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C’EST UNE CITE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Gaston Bussiere (French, 1862-1929)   Juventa

C’EST UNE CITE

C’est une cité avec beaucoup de lumière.

As-tu jamais vu des maisons pétrifiées
En rêve ou en éveil ?
Tout est fragile comme porcelaine,
Avec des portes automatiques qui s’ouvrent et se referment.

Si tu remues la main elle se brise

Pleines de lustres dans les salles à miroirs,
Elles multiplient la lumière terrible, la disloquent
Sur les planchers où nagent des cygnes peints.
De belles femmes avec des hanches et des seins
Observent leur visage dans les eaux et attendent les cygnes.

Personne n’y habite. Tous ont été
Enterrés dans des tombes de marbre.

Tu peux les visiter
Comme on visite les musées.
Chacune possède son nom sur la plaque,
Son numéro, son genre, ses rêves.

Nous avons souffert des excès de lumière d’un été sec.
Mais ce fut beau, très beau.

(Georges Themelis)

Illustration: Gaston Bussiere

 

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On sent dans l’ombre (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
on sent dans l’ombre
un remuement plus sombre
et lent
l’ombre nous guette
on scrute sans voir
sans savoir ce qui vient

*

avançant à l’aveugle
dans la peur de nous perdre
on pressent
le moment où
se disloquera la petite carcasse
lentement construite

*

quand on parvient à s’évacuer
elle n’a plus rien à défaire
alors
on rit parfois
quand elle passe à travers le corps
folle et se cognant aux murs

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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Nous nous aimons très tendrement (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
nous nous aimons très tendrement
,plus qu’une averse
a besoin d’arcs-en-ciel ou que font d’éventuelles
fleurs de mai les flocons:

tout à fait yeux de l’air
non que les premières grives du crépuscule s’éveillent
plus en secret que nos (même si se disloquaient
quelques-uns des mondes)êtres

Nul faire ne défera
(ni la folie ni la mort ni les deux qu’est
la guerre) ton moi ou ne simplifiera mon toi,chérie

douce et créative cette complexité
jamais connue est née avant qu’une lune éclose
avant que Dieu Se soit désiré dans la rose

et même(
nous aventurant jusque du côté
du plus immémorial des quand
)avant

chaque battement de coeur que je vis t’embrassant

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Peur du déluge de chants et d’images (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Marie-Christine Thiercelin
    
— Peur du déluge de chants et d’images,
peur du torrent de mots et de cris,
peur du tourbillon de rêves et de désirs,
peur du vertige où mon corps se disloque,

Ô bien-aimé silence,
empare-toi de moi,
protège-moi des assauts incessants
des maîtres invisibles qui cherchent à soumettre
ceux qui osent résister aux défaites du temps,
aux paresses, aux lâchetés du monde,

Ô silence bien aimé,
envahis-moi de toi ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Préambule à une terreur métaphysique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Préambule à une terreur métaphysique

Gravite une maison isolée surplombant la mer

Mon esprit se disloque dans le labyrinthe des passions

Irrité par la circonférence toujours close mon être secret et meurtrier cherche son
salut

L’angoisse du temps porte un masque et l’obsession un soir de me coucher seul me
poursuit
mais la grâce du langage revêt une profonde langueur
L’épiderme ardent sur une terre aride égaré dans un océan fouetté par les vents
accablé par les couleurs violentes je regrette les outrages et les rancoeurs
car dans l’amplitude de l’espace cette crotte de terre est l’endroit absolu pour
s’enfuir.

Gouttes du temps la forêt navigue le vent retrousse la vague
l’étoile se referme dans la captivité où ricane l’horizon

Un rire de chair dans le miroir de l’âme au rythme de la marche toute la forêt
tremble et la marée des moissons retourne à la source du sommeil où bourdonne le
jardin.

L’inquiétude des eaux ouvre mon cœur à la cruauté des choses
et je glisse ma main dans l’étoffe des nuits pour palper le sien.

Le mur a l’aspérité qu’il faut pour que mes doigts le reconnaissent
car le poli est anonyme et ne renvoie à rien
Rugosité tu es la présence de la matière
et le ciment lie la pierre à la pierre pour édifier dans l’espace vide
le lieu de l’étreinte de deux corps qui se prennent
et de deux coeurs qui s’éprennent

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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L’aube s’éraille (Gilbert Langevin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2016



l’aube s’éraille
tous les rêves défendables
se liguent mais en vain
car la peur dévisse le devenir
et falsifie les fables
où l’amour se disloque agonise le verbe

(Gilbert Langevin)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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