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Poésie

Posts Tagged ‘se faufiler’

Conciliable (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Conciliable

Des routes vierges
se faufilant
dans les gris

Des petits matins
simples

Des pluies
clémentes

Des envies
de pardon

Des espoirs
conciliables

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Oiseaux (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Oiseaux

Le trou dans le cerisier
semble le chas d’une aiguille
Le couple de moineaux friquets
s’y faufile comme des anguilles

Qu’il serait bon d’être comme eux :
Ceux qu’on aime au secret du nid
de grandes ailes dans le ciel
et puis se cacher tout petit

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE LANGAGE DES OISEAUX (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    
LE LANGAGE DES OISEAUX
pour Helen Sutherland

Ce ne sont pas les oiseaux qui parlent, mais les hommes qui apprennent le silence.
Eux, ils ne savent et n’utilisent aucun langage.
D’une sagesse de feuilles
Dans un vol d’ombres qui se faufilent entre les frondaisons des arbres,
N’exprimant que les longues pensées du monde,
Leur chant s’élève, absolu, ce chant qui n’a qu’une seule phrase
Et ne vient pas d’un coeur divisé, douloureux.

Les bêtes aux yeux indifférents et doux,
Éveillées ou endormies, ont la grâce naturelle.
Ordre innocent des étoiles et des marées,
Un élan circule dans le cours du sang.
Obéissant à un seul pouls vivant,
Avec eux, les saints conversent en secret.

Nous, ignorants et bannis, nous restons
A nous émerveiller du vol de l’hirondelle,
A contempler la main ouverte,
A interroger les lignes de la chance :
Chaque destinée tourmente
L’esprit exilé.

Nos paroles et nos idées ne nomment
Qu’un univers d’ombres; car la vérité est claire
Qui a visité Jacob en rêve,
Que Moïse entendit dans le désert brûlant,
Et que livrent les anges dans l’annonciation.

***

THE SPEECH OF BIRDS
For Helen Sutherland

It is not birds that speak, but men learn silence;
They know and need no language; leaf-wise
In shadowy flight, threading the leafy trees,
Expressive only of the world’s long thoughts,
Absolute rises their one-pointed sons,
Not from a heart divided, and in pain.

The sweet-eyed, unregarding beasts
Waking and sleeping Wear the natural grace.
The innocent order of the stars and tides
An impulse in the blood-stream circulates.
Obedient to one living pulse,
With them, at heart, converse the saints.

We, ignorant and outcast, stand
Wondering at the swallow’s flight
Gazing at the open band,
Questioning the lins of fate —
Bach individual destin »,
Preying on an exiled mind.

Our words, our concepts, only Harle
A world of shadows; for the truth is plain
That visited Jacob in a dream,
And Moses, from the burning desert heard,
Or angels in annunciation bring.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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La nuit ronfle (Georg Büchner)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



    

La nuit ronfle au-dessus de la terre et s’agite en un songe atroce.
Des pensées, des désirs à peine soupçonnés, troubles et informes,
qui se dissimulaient craintivement à la lumière du jour,
reçoivent maintenant figure et relief
et se faufilent comme des voleurs dans la demeure silencieuse du rêve.
Ils ouvrent les portes, regardent par les fenêtres, s’incarnent à moitié.

(Georg Büchner)

 

Recueil: La Mort de Danton
Traduction:
Editions:

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Le diable se faufile (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
le diable se faufile au jardin d’eden
(caresse-moi belle caresse-moi bien)
et voit qui errent deux êtres humains
—entends les arbres qui se plaignent

la femme et puis l’homme il mordille
(s’ouvrent magnifique s’ouvrent bien)
et leurs yeux sont humides et brillent
—sens un peu ce serpent qui grimpe

dieu il appelle et un ange vient
(baise-moi chéri oh baise-moi bien)
avec une longue large épée de feu
—et comme je jouis ô mon dieu

***

devil crept in eden wood
(grope me wonderful grope me good)
and he saw two humans roaming
—hear that tree agroaning

woman chewed and man he chewed
(open beautiful open good)
and their eyes were wet and shining
—feel that snake aclimbing

lord he called and angel stood
(poke me darling o poke me good)
with a big thick sword all flaming
—o my god I’m coming

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Quelle douceur… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Virginie Trabaud
    

Quelle douceur…

Quelle douceur d’allumer un feu de bruyère
A la nuitée et d’y accrocher sa marmite,
De souper en rêvant au seuil de sa chaumière
Quand la lune fleurit comme une clématite,

Et de tendre à une biche familière
Se faufilant silencieuse au ras des branches,
Le reste de son pain et de la voir, légère,
Danser en s’ébrouant par les clairières blanches!

(Marie Dauguet)

 

 

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Ca couine dans vos os (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration
    
Ca couine dans vos os.

Seuls les oiseaux discernent
ce cri à l’intérieur des hommes
qui vont et viennent gravement
et croient se faufiler indemnes
dans les inconnues de la vie.

Vous ne savez pas que vous êtes
de papiers à rumeurs
chuchotantes en filigrane.

Mais les oiseaux, mais les oiseaux entendent
négations,
sortilèges,
énergie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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VISIBLE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

femme orage

VISIBLE

Bobines de foudre dévidées
dans la déchirure de cette nuit d’hiver : tonnerre
provoqué par l’astre — comme si

ton fantôme était passé, brûlant,
dans le chas de l’aiguille, et se faufilait
net à travers la soie
du néant.

Refuse
de naître à nouveau. Quand tout le reste mourra
la mort seule
survivra en moi.

(Paul Auster)

Illustration:Ana Cruz

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Elle est arrivée la brume du printemps (Izumi Shikibu)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2016



Elle est arrivée
la brume du printemps
et j’entends gronder le torrent
se faufilant entre les rochers

(Izumi Shikibu)


Illustration

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LES SOURCES (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016



 

LES SOURCES

Sa faufilant plus bas
Leur musique clôt
Un cadre d’espace
Nous maintenant au bord
De ce qui tombe
La maison dans leurs bras
Persiste et signe
Le droit à l’éphémère
De ce qui dure
Un leurre de lumière
Brille et se sauve

(Heather Dohollau)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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