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Posts Tagged ‘se dresser’

SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT… (Bao Zhao)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT…
(Du cycle « Le chemin épuisant », quinzième poème)

Souvenez-vous
comme fièrement se dressait
la tour de la Poutre de Cyprès,
il n’en reste
que des ruines
envahies de ronces.
N’avez-vous pas vu
que le palais d’Afang,
si splendide,
est devenu un pré bourbeux
où nichent les perdreaux ?
Aujourd’hui,
des rangées de stèles serrées
couvrent les pentes
où jadis des beautés minces
aux manches flottantes
rivalisaient pour conquérir
le monde entier.
Leurs corps précieux
qui valaient leur poids d’or
ont bien changé.
Que le vin et le plaisir
soient notre but !
Ne faisons
que ce que le coeur désire !
Quand, un jour,
nous descendrons
vers l’argile jaune,
nous n’aurons rien
à regretter !

(Bao Zhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Les chrysanthèmes blancs (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Les chrysanthèmes blancs
Se sont dressés pour voir
La pleine lune

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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L’allée est droite et longue (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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SUBSTANCE FEMME (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020


 


Colette Deblé .-Venus-anonyme-Technique-mixte-1024x6921

 

SUBSTANCE FEMME
(sur des lavis de Colette Deblé)

je me désenfouis
je me dresse
je suis de nulle part
je prends toutes les formes du monde

j’apparais
j’accueille tous les souffles
je ne crains pas
les loups du couchant

je porte mon poids de nuit
pour retomber toute en pluie
je suis une haute gisante
dans l’entre-temps du paradis

je m’allonge sur le cosmos
tout au fond des mots
je perds la tête et un peu plus
je sais toutes les brûlures

oiseau du coeur à la renverse
je suis ravissement
blessure vive
ma sueur se dissipe aux rayons de lune

je viens te dire
la liqueur des anges
je viens te dire
l’infinité de mon tombeau

(Zéno Bianu)

Illustration: Colette Deblé

 

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Oublie ta fatigue (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



oublie ta fatigue

refuse de convenir
que tu as marché
en vain
jusqu’à ce jour

oublie ta fatigue

étouffe la voix
qui t’invite
à renoncer
et sache faire
meilleur accueil
à ton besoin
du retour

oublie ta fatigue

dresse-toi
à nouveau

chemine
à nouveau

n’admets pas
que ta patrie
soit l’exil

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Noir (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020



Langston Hughes
    
Noir

Je suis un Noir:
Aussi noir que la nuit noire,
Aussi noir que les profondeurs de mon Afrique.

J’ai été un esclave:
César m’a ordonné de nettoyer son perron.
J’ai ciré les bottes de Washington.

J’ai été un ouvrier:
Sous ma main les pyramides se sont dressées.
J’ai fait le mortier pour le Woolworth Building.

J’ai été un chanteur:
Sur la route de l’Afrique à la Georgie
J’ai emporté mes chansons tristes.
J’ai inventé le ragtime.

J’ai été une victime:
Les Belges m’ont coupé les mains au Congo.
On me lynche encore au Mississippi.

Je suis un Noir:
Aussi noir que la nuit noire,
Aussi noir que les profondeurs de mon Afrique.

(Langston Hughes)

Traduit de l’anglais par Thierry Gillybceuf

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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MIRAGES (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
MIRAGES

Je ne connais les choses que partiellement —
La couleur de la rose et la calme fumée
Du Vésuve et le blanc visage de l’aimée
Mais non que la douleur la ronge lentement.

Moi-même je ne suis qu’un feu sur une cime.
Mais qui sait tes tréfonds, qui donc soupçonnerait
Que tu tiens enfermé le rare minerai,
Pic qui te dresses droit sur le bord de l’abîme ?

Je suis un voyageur et d’autres avant moi
Ont suivi le chemin vers ces buts qu’on rêva,
Mais qui sont différents lorsque la main les touche.

Et, la tête déjà chenue, je vais encor
Au milieu du désert croyant que je débouche
Sur la forêt, croyant la voir. Aurais-je tort ?

(Mihai Beniuc)

 

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ECCE HOMO (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020




    

ECCE HOMO

Tout ce qu’on voit est le jeu des reflets
De la grande, incertaine vérité,
Voilée, dévoilée, celle qu’on arrache
A l’infiniment fugace infini.

Mais chacun prend l’attitude qu’il peut,
Volant, couché, se dressant, accoudé
Sur le rocher, orgueilleux ou petit,
Pour contempler ou l’azur ou l’abîme.

Au loin les éperviers tournent et guettent
Et dans l’eau veillent les requins agiles,
Pendant qu’impassible un soleil éclaire
Le monde tordu par tant de tempêtes.

Mais tu es l’homme Et, là-haut, tu dois rompre,
Parmi les loups, un rameau d’olivier
Chargé de fleurs qui appellent la paix.
A toi de décider ce que tu fais.

(Mihai Beniuc)

 

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Dans le poème (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020




Dans le poème,
Rien que du vertical,

Perpendiculaire à ce temps vécu
En dehors de lui.

Sur l’horizontal de la durée,
Le poème se dresse,

Arrête
L’écoulement,

Enferme le temps
Dans la sphère.

(Guillevic)

Illustration: Gustave Moreau

 

 

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