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Poésie

Posts Tagged ‘se dissiper’

Mon histoire est pipée (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Mon histoire est pipée. Dissipez-vous, mirages !
Ni dames ni valets, je reste sans atouts.
Je joue au vrai poète, est-ce là mon chantage ?
Je triche mais je perds. Je me moque de tout.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une joie (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Illustration: Armand Point 
    
Une joie

Afin de n’être plus qu’un rêve épris de lumière
où s’endort la nuit, et lors même que se livre
le mystère d’une parole blanche éperdue de tendresse.
À l’orée du bois céleste, quand même le monde se dissipe
dans la guerre, et ploie sous l’amour, n’être qu’ une joie
traversée d’éphémère, lorsque plie la terre à la prière du ciel.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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La file de nuages va se dissipant (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018




La file de nuages va se dissipant.
Astre du soir, étoile triste,
ton rayon peint d’argent les plaines endeuillées
et la baie endormie et les falaises noires.
J’aime ce faible éclat, dans la hauteur du ciel,
qui fait renaître en moi des pensées assoupies ;
je revois ta venue, astre familier,
au paisible pays où tout parle à mon coeur,
où de fiers peupliers se dressent dans la plaine,
où le myrte amoureux dort, et le noir cyprès,
où l’onde ensoleillée murmure, sensuelle,
où je traînais jadis ma paresse rêveuse,
des coteaux à la mer, le coeur lourd de secrets,
quand l’ombre de la nuit gagnait les maison basses —
la jeune fille alors dans l’ombre te cherchait
pour redire ton nom — le sien — à ses compagnes.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

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Combien de mondes (Denis Diderot)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Combien de mondes estropiés, manqués, se sont dissipés,
se reforment et se dissipent peut-être à chaque instant..

(Denis Diderot)

Illustration

 

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Le jardin de la vallée d’or (Tou Mou)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018




    
Le jardin de la vallée d’or

La floraison de luxe s’est dissipée comme la poussière parfumée.
Impassible est le cours d’eau. Seule, l’herbe fête le printemps.
Le jour baisse, le vent de l’Est fait écho aux oiseaux plaintifs.
La chute des fleurs évoque le souvenir de la belle tombée du pavillon.

(Tou Mou)

 

 

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Un nom dans la montagne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Un nom dans la montagne

Et ton nom dans l’écho où paraît la montagne
Bleue
Crainte bleue des hauteurs et froide perception
Le vent seul, le vent
Obscur et vrai comme est le pain de vie

Avance
Parmi les hauts graviers de grège
Car on t’appelle d’un nom plus haut
Dans l’adage des morts, source grave
Étroite distinction

De toi parmi les morts, de toi parmi les roses
Et l’on ne sait si tu entends encore l’abondance
De ton corps descendu dans des milliers de graines

Pose les mains encore sur l’étendue
Car tous les chemins de fer se dissipent
Tous les tournants saignent sous l’arche

Éprends-toi d’un vieux reflet de la lumière
La main rie l’ami faible au loin te faisait signe.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Je me suis soudain réveillé (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Lili Flore
    
Je me suis soudain réveillé, j’étais seul.
J’ai reconnu le petit-duc, à ses gémissements aveugles,
Qui du haut du ciel semblaient tout proches,
Au-dessus de ma poitrine.

Avec son chant, je me suis retrouvé vivant dans le silence ;
Mais perdu dans mes rêves, de mon corps
Rien ne restait qu’une mémoire
Triste et déçue.

Et toi aussi, mémoire et non image,
Tu me dominais, tu dominais ce chant,
Et tu rendais mortel ce silence,
Sans m’apparaître.

Tu t’étais dissipée en moi, pour ainsi dire,
Dans ma chair lasse, en rêve. Un spectre mortel
Qui terrasse cette vie. Et pourtant
Je continuais de t’aimer.

***

Mi destai d’improvviso, ero solo.
Conobbi l’assiuolo ai ciechi gemiti,
che dal cielo suonavano vicini,
sopra il mio petto.

Con quel canto fui vivo nel silenzio;
ma, perduto nei sogni, del mio corpo
nulla restava se non una memoria
triste e delusa.

E anche tu, memoria non immagine,
su di me, su quel canto sovrastavi
e facevi mortale quel silenzio,
senza apparirmi.

M’eri dissolto, quasi, nella stanca
carne, nei sogni; una mortale larva
che sopravanza questa vita; eppure
ti amavo sempre.

(Pier Paolo Pasolini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccatty
Editions: Points

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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Que sommes-nous ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Que sommes-nous ?

Que sommes-nous ? les enfants des étoiles,
l’instant zéro que nul ne connaîtra
ou l’infini du fond des océans ?

De loin en loin, je rencontrais cet homme.
Il me parlait de soleil et de pluie
tout en cachant de la main son visage.

ll aurait pu répondre. Il se taisait
et je voyais cet envers de moi-même
se dissiper dans des soutes opaques.

Qui m’apprendra la lecture de l’autre,
me dictera les rites du vertige
au bord du gouffre étrange du pourquoi ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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PASSERELLES (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018


 


Alla Chakir  7afb

 

PASSERELLES

D’un souffle sur les vitres
qui se ramifie,
se dissipe, la nuit entière,
tu recrées la confiance.

Si tendre, la paume,
les yeux grands ouverts,
aucun mur ne s’oppose
à l’aube, à l’odeur du large.

Ces fleurs qui tressaillent
entre des pierres :
qu’un mot te franchisse,
toi aussi tu es libre.

Plein été, tu dis «neige»,
ce sera «fruit », l’hiver,
le plaisir est le même
d’aller plus loin.

Le front toujours nu,
le vent des falaises,
peu importe où l’on va,
un enfant nous devance.

(Pierre Dhainaut)

Illustration: Alla Chakir

 

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