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Poésie

Posts Tagged ‘se démener’

Demain, puis demain, puis demain (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Demain, puis demain, puis demain
Les jours à petit pas glissent de l’un à l’autre
Jusqu’à la dernière syllabe du registre du temps;
Et tous nos hiers ont éclairé pour des fous
Le chemin de la mort poudreuse.
Eteins-toi courte flamme!

La vie n’est qu’une ombre en marche, un pauvre acteur
Qui se pavane et se démène une heure durant sur la scène.
Et puis qu’on n’entend plus: c’est un récit
Dit par un idiot, plein de bruit et de fureur.
Et qui ne signifie rien.

(William Shakespeare)


Illustration: Gilbert Garcin

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L’AUTRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

Ai Xuan bbb3

L’AUTRE

Mon autre
Mon semblable
En cette chair
Qui nous compose
En ce coeur
Qui se démène
En ce sang
Qui cavalcade
En ce complot
Du temps
En cette mort
Qui nous guette
En cette fraternité
De nos fugaces vies
Mon semblable
Mon autre
Là où tu es
Je suis.

(Andrée Chedid)

Illustration: Ai Xuan

 

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Je sais un lieu où l’Été lutte (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Je sais un lieu où l’Été lutte
Contre un Gel si expert —
Que — tous les ans — ramenant ses Pâquerettes —
Elle note en bref — «Perdues» –

Mais quand le Vent du Sud éveille les Étangs
Et se démène sur les chemins —
Son Cœur La trahit, touchant Son Serment —
Et dans le giron Adamantin

Elle verse de doux Refrains —
Des épices — et la Rosée —
Qui sans bruit se fige en Quartz —
Sur son Chausson Ambré —

***

I know a place where Summer strives
With such a practised Frost —
She — each year — leads her Daisies hack —
Recording briefly — « Lost » —

But when the South Wind stirs the Pools
And struggles in the lanes —
Her Heart misgives Her, for Her Vow —
And she pours soft Refrains

Into the lap of Adamant —
And spices — and the Dew —
That stiffens quietly to Quartz —
Opon her Amber Shoe —

(Emily Dickinson)


Illustration

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FIN DU MENSONGE (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



 

FIN DU MENSONGE

Tout le lieu se tient immobile.
Les feuilles trempent dans l’air clos.
Un nuage au point vertical
Ne bouge que si je l’oublie.

Le lieu mollement se repose.
Les feuillages collent au jour.
Une paresse moite et sourde
S’entremet du monde à la peau.

Tout cela ment ! Tout cela ment !
Tout est spasme, et déchirement
Par des vitesses furieuses.
Tout se démène horriblement.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LES TRANSPARENTS (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Giotto di Bondone
    
LES TRANSPARENTS

Ils sont debout à l’orée de la lumière,
Transparents et bleutés. Parfois la brise
Les soulève au-dessus de la tourmente qui saisit l’arbre,
Près de la plaine où bataille l’année.
Dehors, la torche du soleil consume la lavande
Et le désir de gloire. Eux seuls ne sombrent pas.
Ils savent sous la clarté odorante des roses,
La guêpe en embuscade et que Beauté
Peut être masque de Néant.
L’autre se démène, cherchant qui dévorer.

Ils vont sur le sentier où les pieds se meurtrissent, leurs épaules
Ploient sous la charge invisible. Une lumière
Les transfigure, la paix grandit. Et lui dans le silence
Passant toute bonté : leur coeur vivant brasier
Du seul amour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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On peut travailler… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Adrien Henri Tanoux
    
On peut travailler…

1
Moi je n’ai pas grand courage
J’aime rester dans mon lit
On m’a dit voulez-vous faire fortune.
Venez en Alaska chercher l’or dans la glace.
Chercher l’or dans la glace en Alaska?

Refrain
On peut travailler pour le roi de Prusse
Ou bien pour le Duce
Si on le veut.
Mais moi j’aime mieux
Travailler pour vos beaux yeux,
Mesdames!
Travailler pour vos beaux yeux
Qu’ils soient noirs ou bleus,
Ou remplis de flammes,
Travailler pour vos beaux yeux
Mesdames!

2
Une bell’ m’a dit tu es trop joli
Je ne veux pas que tu te surmènes
Je veux t’assurer la belle vie.
Je travaillerai pour toi.
Travailler pour moi oh que ça doit être fatigant!

3
Aussi je fais comme les copains
Je travaille, du soir au matin
Je chante et je me démène
Qu’importe la fortune
Si je travaille pour vos beaux yeux.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Dans la nuit (conte)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    

Dans la nuit, un homme s’éveille
pour découvrir qu’un serpent se trouve dans sa chambre.
La présence de ce reptile le fige sur place.

Mais pour le mental, il en va tout autrement:
frappé de panique, il s’agite, se démène, s’affole.

Le serpent va-t-il s’approcher et bondir?
Ne vient-il pas de bouger?…

Plus le temps passe,
plus le mental de cet homme s’échauffe.

La nuit lui paraît interminable.
Mais au petit matin,
il découvre qu’il s’agissait…

d’une corde.

(conte)

 

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Tu mords dans le bras de la nuit (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Tu mords dans le bras de la nuit
Et son ombre se défait au fond des pièges.
Une épaule remue dans l’air des montagnes
Au milieu des bulles de lumière
Dans la brume dorée des villes.

Les fleurs sauvages de l’aurore
Illuminent les petits jardins trempés de rosée.
Sur les murs couverts de cicatrices
Brillent les mains coupées des boucaniers.
Et quand le plaisir laisse pendre la langue
Les amoureux perdus sur les récifs du soir

Sentent bouger sous l’écorce de la vie
La lave amère des mensonges.
Tu te promènes dans un paysage millénaire
Où la mer se démène sans repos
Et ourle d’une écume légère et sautillante
Les lèvres des coquillages oubliés.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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