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Poésie

Posts Tagged ‘se déshabiller’

A croquer (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Eugenio Sicomoro
    
A croquer

Puisque tu n’as jamais pris le temps de te dénuder,
J’entreprends aujourd’hui de te déshabiller.
De ta nudité, j’apprendrai les contours.
Je croquerai chaque courbe qui passera à ma portée.
Lorsque l’épreuve de ta géographie sera mise à jour,
Je l’offrirai à toutes les femmes dont tu as mendié l’amour.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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Qui es-tu donc ? (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



Qui es-tu donc ?

Tu dis
Je suis la source de tout
L’eau morte de l’étang
L’eau vive du torrent
Je suis le jour et le soleil
Qui heurtent à la vitre
Les arbres qui respirent
Et les oiseaux accrochés aux nuages
Je suis l’aube
Qui s’écorche les doigts au rosier
Le matin dépouillé
Et la nuit écorcée
Je suis l’automne qui se maquille
L’hiver qui se déshabille
Je suis la route qui se débat
La pierre usée
La sève inquiète
La branche fatiguée
La feuille éphémère
La mousse arrachée..

Je suis le commencement et la fin
Le plein et le vide
Je suis l’espace et le temps
Ta naissance et ton agonie…

Qui es-tu donc ?

Je suis la vie !

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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NU (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Emilia Castaneda ol_14_B [1280x768]

NU

Au centre des ténèbres
Un tourbillon se déshabille
Une femme se forme
Pour que la nuit soit blanche
Heureuse d’être nue
D’avoir tout exprimé
Son rôle est accompli
Plus rien ne la tourmente
Elle se sent bien
D’avoir déjoué les énigmes
Elle est debout dans sa victoire
Qui n’a fait que des beaux gestes
S’arracher les voiles
Effacer de la nacre sa buée
Sortir du miroir
En baissant la tête
Chasser la nuit de la vitre
En s’y reflétant
L’art d’éclairer ses profondeurs
L’art de jeter son linge
Sur la face de nuit
L’art d’ignorer les obstacles
L’art de passer à gué
L’art de venir au monde
Sans déchirer la soie
L’art de pousser vers la beauté
Sur les jeunes pousses de ses pieds
L’art d’être la faiblesse
Qui met la force au monde

(Ernest Delève)

Illustration: Emilia Castaneda

 

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Est-ce ainsi que les hommes vivent (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Lucie Llong
    
Est-ce ainsi que les hommes vivent
(adaptation de Léo Ferré)

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.

Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.

C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.

Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

(Louis Aragon)

 

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Me déshabille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 Illustration: Henri Lebasque 
    
Me déshabille et provoque une érection
qui n’est qu’un arbre en l’air,
pour mieux mouiller le ciel.
Et mes saccades font trembler
le saint-frusquin, la dégelée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Les eucalyptus (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration
    
Les eucalyptus
étirent leurs beaux bras blancs
avec volupté
leur écorce les grattait
ils se sont déshabillés

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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UNE FÉE EN HIVER (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
à Hadriana Siloé
UNE FÉE EN HIVER

Une fée s’est réveillée
dans le poivre gris de l’hiver.
Un papillon l’a précédée
au-dessus de la cheminée.
Une fête ! Une fête d’amour
autour des vivants et des morts !
le feu brille dans mes mots du soir :
chaque instant est un éclat de rire
qui fait battre la vie à se rompre !

voici la fée qui se déshabille
sur l’égarement de mes cinq sens.
Une odeur de brûlé s’élève
de sa justice de femme.
Sa chaude lune est
le songe d’un très vieux songe de poète.
Sa force tendrement animale
est un pollen de papillon
sur l’oreiller d’un pharaon d’Egypte !

que la nuit apporte sa tendresse
aux yeux de reine vigilante !
que la maison reste en fleur
dans la neige de son souvenir !
salut, ombre bien-aimée d’Hadriana !
tes semences sont à ma porte
ta joie saute dans mon lit
pour rendre soudain la vue
à l’aveuglement de mes années !

(René Depestre)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Complainte de Panurge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
Complainte de Panurge

1
Il n’est vraiment pas surprenant
Qu’une fille aux yeux caressants
Se fatigue de travailler
Et, mal payée,
Rêve d’être riche
Sa vie n’est-elle pas chiche?
A d’autres les adorateurs
A d’autres les toilettes
D’autres qui parfois sont plus bêtes
Parfois moins jolies et sans coeur
Au lieu des dîners à cent sous,
Des sommeils trop courts
Manger tout son saoul
Dormir tout le jour
Pourquoi n’est-ce pas elle
Que l’on admire et trouve belle
Et son coeur
Attend le séducteur.

2
Elles ont trimé tout le jour
Au fond des boutiques trop sombres
Elles rentrent comme des ombres
Quand meurt le jour
Elles vont très loin
Hélas pour manger sans faim
Se déshabiller dans un coin
Seules jusqu’à demain
Pourquoi n’est-ce pas elles… etc.

3
Et quand a surgi leur vainqueur
Il est naturel qu’un beau soir
Elles donnent lèvres et coeur
Le temps de boire
Le vin dans le verre
Ceux qui leur jettent la pierre
Ont l’âme sèche et le coeur dur
Peut-on leur faire honte
Puisque la mort vient en fin d’ compte
De courir sans peur l’aventure
De se vêtir avec la soie
Au lieu de la vendre
De chercher la joie
Et pour ça se vendre
C’est à leur tour à elles…

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Une parmi les brunes (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




    
Une parmi les brunes.
Chanson dis-moi son nom.
La malicieuse à contretemps se
Déshabille à contre-jour.

Son corps tout au bord du
Silence paraît d’or.
Est fou qui ne le veut.

Né de l’image rieuse
D’un coup le piège se referme.
Oiseau mon coeur c’en est fait.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas de preuves (Lucien Noullez)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Il n’y a pas de preuves
et chacun se rassure;
il n’y a pas non plus de remuements.
On ne connaît pas de sourires
pas de pétillements particuliers
dans les prières
ni d’angoisse
ni de genoux calamiteux sur le marbre.
Ici
pour se déshabiller on ne demande rien.
Seulement, comment le dire, seulement
la solitude qui écarte les jambes
et qui répète il n’y a pas de preuve
il n’y a pas de maison, rien
qu’un tombeau vide
une rosée
un dos
un chalumeau peut-être
dans le ventre.

(Lucien Noullez)

Illustration: Edward Hopper

 

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