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Poésie

Posts Tagged ‘se déployer’

À LA LUNE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
À LA LUNE

Pâle soeur du premier rayon,
Image en deuil de la tendresse,
Le nuage, en passant, caresse,
D’un frisson d’argent ton beau front.
Hors du gouffre au jour interdit
Tes pas silencieux n’éveillent
Que l’âme des morts qui sommeillent,
Et moi et les oiseaux de nuit.

Ton regard au loin se déploie
Découvrant un immense espace.
Là-haut, près de toi, fais-moi place,
Offre à mes songes cette joie !
Ainsi, la distance effaçant,
Donne au chevalier le plaisir
De voir, par les vitraux, dormir
Celle que son coeur aime tant.

Ô ravissement, ô bonheur !
Adieu, distance qui me tue !
De tout le pouvoir de ma vue
Je rassemble en moi tes lueurs.
De plus en plus clairs, tes rayons
Qui son corps dévoilé révèlent,
Me font descendre ainsi, près d’elle,
Que toi, jadis, d’Endymion.

***

AN LUNA

Schwester von deco ersten Licht,
Bild der Zärtlichkeit in Trauer!
Nebel schwimmt mit Silberschauer
Um dein reizendes Gesicht;
Deines leisen Fuß es Lauf
Weckt aus tagverschloßnen Höhlen
Traurig abgeschiedne Seelen,
Mich und nächtge Vögel auf.

Forschend übersieht dein Blick
Eine großgemeßne Weite.
Hebe mich an deine Seite !
Gib der Schwärmerei dies Glück !
Und in wollustvoller Ruh
Säh der weitverschlagne Ritter
Durch das gläserne Gegitter
Seines Mädchens Nächten zu.

Des Beschauens holdes Glück
Mildert solcher Ferne Qualen,
Und ich sammle deine Strahlen,
Und ich schärfe meinen Buick ;
Hell und heller wird es schon
Um die unverhüllten Glieder,
Und nun zieht sie mich hernieder,
Wie dich einst Endymion.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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L’un de l’autre (Ibrâhîm ibn al-‘Abbâs aş-Şûlî)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




    
L’un de l’autre un adieu sans cesse nous éloigne,
Mais en lui quelquefois la rencontre se déploie.

(Ibrâhîm ibn al-‘Abbâs aş-Şûlî)

 

Recueil: Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction: Houria Abdelouahed et Adonis
Editions: Gallimard

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J’ai débouché le flacon de l’incertitude (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

J’ai débouché le flacon de l’incertitude
Les dessins tracés sur le sable
sont effacés par le vent

La houle arrive mes habitudes
se heurtent au récif de l’instable
nouvelle d’un autrement

L’éventail des possibles élude
mes décrets cartes sur table
et se déploie lentement

comme un nouveau jeu prélude
à l’amour véritable
seule ancre dans le tourment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sans tristesse (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    
Sans tristesse
j’ai sectionné les angles morts
et les droites vivantes des autres possibles

La branche de saule se déploie
ligne simple épure

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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A SOI-MÊME ENNEMI (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
A SOI-MÊME ENNEMI

Rien n’est encore perdu endors-toi ma nuit
dans les lentes brassées d’un ciel qui se déploie
rien n’est encore perdu endors-toi mon jour
pour le grain qui fut perdu pour la source qui mourut
pour le vent nouveau des rues pour un dieu nu
rien n’est encore perdu endors-toi mon amour
tant qu’il y aura des morts si clairs à ensevelir
des chiens perdus un coeur d’enfant qui ne veut pas mentir
des vivants attablés à la Nuit qui fut seule
et des jardins venus sur les ruines d’un empire

rien n’est encore perdu puisque je t’aime.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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Il faut aimer la femme (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Il faut aimer la femme comme un objet
qui n’a de valeur que par la forme ou l’apparence.
Elle n’a que sa peau pour faire l’amour
de la même façon que le ciel n’a que l’eau
où descendre pour devenir terre parmi les flaques.

Les mots d’amour n’ont pas plus de sens
qu’une belle moisson qu’on va couper
et les regards que chacun tire de sa nuit
ne font pas durer le jour un moment de plus.

Les mains où l’on tient captive une femme
comme quelque chose qui va fondre
entrent dans son corps toujours ouvert
et s’y déploient comme une forêt de fougères.

Violent de tout ce que le désir couve en moi,
obsédé par la mort qui n’en finit pas de m’attendre,
je m’oriente vers vous, femmes de tous les jours,
comme une plante vers les hautes fenêtres du jour

Car je me souviens des routes qui font du monde
un lieu où l’on ne se rencontre jamais
parce que la mort tourne plus vite que lui,
laissant dépasser des têtes vides à chaque horizon.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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L’homme entier (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
comme si tu prenais enfin tes mots
par la main
pour les faire miroiter
allez
venez les mots
déployez-vous
on s’en va jouer avec l’infini
il convient de régler son âme
à l’heure juste
devant les grands transparents
de chavirer
avec toute la douceur nécessaire

L’homme entier contient dans son âme
un être majeur antérieur à toute expérience

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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L’âme (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
L’âme se déploie,
comme un lotus
aux pétales innombrables.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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Epilogue (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Epilogue

(La joie de vivre, c’est peut-être la libération. Ibsen)

Que la vie rutilante ou sombre se déploie,
L’âme ouverte, accueillons,
Avec des pleurs d’amour, avec des cris de joie,
Son ombre et ses rayons.

Que la tempête ardente où la nuit se déchaîne,
Courageux alcyons,
Impétueusement consentants, nous entraîne
Dans ses noirs tourbillons.

Aimons le tendre Avril ouvrant les primevères
De ses baisers déments;
Aimons l’été si lourd qui pèse sur la terre
Ainsi qu’un corps d’amant;

L’automne sensuel et trouble qui chancelle
Des grappes dans les mains
Et qui meurtrit les coeurs en ses paumes cruelles,
Comme il fait des raisins.

Aimons, quand vient l’hiver, écouter ce rhapsode
Sinistre, le vent fou,
Accompagnant au bois où des fantômes rôdent,
Les hurlements des loups.

Aimons tous les labeurs; dans la glèbe rugueuse
Dont s’effritent les blocs,
Enfonçons en chantant et d’une main fougueuse,
La charrue à plein soc.

Aimons, au fond du soir qui rêve, la cadence
Lointaine des fléaux,
Et par les matins frais l’envol qui se balance,
Courbant les blés, des faux.

Aimons tout de la vie, adorons jusqu’aux larmes
L’amour mystérieux;
Obéissons au rite où le désir s’acharne,
Comme au geste d’un dieu.

Ne soyons point celui qui recule et se cache,
Et, d’avance vaincu,
Craint d’aimer, de souffrir, de créer, c’est un lâche,
Il n’aura point vécu!

(Marie Dauguet)

 

 

 

 

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Viens t’asseoir (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



Viens t’asseoir sur cette pierre au soleil
La lumière est d’hiver sur les landes sans fleurs —
Mais assieds-toi — car nous sommes tout seuls
Et clairs se déploient du ciel les rivages sereins

Je croirais voir avec toi dans l’herbe flétrie
Les guirlandes du printemps près d’éclore
La violette jeter peut-être un éclair timide
Les jeunes feuilles jaillir parmi les fougères

***

Come sit down on this sunny stone
Tis wintery light o’er flowerless moors —
But sit — for we are all alone
And clear expand heaven’s breathless shores

I could think in the withered grass
Spring’s budding wreaths we might discern
The violet’s eye might shyly flash
And young leaves shoot among the fern

(Emily Brontë)

 Illustration

 

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