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Poésie

Posts Tagged ‘se déplier’

La vie dure (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
La vie dure

Est-ce faiblesse de la tête
ou suis-je un pâle volontaire
plus de vigueur pour cette quête
rien que sommeil goût de se taire

lente érosion d’un terrain mou
et jour à jour l’humble négoce
le pain l’argent le toit les gosses
le chant happé dans quel remous

mais talon frappe et je remonte
à la surface où l’air est vie
de l’air encore je veux mon compte
qu’à d’autres fêtes on me convie

crache l’eau crache l’eau
rouge soufflet qui te déplie
poumon terrible – poésie –
relance en moi le sang des mots!

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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DIURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
DIURNE

Est-ce que tu dors ?
Est-ce que tu t’éveilleras un jour ?
Ni veille ni rêve : cela est.

Des enfants jouent
Un éclat sur une vitre
Un ronflement d’avion
Le sol résonne Je marche à grands pas
Fraîcheur sur les yeux
Je tiens J’éprouve Je sais à qui parler
Tout répond
Foisonnement.
( Oublie ! N’oublie pas ! Oublie ! N’oublie pas ! )

Un coup de frein
Un nuage passe
et tout change de couleur.

Surprise sans fin
Horizons qui n’en finissent pas de se déplier
Il y a toujours quelque chose plus loin.
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

Ma vie, je t’ai cherchée toute ma vie
tu as pris les plus beaux visages
mais je n’entends que la voix.
Au bord de quelle nuit te trouverai-je enfin ?

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il fait à peine jour (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Joelle Thirion
    
Il fait à peine jour
le joueur d’accordéon
installé au coin de la rue déjà
a ouvert à ses pieds son chapeau
et fait cliqueter ses boutons de nacre
dès qu’il inspire à plein poumon ses notes
doucement se déplient les fronces de la lumière

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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La boule se déplie (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2016



chocolat liégiois  5

La boule se déplie et c’est mon père qui se relève d’un mauvais songe.
Il était simplement resté un peu trop longtemps allongé dans sa chambre.
La lumière entre à flots par les grandes fenêtres du séjour,
se pose sur la table ronde en bois clair.
Nous sommes assis l’un en face de l’autre et nous parlons en buvant du vin.
Des calamars farcis cuisent au four.
Dans le frigo il y a des chocolats liégeois.

(Valérie Canat de Chizy)

 

 

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Tendrement (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Une feuille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naître l’aurore sur terre.

(Paul Eluard)


Illustration

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Dans les soupentes s’effleurent les élytres (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Dans les soupentes
s’effleurent les élytres,
scintillent les écailles.

Le vent par intervalles disperse les pelures.

Une porte grince
quelque part dans le monde.

(Plumages.)

Les voliges tressaillent,
chaque lampe somnole au fond de son orbite.

On flaire dans les recoins des arômes de femme nue.

(Pluie d’étoiles,
semences,
bruissements de chevelures et de feuilles.)

Le temps passe.
Le sang coule.
Les pattes se déplient.
Les ailes se déploient

(Roland Brachetto)

Illustration

 

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