Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se déprendre’

Sur quelques vases (de Morandi) (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Illustration: Giorgio Morandi
    
Sur quelques vases (de Morandi)

Il n’y eut qu’un vent
Simple une clarté

Sur quelques vases
Posés vibrants
D’un apprêt de musique
Où se déprend le bleu

Ô joie
Presque de joindre
D’une main brève

L’à-peine lampe quand elle brûle
Et parle aux grands oiseaux

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rien tout ? (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



 

Brendan Monroe  _MisinterpretationOfMatterStates_2011_1

Rien tout ? Et ce plaisir entier
d’aller sous terre, quand tout est accompli
comme un beau livre ?
Et ce délice plein
de s’être dépris de la vie,
Comme un fruit parfait de sa branche ?
Et cette seule joie
d’avoir laissé dans l’invisible
la réalité complète du désir,
comme un fleuve qui descend vers la mer,
sa sculpture pérenne ?

***

¿Nada todo? Pues ¿y este gusto entero
de entrar bajo la tierra, terminado
igual que un libro bello?
¿Y esta delicia plena
de haberse desprendido de la vida,
como un fruto perfecto de su rama?
¿Y esta alegría sola
de haber dejado en lo invisible
la realidad completa del anhelo,
como un río que pasa hacia la mar,
su perene escultura?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Brendan Monroe

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre me regarde (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018



Illustration: Alexandra Kirievskaya
    
l’arbre me regarde et

la vie que nous avons
en commun se déprend

de ce qu’elle
contient de mémoire

en lui mes souvenirs ou
à son bord

cela s’allonge en nous
qui ne fait pas surface

moi dans le profond de l’air
poussé passé par l’espace

l’arbre au loin

comme une épaisse
participation
de chair à mon être

je m’endors dans mon corps

ma langue paralysée
tient les choses éloignées

il suffit pourtant d’une lettre pour
nommer l’air
qui rend mon regard possible

le sommeil se fait en moi

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X)

Enfermé dans un horizon sans altitude,
je n’ai devant moi que chemins en fuite
vers un lointain de plus en plus illisible,
de plus en plus tourné sur ton absence.

J’attends en vain que vienne à ma rencontre
un arbre qui marcherait sur ses racines,
mais c’est à peine s’il me fait signe
en remuant un bras d’où quelques feuilles tombent.

Les fleurs sourient d’une façon si banale
qu’il me tarde quand je reviens à la nature
de la quitter pour la ville où je suis sûr
qu’un seul de tes baisers me bouleversera jusqu’à la moelle.

Il reste les couchants dont je ne puis me déprendre
parce qu’ils ont brillé au-dessus de mon enfance
comme mille mains levées sur un navire en partance
pour un pays que tu es seule à savoir me rendre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nos deux ombres au clair de l’eau des lunes (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Nos deux ombres au clair de l’eau des lunes
sont plus proches que nos corps qui les font

elles s’offrent, se pénètrent chacune
mieux que nos bustes rêveurs sur le pont

mais qu’une épave glisse à fleur de Seine
et les ombres se déprennent, se cassent

les corps sans ombres se donnent eux-mêmes
les raisons qui les lient ou les espacent.

(Robert Mallet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Notre acharnement, chaque jour, nous attache un peu plus à nous-mêmes.
Comment saurions-nous de notre espoir assez nous déprendre ?
Notre discours, malgré nous, tend à démontrer, notre parole à définir.
Comment dire ce qui n’a pas de commencement, pas de fin ?
Ce qui n’a pas de substance ni de sens ?
Comment notre langage pourrait-il parler des choses ?
Comment pourrait-il dire l’infini de leur existence, l’infini de leur néant ?
Aussi le langage ne parle-t-il ordinairement que de choses qui n’existent pas.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :