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Poésie

Posts Tagged ‘se dépouiller’

PRÉSENCE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




PRÉSENCE

ta voix
là où les choses ne peuvent s’extraire
de mon regard
elles me dépouillent
font de moi une barque sur un fleuve de pierres
si ce n’est ta voix
pluie seule dans mon silence de fièvres
tu me détaches les yeux
et s’il te plaît
que tu me parles
toujours

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole

 

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AVARE (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Illustration: Folon

    
AVARE

M’alléger
me dépouiller

réduire mon bagage à l’essentiel

Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets

devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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VESTIGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

papier peint chardons

VESTIGE

Je me reconstruis.
Ou, de ce peu de voix
qui ne se désagrège pas,
je te parle.

De ce qu’
un mot aurait pu vivre
sans moi,
dans la rotondité d’un oeil
qui s’ouvre et se ferme.
Et de ce que signifie être découvert.

Je me reconstruis.
Je me dépouille de ce qui reste
de ma voix.

Cette maison,
croulant sous les tiges
de chardon blanc, dans la glaise
qui éclate
dans la lumière
des bouches.

Mon à jamais,
toujours uni au tien.

(Paul Auster)

 

 

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Narcisse meurt au bord de la fontaine (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: John William Waterhouse
    
Narcisse meurt au bord de la fontaine.
Sa beauté est privation. Narcisse n’en jouit pas, justement parce qu’elle est sienne.
Mais ce qu’il est lui-même, il voudrait qu’un autre le soit afin de pouvoir l’aimer.
Narcisse souhaite se dépouiller de ce qu’il est, afin de pouvoir aimer.
Il est par force ouvert.
La souffrance de Narcisse, c’est qu’on ne peut s’ouvrir à soi.

(Roger Munier)

 

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Tristesse de la violette (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Tristesse de la violette

Les multitudes qui travaillent
Ne rêvent pas à la mort du papillon
Ni aux tristesses des violettes
Ni au voile qui scintille
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Ni aux amours du fou avec son fantôme
Les multitudes qui travaillent
Qui se dépouillent
Qui se déchirent
Les multitudes qui fabriquent le bateau du rêveur
Les multitudes qui tissent les mouchoirs des amants
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent qui souffrent
Tout autour de la terre
Dans les usines de fer, au fond des mines
Qui mâchent le soleil des morts certaines
Rient parfois aux éclats
Tombent amoureuses
Mais pas comme le fou d’un fantôme
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent, qui souffrent
Sous le soleil de la nuit
Rêvent de leur pain quotidien

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration

 

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M’alléger (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo 795388

M’alléger
Me dépouiller
Réduire mon langage à l’essentiel,
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets :
Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes…

(Michel Leiris)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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OMBRE À OMBRE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

OMBRE À OMBRE

Contre la façade du soir :
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu —
l’ombre
portée par un souffle.

Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même.

(Paul Auster)

 

 

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Celui-là qui s’éloigne de ce qu’il aime (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Illustration: Edvard Munch
    
celui-là qui s’éloigne de ce qu’il aime
Pour détruire son triste amour
la figure de ce qu’il aime
s’isole se dépouille
cache le reste
et davantage le tourmente

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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Garde les yeux secs (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
— Garde les yeux secs pour regarder le monde
qu’inutiles les larmes déforment jusqu’au dégoût,
garde les yeux secs et sans aménité,
dépouille-le des hardes répugnantes
dont l’histoire et ceux qui l’élaborent,
pour cacher leur honte de ce qu’ils en ont fait,
faussaires, l’ont couverte avant de disparaître,

Garde les yeux secs et prohibe toute plainte,
admire sans honte ce monde où tu respires,
invente sans répit des raisons de l’aimer,
car il est le seul monde à te rendre vivant ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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LES DIMENSIONS DU JOUR (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (IV)

Chaque jour à la même heure
tu t’abreuves longuement aux vitrines.
Tu peux garder tout le soleil sur tes seins
et il peut toucher tes dents comme un fruit.

Tu es pour mes sens le seul objet
sur lequel ils s’exercent complètement.
C’est contre toi que ma caresse devient tranchante
et que mon corps recouvre ses vraies dimensions.

Tu peux ensoleiller toute une chambre
avec la seule clarté qui bat sur ton ventre
au moment où plus rien ne te relie à la terre
qu’un baiser, qu’une étreinte, qu’un regard.

Pour te dépouiller de ta nudité,
pour que le plaisir te traverse dans toute ta longueur,
il faut mettre à jour les diamants que tu as sous la peau
et les tailler jusqu’à ce que le matin en jaillisse.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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