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Poésie

Posts Tagged ‘se frayer’

Pour lui parler (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
Pour lui parler, il faut utiliser peu de mots :
des mots simples, des mots essentiels, qui vont du cœur au cœur.
Des mots qui se glissent, petit à petit,
avec leurs consonnes, leurs voyelles, dans le corps et la pensée de Marie.

Des mots qui deviendront la matière de ce corps, le ferment de cette pensée,
des mots à lent parcours qui traverseront le conduit auditif,
atteindront la caisse du tympan, percuteront les osselets, ensuite le rocher;
des mots qui se frayeront lentement passage dans le labyrinthe de l’oreille.

Des mots aimés, des mots aimants, ressentis, agrippés à l’espérance.
Des mots vrais même s’ils mentent.
Des mots forgés d’amour et de promesse, même s’ils simulent.
Des mots réels et fictifs.
Des mots pour vivre et pour rêver.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: https://jasminsurterre.wordpress.com/

 

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Les larmes (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les plus douces émotions, comme les plus violentes
jaillissent par les yeux
et les larmes se fraient,
entre silence et musique,
un chemin inédit où tout peut se dire,
où tout demeure secret.

Elles coulent, les larmes, elles s’effacent aussi,
rappelant que le plus précieux de l’être ne peut être capturé
et que la douleur et le bonheur sont fugaces :

reste ce flot de vie ou d’oubli,
reste cette source claire.

Pleurer, c’est reconnaître et aimer en soi
cette source mystérieuse et intarissable.

L’amour ne sèche pas les larmes, il les invite,
il les rend éclatantes.

Il n’apaise pas,
il exalte.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: William Merritt Chase
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II)

Dis que tu entres dans ma chambre
tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur
et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher
il faut qu’elles se fraient un passage
à travers les blés dans lesquels tu te tiens,
avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité
comme par une fenêtre
au-delà de laquelle le monde n’est plus
qu’une affiche qui se débat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps
qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins
que ma caresse trace sous ta peau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Mais quelle voix de douceur (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Mais quelle voix de douceur
et d’abandon
se fraie un chemin
entre les épaisseurs
parmi les noeuds du coeur
Quel sourire prend la plainte à revers
et l’efface
abrite la bête dans l’humide
sous les paupières
entre les lèvres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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