ai vu
des caravanes de tristesse,
de fiers et mélancoliques
ivrognes à l’ombre noire

et des cuistres, dans les coulisses,
qui regardent, se taisent et se croient
savants, car ils ne boivent pas
le vin des tavernes.

Sale engeance qui va cheminant
et empeste la terre…

Et partout j’ai vu
des gens qui dansent ou qui jouent,
quand ils le peuvent, et qui labourent
leurs quatre empans de terre.

Arrivent-ils quelque part,
jamais ne demandent où ils sont.
Quand ils vont cheminant, ils vont
sur le dos d’une vieille mule;

ils ne connaissent point la hâte,
pas même quand c’est jour de fête.
S’il y a du vin, ils en boivent,
sinon ils boivent de l’eau fraîche.

Ce sont de braves gens qui vivent,
qui travaillent, passent et rêvent,
et qui un jour comme tant d’autres
reposent sous la terre.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Les hommes se croient libres (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
Les hommes se croient libres
pour cette seule cause qu’ils sont conscients de leurs actions
et ignorants des causes par où ils sont déterminés.

(Baruch Spinoza)

 

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PAR UN APRÈS-MIDI COUVERT (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018




    
PAR UN APRÈS-MIDI COUVERT

Il fait si sombre…
Je me crois en Enfer.

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

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Ne soyez pas Robinson (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Ne soyez pas Robinson

1
On s’ connaît mal dans l’existence
Et d’puis trois mois que nous avons
Par un beau soir fait connaissance
Je ne sais mêm’ pas votre nom.

Refrain 1
Si vous êtes Adam, moi je suis Eve
Eve
Si vous êtes Roméo, je serai Juliette
Juliette
Et si vous êtes Paul, je suis Virginie
Nie
Si c’est vous Daphnis, je suis votre Chloê
Mais vous n’êtes pas Robinson
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi

2
On a des rêv’s dans la cervelle
On vit dans un monde idéal
Celle-là se croit jeune et belle
Celui-là qu’il est général.

Refrain 2
Soyez Napoléon, moi Joséphine
fine
Êtes-vous Charles le fou, je veux être Odette
Odette
Devenez Henri IV et moi Gabrielle
elle
Dimanche c’est vous? J’ vous suis, je suis Lundi
Mais ne soyez pas Robinson.
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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L’INSTANT (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
L’INSTANT

Mais où sont-ils passés, les siècles et les rois?
Et l’herbe exterminée aux sabots du barbare,
Et les sabots exterminants? et la cithare
Héroïque, et l’arbre d’Adam, et l’autre Bois?
Seul est vrai le présent, ce désert. La mémoire
Bâtit le temps. L’horloge et le calendrier
Ont la succession et le dol pour métier.
L’année est simulacre aussi bien que l’histoire.
Entre l’aube et la nuit un abîme d’efforts
S’ouvre, et de soins et de lumières et de morts;
Faussement il se croit le même, ce visage
Qui se cherche aux miroirs fatigués de la nuit.
Pas d’autre ciel, et d’autre enfer pas davantage,
Que la mince seconde à tout jamais qui fuit.

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: L’or des tigres
Traduction: Ibarra
Editions: Gallimard

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Même la tortue (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017




    
Même la tortue
se croit sans doute parfois composée d’étincelles…
Qui dit qu’elle a tort ?

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Que tant de choses l’habitent (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Que tant de choses
L’habitent,
Il n’en revient pas.

Il se croyait
Beaucoup plus simple.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Luc Guillermo

 

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Livrez vos mains aux miennes (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2017



 


Livrez vos mains aux miennes,
Ecoutez la rumeur :
Nos âmes attardées
Viennent de leurs frontières.

Voici qu’elles se touchent.
C’est l’ombre et la lumière
Qui se croient immobiles
Et tremblent de changer.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

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Aussi bien je me dirais joyeux (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



 

Bruno Walpoth 02

Aussi bien je me dirais joyeux,
Car la joie est subtile et fait mal
– La pluie en fils soyeux
Traîne sur l’horizon pâle.

Aussi bien je me croirais aimé,
Car l’amour est étrange et cruel
– Le soleil d’un rire enflammé
Met du sang au bord du ciel.

J’ai honte et j’ai hâte de vivre
Dans le deuil et la mort du monde,
Je ne sais quelle route suivre;
Mais j’entends mourir les secondes!…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Bruno Walpoth

 

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