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Posts Tagged ‘se dresser’

RÉCONFORTEZ (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
RÉCONFORTEZ

Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort,
Ne soyez pas le vent qui éteint la flammèche,
Attisez-la plutôt, car la nuit est poison!
Versez de l’huile encore, époussetez la mèche,
Car la nuit est venin et le sommeil est mort !
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort.

Faites son coeur plus ferme et plus fort son esprit!
L’on a vu s’embraser déjà plus d’une nuit
Être victorieux déjà plus d’un combat
Où le drapeau jamais de nos mains ne tomba!
Il se dresse – aussi fort que muraille de fer
Dans le chaos de mer dont bouillonnent les lames,
Ô faites fort mon peuple et soufflez sur sa flamme !

Ô faites fort mon peuple et qu’il ne s’affaiblisse !
Que les forces de vie radieuses jaillissent
En colonne de feu dans la nuit qui surgit!
La nuit chante, veillant le jour comme vigie !
Décochez, flèche d’or, son rayon lumineux
Pour saluer là-haut la colonne de feu!
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort,
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je le crie sur les toits (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019




    
je le crie sur les toits
je le hurle à la lune
je grimpe aux murs en y pensant
je saute en l’air en le disant
je t’aime je t’aime à la folie
j’en ai des frissons dans le dos
les cheveux qui se dressent sur la tête
les dents qui claquent les genoux qui tremblent
yeux exorbités doigts de pied électrisés
hou là là c’est excitant
exaltant étonnant époustouflant
vraiment
d’aimer

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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La vague roule et s’effondre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2019



 

Adamov Alexey 12 [1280x768]

La vague roule et s’effondre,
Se reploie et remonte et s’éploie :
— Son culte étreint le monde
D’un océan de joies.

La vague se dresse et s’écroule,
S’assemble et brandit sa clarté :
— Elle donne une âme à la foule
Et la pare de sa beauté.

La vague surgit et nous porte,
Nous qui chantions sous nos treilles,
Assis devant notre porte
À compter nos jours pareils ;

Nous qui chantions en poètes,
L’un pour l’autre, nos mêmes soucis,
Savons-nous si nos âmes sont prêtes
Pour les lendemains que voici ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Adamov Alexey

 

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Pensive (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Pensive une pluie tombe sur le terrain de sport
où se dressent face à face
les deux buts de football

(Tawara Machi)

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Un ciel fébrile oscille (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



Un ciel fébrile oscille

Au-dessus du paysage
Qui frémit dans l’air frais
Du matin et l’horizon
Coud le ciel à la mer
A grand-peine le soleil traverse
Un nuage opiniâtre

Au bout du chemin
Se dresse le noyer
Du champ de mon oncle
Sous lequel nous aimons
Nous asseoir côte à côte
Pour regarder l’oiseau
Dans son vol qui emporte
La clarté du jour
Et dans le soir qui nous baigne
La caresse de ta voix
Crée des images fiévreuses
Au milieu de folles odeurs
Qui montent du jardin
Et de sons liquides
Qui flottent à la surface
Du minuscule ruisseau
Sous un ciel attendri

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Aimé Venel

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UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES (Zhang Ji (Yisun))

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Hanshan]

UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES

La lune décline
Les corbeaux se lamentent
Le ciel est plein de givre
Au bord de la rivière
Les érables s’illuminent aux feux des pêcheurs
Je sombre dans un sommeil mélancolique
En dehors de la ville de Gusu
Se dresse le temple de Hanshan
A minuit le tintement de sa cloche
Parvient jusqu’à ma barque

(Zhang Ji (Yisun))

Illustration

 

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Île de Pâques (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




    
Île de Pâques
À Luis Mizôn

Je ne suis jamais allé
dans l’île esseulée de Pâques,
sauf en rêve
dans le vol d’un albatros
ou sur le dos d’une jubarte.
Là, muets, lourds de mystères,
se dressent des hommes de pierre
aux pensées indéchiffrables.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Comme le vent du soir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019


 

Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.

Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.

Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposé à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,

afin que dans la roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.

***

Wie der Abendwind
durch geschulterte Sensen der Schnitter
geht der Engel lind
durch die schuldlose Schneide der Leiden.

Hält sich stundenlang
zur Seite dem finsteren Reiter,
hat denselben Gang
wie die namenlosen Gefühle.

Steht als Turm am Meer,
zu dauern unendlich gesonnen;
was du fühlst ist Er,
im Innern der Härte geschmeidig,

daß im Notgestein
die gedrängte Druse der Tränen,
lange wasserrein,
sich entschlösse zu Amethysten.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Madeleine hurlait (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Jean-Georges Cornélius
    
Madeleine hurlait, sanglotait,
Le disciple favori devenait pierre,
Mais personne n’osa regarder
Là où muette se dressait la Mère.

(Anna Akhmatova)

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