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J’ai retenu la vie (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Illustration
    
J’ai retenu la vie
Pour que dure l’instant sous le poids des mémoires
j’ai retenu la nuit
plus doucement qu’une main de femme
plus longuement sans oublier
contre des murs vivants
sur un étroit chemin utile comme un arbre

Pour que le don de Mort recouvre les eaux sures
J’ai retenu la mer
loin des cathédrales dont elle se glorifie
loin de ces araignées qui tissent
encore des vagues pour attirer la plage
et des rochers tordus où s’en ira la vie
j’ai retenu la vie
j’ai retenu la mer

Pour que reste le cri des oiseaux de l’orage
ceux qui n’ont plus rien dit depuis la grande attente
ceux qui prient chaque fois pour les morts en puissance
et détiennent la tour d’où soufflent tous les vents
j’ai retenu la mer
la nuit est moins féroce
qui permet au soleil
un temps de revenir

(Nadia Tueni)

 

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Les poètes croient tous (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2015



 

Les poètes croient tous que celui qui est étendu sur l’herbe, ou sur un versant solitaire,
en dressant l’oreille, apprend quelque chose de ce qui se passe entre le ciel et la terre.

Et s’il leur vient des émotions tendres,
les poètes croient toujours que la nature elle-même est amoureuse d’eux :

Et qu’elle se glisse à leur oreille pour y murmurer des choses secrètes et des paroles caressantes.
Ils s’en vantent et s’en glorifient devant tous les mortels !

Hélas ! Il y a tant de choses entre le ciel et la terre
que les poètes sont les seuls à avoir rêvées !

Et surtout au-dessus du ciel :
car tous les dieux sont des symboles et des artifices de poète.

En vérité, nous sommes toujours attirés vers les régions supérieures
– c’est-à-dire vers le pays des nuages :
c’est là que nous plaçons nos ballons multicolores et nous les appelons Dieux et Surhommes.

Car ils sont assez légers pour ce genre de sièges !
– tous ces Dieux et ces Surhommes.

Hélas !
Comme je suis fatigué de tout ce qui est insuffisant et qui veut à toute force être événement !
Hélas !
Comme je suis fatigué des poètes !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Rémi MalinGrëy

 

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