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Poésie

Posts Tagged ‘se fatiguer’

Attends (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration: Danielle Decollonge
    
Attends que ta colère
comme le vent se fatigue.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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LE SANG DES HOMMES (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



LE SANG DES HOMMES

Le sang des hommes se fatigue
à demeurer toujours debout.
Chaque soir il frappe chez vous,
O sommeil, et demande asile.

Vous êtes la maison fidèle.
Vous l’accueillez comme un enfant
et l’étendez tout doucement
pour qu’il devienne parallèle

à l’eau sereine des ruisseaux.
Le sang des hommes se repose.
Les songes sont un peu plus haut
et jouent à délier les choses.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: F.A. Moore

 

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La muse… (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
La muse…
elle dicte et souffle un pouvoir très limité,
puis elle s’éloigne et se fatigue vite
en faisant oublier que l’on peut être dévoré à tous moments
par une colonie de fourmis rouges,
broyé par une géante langouste d’arsenic,
ou bien encore pris dans la rose de laque tiède d’un boudoir
contre lesquelles ne peuvent rien les muses
embusquées dans les pupilles des yeux.

Lorsque la muse sent que la mort traîne dans les environs
elle ferme aussitôt sa porte, se dresse sur un socle, prend une urne,
et se met à écrire une épitaphe de sa main de cire,
puis arrose de sueur le laurier de son front et alors dans la brise,
seul le silence se fait entendre.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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De les regarder si fort (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
De les regarder
Si fort que l’on peut,

La table, la chaise ou un autre bois,
L’heure est donc venue

Ne sachant que trop
Qui, encore une fois, se fatiguera.

Mais il faut quand même
Essayer

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le mur se fatiguait (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
Le mur se fatiguait
Du soleil et du lierre.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Complainte de Panurge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
Complainte de Panurge

1
Il n’est vraiment pas surprenant
Qu’une fille aux yeux caressants
Se fatigue de travailler
Et, mal payée,
Rêve d’être riche
Sa vie n’est-elle pas chiche?
A d’autres les adorateurs
A d’autres les toilettes
D’autres qui parfois sont plus bêtes
Parfois moins jolies et sans coeur
Au lieu des dîners à cent sous,
Des sommeils trop courts
Manger tout son saoul
Dormir tout le jour
Pourquoi n’est-ce pas elle
Que l’on admire et trouve belle
Et son coeur
Attend le séducteur.

2
Elles ont trimé tout le jour
Au fond des boutiques trop sombres
Elles rentrent comme des ombres
Quand meurt le jour
Elles vont très loin
Hélas pour manger sans faim
Se déshabiller dans un coin
Seules jusqu’à demain
Pourquoi n’est-ce pas elles… etc.

3
Et quand a surgi leur vainqueur
Il est naturel qu’un beau soir
Elles donnent lèvres et coeur
Le temps de boire
Le vin dans le verre
Ceux qui leur jettent la pierre
Ont l’âme sèche et le coeur dur
Peut-on leur faire honte
Puisque la mort vient en fin d’ compte
De courir sans peur l’aventure
De se vêtir avec la soie
Au lieu de la vendre
De chercher la joie
Et pour ça se vendre
C’est à leur tour à elles…

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Balance (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



 

Maria Amaral _1006-640x799

Balance

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Cherche un autre partenaire
Ou un autre cavalier
Moi, je ne suis pas une bonne affaire
Je te marcherais sur les pieds

Car… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Cette chanson brésilienne
Me donne envie de bouger
Me voilà pris d´une audace soudaine
Mais mon corps reste figé

Car… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser

Mais si jamais tu proposes
D´autres ébats, d´autres jeux.
Alors ce n´est plus du tout la même chose,
Je te suivrai où tu veux.

Mais… J´sais pas danser, pas danser
Ni m´balancer, m´balancer
Ça me fatigue de me trémousser
J´sais pas danser, pas danser…

(Georges Moustaki)

Illustration: Maria Amaral

 

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L’Espace (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



L’Espace

I. Etant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?

II. Quel est le plus long chemin d’un point à un autre ?

III. Etant donné deux points, A et B, situés à égale distance l’un de l’autre,

comment faire pour déplacer B, sans que A s’en aperçoive ?

IV. Quand vous parlez de l’Infini, jusqu’à combien de kilomètres pouvez-vous aller sans vous fatiguer ?

V. Prolongez une ligne droite jusqu’à l’infini : qu’est-ce que vous trouverez au bout ?

(Jean Tardieu)

Illustration: Gilbert Garcin

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De loin (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016




De loin

Du bonheur qu’ils rêvaient toujours pur et nouveau
Les couples exaucés ne jouissent qu’une heure.
Moins ému, leur baiser ne sourit ni ne pleure ;
Le nid de leur tendresse en devient le tombeau.

Puisque l’œil assouvi se fatigue du beau,
Que la lèvre en jurant un long culte se leurre,
Que des printemps d’amour le lis, dès qu’on l’effleure,
Où vont les autres lis va lambeau par lambeau,

J’accepte le tourment de vivre éloigné d’elle.
Mon hommage muet, mais aussi plus fidèle,
D’aucune lassitude en mon cœur n’est puni ;

Posant sur sa beauté mon respect comme un voile,
Je l’aime sans désir, comme on aime une étoile,
Avec le sentiment qu’elle est à l’infini.

(René-François Sully Prudhomme)

 

 

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