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Poésie

Posts Tagged ‘se détourner’

Qu’importe le soleil (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Albena Vatcheva  (6) [1280x768]

Qu’importe le soleil si de moi ta bouche se détourne.
Tu fais la nuit en moi. Tu règnes. Tu pardonnes.

(Hubert Juin)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Musiciens (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2020



Illustration: Christian Girault
    
Musiciens

Chaque nuit de l’été
vers elle allaient mes pensées ;
mais le chemin menait au fleuve
par le fourré plein de rosée.

Hé ! connais-tu la terreur et les chants,
sais-tu ensorceler le coeur de la belle,
de sorte qu’elle pense t’introduire dans
de grandes églises et salles !

J’ai suscité le malheur dans l’abîme ; il
m’a détourné de Dieu en jouant ; mais
lorsque je fus devenu son maître, elle
était la fiancée de mon frère.

Dans de grandes églises et salles
c’est moi que j’ai introduit par mon jeu, et
la terreur et les chants de la cascade de
mon coeur jamais ne se sont détournés.

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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Chaque geste que tu fais (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2020



    

Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte.
Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé.
A chaque instant, la porte peut s’ouvrir sur ton destin et,
par les yeux de n’importe quel mendiant,
il peut se faire que le ciel te regarde.
L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut.
Tu ne sais jamais.
Chaque geste peut déplacer une étoile.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Ce qui gonfle ma sympathie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Felix Mas   -   (65) [1280x768]

Ce qui gonfle ma sympathie,
ce que j’aime,
me cause bientôt
autant de souffrance
que ce dont je me détourne,
en résistant,
dans le mystère de mon coeur:
apprêts voilés d’une larme.

(René Char)

Illustration: Felix Mas

 

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Oiseau jamais intercepté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



 

Charley Harper _westernTanager

Oiseau jamais intercepté
Ton étoile m’est douce au coeur
Ma route tire sur sa raie
L’air s’en détourne et l’homme y meurt.

(René Char)

Illustration: Charley Harper

 

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Tes dons à nous autres mortels (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Tes dons à nous autres mortels pourvoient à tous nos désirs,
et pourtant retournent à toi non diminués.
La rivière accomplit sa tâche quotidienne;
elle se hâte vers champs et hameaux,
mais son flot incessant se détourne vers le lavement de tes pieds.

La fleur adoucit l’air de son parfum;
mais son dernier service est l’offre d’elle-même à toi.
Ton culte n’appauvrit pas l’univers.

Les vers du poète offrent aux hommes les significations qui leur plaisent;
mais leur signification dernière est la désignation de Toi.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Se détourner du temps (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Gilbert Garcin
    
Se détourner du temps,
déjouer le compte-gouttes de l’âge
et déchirer le suaire
des minutes répétées comme des abeilles.

Comment fouler le temps
et marcher sur lui
comme sur une plage
dont la mer s’est séchée ?

Comment sauter sur le temps
et avoir pied dans le vide
et son absence creusée ?

Comment reculer dans le temps
et raccorder le passé
à tout ce qui fuit ?

Comment trouver dans le temps l’éternité,
l’éternité faite de temps,
de temps congelé dans les gosiers les plus froids ?

Comment reconnaître le temps
et trouver le fil inconnu
qui coupe ses moments
et le divise toujours
justement au milieu ?

***

Desconocer el tiempo,
desbaratar el cuentagotas de la edad
y rasgar el sudario
de los minutos repetidos como abejas.

¿Cómo pisar en el tiempo
y caminar por el
como sobre una playa
cuyo mar se ha secado?

¿Cómo saltar en el tiempo
y hacer pie en el vacío
y su excavada ausencia?

¿Cómo retroceder en el tiempo
y empalmar el pasado
con todo lo que huye?

¿Cômo encontrar la eternidad en el tiempo,
la eternidad hecha de tiempo,
de tiempo congelado en las fauces mas frías?

Cômo reconocer el tiempo
y hallar el filo ignoto
que corta sus momentos
y siempre lo divide
justamente en el medio?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Rivage (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Rivage

Ô soeur détournons-nous de ces champs onduleux !
Leur sauvage vouloir et leur grondement noir
N’accueillent que l’oiseau aux ailes agitées
Et ne reflètent que l’éclat chaste des cieux.
Nous nous sommes mentis trop devant la clarté.

Aux verts étangs des fleurs et des mousses s’étalent
Herbes • feuilles • sarments • voguant abondamment :
La vêprée y consacre un autel éternel !
Les cygnes se montrant au détour d’un canal
Sont • mystique et nuptial • un convoi solennel.

Le désir nous emporte au loin du pâle Nord :
Sur ta lèvre en feu jaillissent d’étranges calices –
Et quand ton corps en neige et fleurs va s’écouler
Tous les arbustes vont bruire dans des accords
Et devenir laurier thé et aloé.

***

Strand

O lenken wir hinweg von wellenauen!
Die • wenn auch wild im wollen und mit düsterm rollen
Nur dulden scheuer möwen schwingenschlag
Und stet des keuschen himmels farben schauen.
Wir heuchelten zu lang schon vor dem tag.

Zu weihern grün mit moor und blumenspuren
Wo gras und laub und ranken wirr und üppig schwanken
Und ewger abend einen altar weiht!
Die schwäne die da aus der buchtung fuhren
Geheimnisreich • sind unser brautgeleit.

Die lust entführt uns aus dem fahlen norden:
Wo deine lippen glühen fremde kelche blühen —
Und fliesst dein leib dahin wie blütenschnee
Dann rauschen alle stauden in akkorden
Und werden lorbeer tee und aloe.

(Stefan George)


Illustration: David Caspar Friedrich

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ENFIN (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




ENFIN l’occasion attendue, du temps libre
De toutes ces tâches, imposées volontairement ou non,
Cependant maintenant, prise au piège, je m’affole, j’essaie
De trouver un prétexte, n’importe quoi pour me dérober
À une confrontation avec la page blanche.
Il n’y a pas d’hôte invisible dans ma chambre:
Les temps et les lieux sont à eux, non à nous,
Rendant leur présence présente, infinie.
Ce vide est le terme
De bien des dérobades: nous nous détournons
Rien qu’un instant en l’incommensurable absence.

***

AT LAST the awaited opportunity, time free
Of all those tasks, imposed or self-imposed,
Yet now, trapped, I panic, try
To think of some pretext, anything to evade
A confrontation with the unwritten page.
There is no invisible visitant in my room:
The times and places are theirs, not ours,
Who make their presence present, infinite.
This blankness is the term
Of many evasions: we turn aside
Only for a moment into immeasurable absence.

(Kathleen Raine)

Illustration: Catherine Mayet

 

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LE MOUVEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

Jeanie Tomanek  . _500

LE MOUVEMENT

Forge le contraire de ce monde
Où l’âme perd rumeurs
Où le temps nous tarit

L’homme périt de son propre venin
Mais s’élève dans la lueur qu’il esquisse

Enfante-toi
Enjambe-toi

Dénoue le mouvement
Attise cette parole
qui ne se détourne pas des hommes
mais s’ébauche vers eux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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