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Poésie

Posts Tagged ‘se diluer’

NUÉE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



NUÉE

Comme si rien n’était solide, comme si
Je marchais sur un trou, comme si leurs corps denses
Allaient se diluer en poussière de nuit…

Mon geste vain s’ouvre et se ferme sur des formes
Qu’en plein jour le soir mange et mes yeux qui s’endorment

Ne percent plus la brume où s’enfoncent vos traits
Vous que je tiens, vous que je serre, et qu’en secret
Je veille dans la veille et le silence ainsi
Qu’une bête couvant en elle ses petits.

Un tournoiement abat le ciel bas sur les toits,
Est-ce le monde qui bascule ? suis-je moi ?
L’air vacille sans plus d’épaisseur que la vie.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Résonance (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Alexander Daniloff (34) 

Résonance

Tu prends forme
Dans l’arborescence de ma vie
Tout mon être se dilue
Dans le parfum du soir
Et mes jours de brume tissés
S’allongent sur le parvis
De l’éternité en marche

Les heures qui passent
Entraînent les saisons
Dans la cadence de l’émoi
Et au clair de l’espoir
Je me dirige à pas perdus
Dans les frondaisons des souvenir

J’insère une note de paix
Dans la partition du présent
Pour la salvation des esprits en sursis

(Maggy De Coster)

Illustration: Alexander Daniloff

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La pluie a serré ma chanson dans ses bras (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Carol Carter -   (4)

La pluie a serré ma chanson dans ses bras
Le rêve se dilue
Les prénoms les envies
Goutte à goutte

Yeux délavés
Quête de mémoire
L’amour est un jeu précipité
Et muet

(Emmelie Prophète)

Illustration: Carol Carter

 

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MOT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Amedeo Modigliani
    
MOT

Tu ris que je m’écharne pour des mots
que j’assemble ciels et collines en haie d’azur
autour de moi, et le bruissement des ormes
et les voix des eaux tremblantes;
que je trahisse ma jeunesse
pour les nuages et les couleurs
qui se diluent dans la lumière.

Je te connais : en toi tout égarée
la beauté rehausse tes seins,
creuse tes reins et en un mouvement suave
inonde ton sexe timide,
puis redescend en courbes harmonieuses
jusqu’aux dix coquillages de tes beaux pieds.

Mais voilà: si je te prends
tu seras toi aussi pour moi un mot, et la tristesse.

***

PAROLA

Tu ridi che per sillabe mi scarno
e curvo cieli e colli, azzurra siepe
a me d’intorno, e stormir d’olmi
e voci d’acque trepide;
che giovinezza inganno
con nuvole e colori
che la luce sprofonda.

Ti so. In te tutta smarrita
alza belleza i seni,
s’incava ai lombi e in soave moto
s’allarga per il pube timoroso,
e ridiscende in armonia di forme
ai piedi belli con dieci conchiglie.

Ma se ti prendo, ecco:
parola tu pure mi sei e tristezza.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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La réalité est infraction (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018




    
La réalité est infraction,
l’irréalité l’est aussi.
Et entre les deux coule un fleuve de miroirs
qui ne figure sur aucune carte.
Dans ce fleuve toutes les lois se diluent,
toute infraction devient un autre miroir.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Chanson au noir de la nuit (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Chanson au noir de la nuit

Dans l’oeil de solitude
Du puits vide où je suis
Jamais âme n’élude
Ses aveux de minuit.

Chaque nuit, tu l’endeuilles
D’un crime, ô Barbe-Bleue.
Je ne dors que d’un oeil
Dans l’amitié d’un feu.

Cette chienne de nuit
Offerte aux chiens errants
Qui aboient au néant
Pue la souille et la suie.

Un iceberg de noir
Se dilue dans la pluie
L’aube qui s’y appuie
Le suce et va le boire.

(Bernard Lorraine)


Illustration

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Arbres d’hiver (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Arbres d’hiver

Les lavis bleus de l’aube se diluent doucement.
Posé sur son buvard de brume
Chaque arbre est un dessin d’herbier –
Mémoire accroissant cercle à cercle
Une série d’alliances.

(Sylvia Plath)

Illustration

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Il arrive (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Arthur Hughes 45

Il arrive

Il arrive
qu’on ne possède plus
qu’une force enlisée
qu’on ne discerne que le passage
vide déserté..

Alors on cherche
les mots humains
à dire…
Mais, rien.

On s’égare on se défait
on se dilue.
Rien ne reste
qu’une buée un étouffement.
On n’atteint plus
on n’entend plus
sinon le bruit des mains affolées
le froid d’une déchirure.
Sinon, rien.

On sait que tout sera
à reprendre
qu’il faudra porter
notre inertie ou l’ignorer.
On sait l’à peine frémissant
de notre existence.
On sait. On ne répond plus.

On sait l’appel
lointain inaccessible
infiniment résonnant
infiniment blessant.
On sait l’irréalité
l’absence insupportable
où une prière seule pourrait…
Mais, rien.

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Arthur Hughes

 

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Le regard monte (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Le regard monte

Le regard monte
monte se hisse glisse
se réveille s’émerveille
parmi les courbes de la neige
vers les cimes

monte s’élève respire
emporte l’âme monte
se dilate se délivre
s’illumine
sur les cimes

monte monte la montagne
s’arrache gravit le vent
rejoint sa pointe
s’appuie des ailes

et s’enlève
jusqu’aux cimes
mais les cimes
en silence
descendent
toujours plus lentes glissent

descendent
s’éboulent s’écoulent
se fondent
dans la profondeur
se réjouissent de descendre
se perdre s’enfoncer
se diluer diminuer
disparaître
dans la douceur obscure
des pacages

où rejaillit une source
vers l’oubli.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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Il reste quoi du feu qui me fit vivre (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Il reste quoi du feu qui me fit vivre
les nuits comme des jours ?
Une fumée mourante ?

J’en ferai l’ombre qui me précède
et annonce à mon corps
qu’il avance en se diluant.

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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