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Poésie

Posts Tagged ‘se dire’

UNE MAISON LÀ-BAS (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Illustration: Philippe Abril

    

UNE MAISON LÀ-BAS

Une maison là-bas
avec sa porte ouverte
et ses deux tourterelles
récitant inlassablement le nom de l’absent
Une maison là-bas
avec son puits profond
et sa terrasse aussi blanche
que le sel des constellations
Une maison là-bas
pour que l’errant se dise
j’ai lieu d’errer
tant qu’il y aura une maison là-bas

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA LUMIÈRE ÉBLOUIT L’INVISIBLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
LA LUMIÈRE ÉBLOUIT L’INVISIBLE
(Le Philosophe et le Poète)

Un des états extrêmes qu’atteint l’homme
dans les peintures métaphysiques :
un mannequin d’osier
traversé de songes et d’énigmes.

Le ciel est sans oiseaux et les façades ont des fenêtres aveugles.
Dans la pénombre de la pièce, au premier plan,
deux Figures méditantes, de plâtre et de treillis,
contemplent un tableau posé sur un chevalet

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

Sur un fond outremer presque vide,
le tableau dessine le trajet d’astres capricieux
ou bien la chute des Esprits élémentaires de la matière.
On peut y voir, si l’on préfère,
les théorèmes de la Nuit.

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

Que se disent les deux Figures ?
—jusqu’où s’étend le bleu du doute ?
demande le Philosophe.
—jusqu’au parloir de l’orage,
répond le Poète.

Dehors la lumière éblouit l’invisible.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Si on pouvait noter (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 Illustration: Alexandre Romanès
    
Si on pouvait noter
toutes les phrases magnifiques
qui se disent chaque jour dans le monde,
on pourrait publier chaque matin
un live exceptionnel

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’essentiel peut se dire en quelques phrases (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019




    
L’essentiel
peut se dire en quelques phrases,
eu-delà,
on bascule dans autre chose.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une douleur se plaint (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018



    

Une douleur se plaint
de ne pouvoir se dire

Halo tremblant
autour du corps

Reptation lente
à ras sous la peau

Sans lieu
souffrant d’ errer

Si proche cependant
nodosité mouvante
étranglement d’être

Stase opaque
aux frontières
d’un lacis d’angoisses

Vacille ténue
reflue se retire
épuisée
de n’ avoir su désigner
la vérité qu’elle recelait

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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On se dit (Éric Pessan)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



Illustration: Patrice Murciano
    
On se dit ça va changer

(Éric Pessan)

 

Recueil: Le syndrome Shéhérazade
Traduction:
Editions: L’Attente

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Réalité (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Réalité:
rien qu’une parole
se disant sans fin elle-même.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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LE REGRET DE LA TERRE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
LE REGRET DE LA TERRE

Un jour, quand nous dirons « C’était le temps du soleil,
Vous souvenez-vous, il éclairait la moindre ramille,
Et aussi bien la femme âgée que la jeune fille étonnée,
Il savait donner leur couleur aux objets dès qu’il se posait.
Il suivait le cheval coureur et s’arrêtait avec lui,
C’était le temps inoubliable où nous étions sur la Terre,
Où cela faisait du bruit de faire tomber quelque chose,
Nous regardions alentour avec nos yeux connaisseurs,
Nos oreilles comprenaient toutes les nuances de l’air
Et Iorsque le pas de l’ami s’avançait nous le savions,
Nous ramassions aussi bien une fleur qu’un caillou poli,
Le temps où nous ne pouvions attraper la fumée,
Ah! c’est tout ce que nos mains sauraient saisir maintenant. »

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Retouche à la tempête (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
retouche à la tempête

au fond de la forêt violette
la mer en triangle
donne un son très haut

de ceux qui laissent des cernes
à la robe des chanteuses

l’orage en peau de lièvre
hésite et s’étire

car il se dit sous la fougère
les mots qui font rire l’amour

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Soleil soleil (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Ils ont un enfant chacun dans les bras les mots qu’ils aiment
se disent deux fois: soleil soleil sur l’herbe sur l’herbe tu danses-tu ?
Le ciel se danse.
Parfois le soleil juste en face.

(Valérie Rouzeau)

 

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