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Poésie

Posts Tagged ‘se déchaîner’

En toi la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)

Illustration: Man Ray

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Laisse les molécules se déchaîner (Christian Morgenstern)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Laisse les molécules se déchaîner,
et jouer le sort du monde aux dés!
Laisse aussi sophistication et emphase,
ne préserve que l’extase!

***

Laß die Moleküle rasen,
was sie auch zusammenknobeln!
Laß das Tüfteln, laß das Hobeln,
heilig halte die Ekstasen!

(Christian Morgenstern)


Illustration

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Oui, le voilà ! (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Oui, le voilà ! Il éveille ce soir
Des pensées douces, qui ne mourront pas
Et les feux du coeur flambent aussi vifs
Que dans les années écoulées ! —

Et je devine à ta joue altérée,
A ton regard de braise,
Aux paroles qu’à peine tu prononces,
Comme l’imagination se déchaîne —

Oui je jurerais que ce vent splendide
A balayé l’univers
A chassé de ton âme son souvenir
Comme du flot les bulles d’écume —

Et là maintenant tu es un esprit répandant
Ta présence en toute chose —
L’essence du tumulte de la Tempête
Et de son apaisement —

Une influence universelle
Libérée de la Tienne propre —
Un principe de vie intense
Perdue pour le mortel —

Aussi quand ce sein sera froid, en vérité
Ton âme prisonnière montera
je cachot se mêlera à l’humus —
La captive aux ciels —

***

Aye there it is ! It wakes tonight
Sweet thoughts that will not die
And feeling’s fires flash all as bright
As in the years gone by ! —

And I can tell by thine altered cheek
And by thy kindled gaze
And by the words thou scarce dost speak,
How wildly fancy plays —

Yes I could swear that glorious wind
Has swept the world aside
Has dashed its memory from thy mind
Like foam-bells from the tide —

And thou art now a spirit pouring
Thy presence into all —
The essence of the Tempest’s roaring
And of the Tempest’s fall —

A universal influence
From Thine own influence free —
A principle of life intense
Lost to mortality —

Thus truly when that breast is cold
Thy prisoned soul shall rise
The dungeon mingle with the mould —
The captive with the skies —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Epilogue (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Epilogue

(La joie de vivre, c’est peut-être la libération. Ibsen)

Que la vie rutilante ou sombre se déploie,
L’âme ouverte, accueillons,
Avec des pleurs d’amour, avec des cris de joie,
Son ombre et ses rayons.

Que la tempête ardente où la nuit se déchaîne,
Courageux alcyons,
Impétueusement consentants, nous entraîne
Dans ses noirs tourbillons.

Aimons le tendre Avril ouvrant les primevères
De ses baisers déments;
Aimons l’été si lourd qui pèse sur la terre
Ainsi qu’un corps d’amant;

L’automne sensuel et trouble qui chancelle
Des grappes dans les mains
Et qui meurtrit les coeurs en ses paumes cruelles,
Comme il fait des raisins.

Aimons, quand vient l’hiver, écouter ce rhapsode
Sinistre, le vent fou,
Accompagnant au bois où des fantômes rôdent,
Les hurlements des loups.

Aimons tous les labeurs; dans la glèbe rugueuse
Dont s’effritent les blocs,
Enfonçons en chantant et d’une main fougueuse,
La charrue à plein soc.

Aimons, au fond du soir qui rêve, la cadence
Lointaine des fléaux,
Et par les matins frais l’envol qui se balance,
Courbant les blés, des faux.

Aimons tout de la vie, adorons jusqu’aux larmes
L’amour mystérieux;
Obéissons au rite où le désir s’acharne,
Comme au geste d’un dieu.

Ne soyons point celui qui recule et se cache,
Et, d’avance vaincu,
Craint d’aimer, de souffrir, de créer, c’est un lâche,
Il n’aura point vécu!

(Marie Dauguet)

 

 

 

 

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Lumière (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



 

Lumière, ma lumière, emplissant le monde,
frôlant les yeux de son baiser, lumière douce au coeur!

Ah! la lumière danse, mon aimé, au centre de ma vie;
la lumière, mon aimé, rythme les accords de mon amour;

le ciel s’ouvre, les vents se déchaînent, un rire fait tressaillir la terre.
Les papillons ouvrent leurs ailes sur la mer lumineuse.
Lis et jasmins surgissent sur la crête des vagues de lumière.

La lumière, mon aimé, projette des bris de dorure
sur chaque nuage éparpille à profusion ses pierreries.

L ‘allégresse court de feuille en feuille, mon aimé, une gaieté sans mesure.
La rivière céleste a noyé ses rives et le flot de la joie s’est répandu tout alentour.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Alfred Sisley

 

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PERTINAX (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2015



 

PERTINAX

Que les nuages informes pullulent!
Et que le chaos se déchaîne!
J’attends que la forme apparaisse.

(Robert Frost)

 

 

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