Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se déclencher’

Tu étais en friche (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
   
tu étais en friche
ne savais où aller
quelle direction prendre

tu te harcelais
mais rien
ne se déclenchait

un lourd ennui
te plombait le visage
et ce qui rongeait en toi
ne te laissait aucun répit

semaine après semaine
revenaient ces dimanches d’hiver
où le temps s’effondrait

(Charles Juliet)

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Le lézard (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Le lézard, s’il s’élance
sous la grande ardeur
d’entre les chaumes —

la voile, quand elle gonfle
et s’abîme au saut
du rocher —

le canon de midi
plus ténu que ton coeur
et le chronomètre s’il
se déclenche sans bruit —

alors? Lueur d’éclair

vainement vous transmue en chose
riche et singulière. Tout autre était ta marque.

***

Il ramarro, se scocca
sotto la grande fersa
dalle stoppie –

la vela, quando fiotta
e s’inabissa al salto
della rocca –

i1 cannone di mezzodi
più fioco del tuo cuore
e il cronometro se
scatta senza rumore –

e poi? Luce di lampo
invano puô mutarvi in alcunché
di ricco e strano. Altro era il tuo stampo.

(Eugenio Montale)

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L’amour bref (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
L’amour bref

Avec quelle douceur lisse
il me lève du lit où je rêvais
à des plantes profondes parfumées,

il promène des doigts sur la peau et me dessine
dans l’espace, en suspens, jusqu’à ce que se pose
le baiser courbe et récurrent

afin que se déclenche à feu doux
la danse cadencée du bûcher
nous enlaçant par rafales, par hélices,
aller et retour d’un ouragan de fumée —

(Pourquoi, ensuite,
ce qui reste de moi
n’est qu’un naufrage dans des cendres
sans un adieu, sans autre chose que le geste
de libérer les mains ?).

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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RÉPIT EN JUILLET (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



RÉPIT EN JUILLET

Il est couché sous les grands arbres
et là-haut lui aussi. Il se répand en milliers de rameaux,
se balance d’avant en arrière,
assis sur un siège éjectable qui se déclenche dans l’instant.

Il est là-bas près des pontons, cligne des yeux lorsqu’il regarde l’eau.
Les pontons vieillissent plus vite que les hommes.
Ils ont du bois argenté et des pierres dans le ventre.
La lumière aveuglante s’y enfonce pourtant.

Il vogue tout le jour dans un bateau ouvert
sur les baies étincelantes
finit par s’endormir dans une lampe bleue
tandis que les îles rampent sur le verre, comme de grands papillons.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Tu fus quelques saisons (Frédéric Musso)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2016



Tu fus quelques saisons avant que se déclenche la mécanique des corolles.
Les poèmes sonnaient clair sous la marquise de la nuit.
Des mots de compagnie rendus à la vie sauvage s’ébrouaient dans la blancheur du papier.

(Frédéric Musso)

Découvert ici: https://lettresdirlandeetdailleurs.wordpress.com/

 

 

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