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Poésie

Posts Tagged ‘se défaire’

Se défaire lentement de tout geste (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020



Illustration: Odilon Redon

    
Se défaire lentement
de tout geste
Se donner le silence
sans choisir la mort
Avec l’espoir
de tout revivre
plus tard
une fois encore

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas de porte mystérieuse (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Julie Heffernan        [1280x768] [1280x768]

Il n’y a pas de porte mystérieuse
Par où passer de la nature à l’homme
Il n’y a pas d’arbres où battent les feuilles
Sans évoquer un coeur qui se compose

Qui se défait pour renaître au printemps

(Paul Eluard)

Illustration: Julie Heffernan

 

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Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude. Ils ne sont pas
forcément méchants, ils ne sont pas forcément sournois. La
solitude s’abat sur eux comme l’aigle fond sur sa proie,
l’enfant sur sa glace, la glace dans sa main. On ne choisit
pas la solitude comme on choisit framboise: c’est elle,
framboise, qui vous choisit comme cône.

La solitude n’est pas une maladie, elle ne s’attaque pas
aux fonctions vitales. Pas de symptôme, pas de traitement:
autour de soi le lien se défait et l’on reste seul au bord
de la route, dans le fossé, comme la casserole détachée du
pare-choc arrière de la voiture des jeunes mariés, avec
quelques éraflures sur le manche.

La solitude crée le personnage du solitaire, comme la mort
crée le mort. Elle lui donne ce nom que lui-même porte comme
une croix:

– Tiens, voilà le solitaire.

(On entend un bruit de casserole)

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS…

Amour déshabillé de nous comme, de mousse,
Par la rage de l’eau,
Un mur, toujours plus bas plongeant dans le terreau
Peuplé de larves douces,

Ton torse blanc résiste à la griffe des houx,
Aux hachures de l’ombre
Et chaque pierre en toi reste fidèle au nombre
Qui s’est défait de nous.

Te retrouverons-nous ? Brûlerons-nous ensemble ?
Parfois, dans le charbon,
L’enfant croit reconnaître en nos amas profonds
Quelqu’un qui lui ressemble,

Mais ce n’est qu’un nuage, une feuille, un serpent
Ou quelque rêve informe
Comme en font les rochers lorsque l’on croit qu’ils dorment
A l’ombre des vivants.

Et toi tu resplendis, à la fois vierge et veuve
Au soleil revenu :
On dirait que, nous arrachant à ton flanc nu,
La mort te fait plus neuve,

Amour femelle, et ton entêtement joyeux
Dans la beauté du monde
Qui n’est beau que de toi, de ton haleine blonde
Et de l’eau de tes yeux.

(Jean Rousselot)

 

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NUIT (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2019




NUIT

La nuit t’habille dans mes bras
Pâles rumeurs et bruits de soie
Conquérante immobile
Reine du sang des villes
Je la supposais, la voilà
Tout n’est plus qu’ombre, rien ne ment
Le temps demeure et meurt pourtant
Tombent les apparences
Les amants se perdent en s’aimant
Solitaire à un souffle de toi
Si près tu m’échappes déjà
Mon intime étrangère
Se trouver c’est se défaire
A qui dit-on ces choses-là ?
As down lights up another day
Visions I once had fade away
All of those words unspoken
My widest dreams off broken
It wasn’t supposed to be that way
Should I leave why should
I stay Solitaire un souffle de toi
Leavin’behing me yesterday
Tout près tu m’echappes déjà
Am I free or forsaken
Mon intime étrangère
Cheated or awakened
Se trouver, se défaire
Does it matter anyway?

(Jean-Jacques Goldman)

 

 

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On ne se refait pas (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Illustration: Hippo
    
On ne se refait pas

On ne se refait pas
c’est bête
vu tout le temps
passé
à se défaire

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Jeunesse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Jeunesse

Jeunesse qui t’élances
Dans le fatras des mondes
Ne te défais pas à chaque ombre
Ne te courbe pas sous chaque fardeau

Que tes larmes irriguent
Plutôt qu’elles ne te rongent

Garde-toi des mots qui se dégradent
Garde-toi du feu qui pâlit

Ne laisse pas découdre tes songes
Ni réduire ton regard

Jeunesse entends-moi
Tu ne rêves pas en vain.

(Andrée Chedid)


Illustration:
Christian Kessler

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La chemise (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



En léchant un morceau de sucre dans ce printemps
finissant Ah me défaire de la chemise
de mes vingt-deux ans!

(Tawara Machi)

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Je n’aimai plus l’étoile (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Je n’aimai plus l’étoile,
et je baissai les yeux ;
mais l’étoile en eux me revint,
comme — croyais-je — une fleur de neige.

Mais la fleur de neige était de nard
— de larme —, d’hermine ; et elle se défit,
et elle ruisselait à l’intérieur de moi.

Comme elle débordait, je me mis à pleurer ;
et sur le monde noir pleurai hermine et nard,
et toute une gloire d’étoiles dégelées.

***

No quise más la estrella,
y le bajé los ojos;
pero la estrella se me vino en ellos,
como —creía yo— una flor de nieve.

Pero la flor de nieve era de nardo,
—de lágrima—, de armiño; y se deshizo,
y me caía, chorreando, dentro.

Rebosaba, y me eché a llorar;
y lloré armiño y nardo al mundo negro,
y una gloria de estrellas desheladas.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Visage affamé de l’intérieur (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Visage affamé de l’intérieur,
visage de nuit avec
ces ombres qui palpitent dans leur prison

d’os froids, en lui tu existes
tu te défais.

Ainsi le temps
à pas retenus s’avance
dans l’invisible ardeur.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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