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Poésie

Posts Tagged ‘se défaire’

Noël (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022




    

Noël

Ni ici ni maintenant. Vaine promesse
D’autre chaleur et nouvelle découverte
Elle se défait sous l’heure où la nuit tombe.
Des lumières brillent dans le ciel ? Elles ont toujours brillé.
De cette vieille illusion nous nous désabusons :
C’est le jour de Noël. Rien ne se passe.

***

Natal

Nem aqui, nem agora. Vã promessa
Doutro calor e nova descoberta
Se desfaz sob a hora que anoitece.
Brilham Jumes no céu? Sempre brilharam.
Dessa velha iluso desenganemos:
É dia de Natal. Nada acontece.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Sur la plage abaissée la vague meurt (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Sur la plage abaissée la vague
Meurt et se défait en crissant.
Je regarde: rien ne m’arrive
Quе d’être en train de voir la mer.

La mer, dit-on, prie par cantiques,
La vague est dentelle et velours,
Mais les poètes romantiques
Ont déjà vendu tout cela.

Ainsi devant la mer réelle
Et les vagues telles qu’ici,
Je trouve tout très naturel.
Des vers ? Un autre les fera…

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Se défaire lentement de tout geste (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020



Illustration: Odilon Redon

    
Se défaire lentement
de tout geste
Se donner le silence
sans choisir la mort
Avec l’espoir
de tout revivre
plus tard
une fois encore

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas de porte mystérieuse (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Julie Heffernan        [1280x768] [1280x768]

Il n’y a pas de porte mystérieuse
Par où passer de la nature à l’homme
Il n’y a pas d’arbres où battent les feuilles
Sans évoquer un coeur qui se compose

Qui se défait pour renaître au printemps

(Paul Eluard)

Illustration: Julie Heffernan

 

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Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude. Ils ne sont pas
forcément méchants, ils ne sont pas forcément sournois. La
solitude s’abat sur eux comme l’aigle fond sur sa proie,
l’enfant sur sa glace, la glace dans sa main. On ne choisit
pas la solitude comme on choisit framboise: c’est elle,
framboise, qui vous choisit comme cône.

La solitude n’est pas une maladie, elle ne s’attaque pas
aux fonctions vitales. Pas de symptôme, pas de traitement:
autour de soi le lien se défait et l’on reste seul au bord
de la route, dans le fossé, comme la casserole détachée du
pare-choc arrière de la voiture des jeunes mariés, avec
quelques éraflures sur le manche.

La solitude crée le personnage du solitaire, comme la mort
crée le mort. Elle lui donne ce nom que lui-même porte comme
une croix:

– Tiens, voilà le solitaire.

(On entend un bruit de casserole)

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS…

Amour déshabillé de nous comme, de mousse,
Par la rage de l’eau,
Un mur, toujours plus bas plongeant dans le terreau
Peuplé de larves douces,

Ton torse blanc résiste à la griffe des houx,
Aux hachures de l’ombre
Et chaque pierre en toi reste fidèle au nombre
Qui s’est défait de nous.

Te retrouverons-nous ? Brûlerons-nous ensemble ?
Parfois, dans le charbon,
L’enfant croit reconnaître en nos amas profonds
Quelqu’un qui lui ressemble,

Mais ce n’est qu’un nuage, une feuille, un serpent
Ou quelque rêve informe
Comme en font les rochers lorsque l’on croit qu’ils dorment
A l’ombre des vivants.

Et toi tu resplendis, à la fois vierge et veuve
Au soleil revenu :
On dirait que, nous arrachant à ton flanc nu,
La mort te fait plus neuve,

Amour femelle, et ton entêtement joyeux
Dans la beauté du monde
Qui n’est beau que de toi, de ton haleine blonde
Et de l’eau de tes yeux.

(Jean Rousselot)

 

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NUIT (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2019




NUIT

La nuit t’habille dans mes bras
Pâles rumeurs et bruits de soie
Conquérante immobile
Reine du sang des villes
Je la supposais, la voilà
Tout n’est plus qu’ombre, rien ne ment
Le temps demeure et meurt pourtant
Tombent les apparences
Les amants se perdent en s’aimant
Solitaire à un souffle de toi
Si près tu m’échappes déjà
Mon intime étrangère
Se trouver c’est se défaire
A qui dit-on ces choses-là ?
As down lights up another day
Visions I once had fade away
All of those words unspoken
My widest dreams off broken
It wasn’t supposed to be that way
Should I leave why should
I stay Solitaire un souffle de toi
Leavin’behing me yesterday
Tout près tu m’echappes déjà
Am I free or forsaken
Mon intime étrangère
Cheated or awakened
Se trouver, se défaire
Does it matter anyway?

(Jean-Jacques Goldman)

 

 

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On ne se refait pas (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Illustration: Hippo
    
On ne se refait pas

On ne se refait pas
c’est bête
vu tout le temps
passé
à se défaire

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Jeunesse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Jeunesse

Jeunesse qui t’élances
Dans le fatras des mondes
Ne te défais pas à chaque ombre
Ne te courbe pas sous chaque fardeau

Que tes larmes irriguent
Plutôt qu’elles ne te rongent

Garde-toi des mots qui se dégradent
Garde-toi du feu qui pâlit

Ne laisse pas découdre tes songes
Ni réduire ton regard

Jeunesse entends-moi
Tu ne rêves pas en vain.

(Andrée Chedid)


Illustration:
Christian Kessler

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La chemise (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



En léchant un morceau de sucre dans ce printemps
finissant Ah me défaire de la chemise
de mes vingt-deux ans!

(Tawara Machi)

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