Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se dévêtir’

Elle se dévêt au paradis de sa mémoire (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




elle se dévêt au paradis
de sa mémoire
elle méconnaît le destin féroce
de ses visions
elle a peur à l’idée de ne savoir nommer
l’inexistant

(Alejandra Pizarnik)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Et la mer n’est plus la mer (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Et la mer n’est plus la mer, mais ciel peut-être:
nommer est gageure ou vêtement provisoire comme on se dévêt pour aimer

(Francis Tessa)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ARBRE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration 
    
L’ARBRE

Je me suis dévêtue pour monter à un arbre ;
mes cuisses nues embrassaient l’écorce lisse et humide;
mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et à l’ombre de la chaleur,
je me suis mise à cheval sur une fourche écartée
en balançant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d’eau tombaient et coulaient sur ma peau.
Mes mains étaient tachées de mousse,
et mes orteils étaient rouges, à cause des fleurs écrasées.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers;
alors je serrais mes jambes davantage et j’appliquais mes lèvres ouvertes
sur la nuque chevelue d’un rameau.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TE DÉVÊTIR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Anna Razumovskaya  1600_629

Te dévêtir
aller vers encore plus de lumière et de brûlure
alors que tu m’aveugles déjà
et que tout de moi se calcine.

Et pourtant
il faut bien après cent chevauchées
que les nues de ma foudre
descendent vers la terre.

Il faut bien que je tombe
adorer tes genoux
et toucher la tiédeur scandaleuse
de ce nid de soleils.

(Alain Borne)

Illustration: Anna Razumovskaya

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je me dévêts (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Je me dévêts

Je me dévêts, j’annule tous mes rôles.
Guerre, dis-tu ? J’ai fait toutes les guerres.
J’étais le mort, j’apprenais le silence,
je donnais l’heure exacte de la vie

ou bien, vivant, je ne savais plus vivre,
je me savais par un autre vécu,
je me cherchais dans les pages des livres
comme un secret caché depuis longtemps.

Ma préhistoire est celle des orages.
Le rideau noir est posé sur mes yeux.
Le monde est rouge. A qui veut bien m’entendre,
je ne dis plus que paroles de sang.

Quel est ce moi qui n’affleure à moi-même
que pour m’offrir un obstacle de plus ?
Et toi, la voix qui n’éteins plus le feu,
dissipe-toi dans les brumes de l’aube.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (IV)

Il me faut inventer d’incroyables pièges de chair
pour prendre le monde dans un baiser,
il me faut abattre les murailles dont tu t’entoures
pour que le plaisir puisse te couper en deux.

C’est alors que l’air est dans ma bouche
la racine même de l’espace et des fruits
que, pour me laisser passer de ma vie à ta vie,
tu te fais arche des épaules aux pieds.

Partout sur les murs, sur les visages
la lumière se dévêt de sa lingerie
et montre son beau ventre de femme
d’où l’ombre tombe comme une fourmilière écrasée.

Car il y a vraiment de quoi vivre sur la terre,
mais il faut avoir la force des arbres
pour pouvoir repousser le ciel bas
que la mort fait peser sur les paupières.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Iris noirs (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Iris noirs

Dans les iris, à l’ombre de la tour,
veillent les loups du ciel, les yeux mi-clos,
prêts à bondir dans le soir innocent.

Mère prudente, écarte de la tour
l’enfant captive aux mailles du parfum
et qui déjà dérive de ta chair.

Tourne la clef, lève l’aube des lampes
sur un rucher de pacifiques fleurs,
pour conjurer cette agression de flammes.

En vain! La nuit des iris a gagné
la chambre creuse où l’enfant se dévêt.
Ta fille brûle, et te voilà perdue.

(Jean Joubert)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Même le plus friable des mots (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



    

Même le plus friable
des mots
a des racines dans le soleil –
comme le matin
des barques sur la mer.

J’inventerai le jour où avec toi
et l’automne j’irai courir par les rues.
La lumière que nous foulons est si parfaite
qu’elle ne peut mourir, comme ne meurt
l’éclat du regard qui t’a vu te dévêtir.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le monde froid (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Le monde froid

Comme si les feux ne pouvaient
que brûler bas dans le brouillard,
mêlant le gris au gris,
voilant la face d’un soleil lunaire.

Comme si l’arbre sur la rive,
le décharné, grondait
d’un perpétuel hiver.

Les femmes, dans les cuisines,
parlent bas, serrent des châles gris
contre leur corps
que nul amour n’embrase et ne dévêt.

(saison de glace, de murmures,
de coeur plus sourd, battant dans le brouillard)

Tentons alors le mot lumière,
le mot mémoire, le mot désir:
beaux cavaliers lancés contre le froid.

(Jean Joubert)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :