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Poésie

Posts Tagged ‘se gonfler’

Je ne vois rien (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2019




    

Je ne vois rien. Je suis
Dedans. Qui n’a pas de limites.
Informel informulé.
Et ceci qui se gonfle et souffle
N’est pas poème.

(Jean Tortel)

 

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Tordue (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Tordue est la chose dure, douce et chaude, (la fille)
Polie et mouvante, lance l’air qui brûle
Terre entière qui se lève, et me porte
Étendue fraîche, étendue tiède, forme qui devient
nouvelle sous la force –
Voyage immobile, tendre au bas, du sommet aigu
Pierre exquise, pour boire.
Idée d’être proche, désir de briser, soupir pour se fondre
Et ne pas… Soupir, souffle et idée !
Étreinte toute du bien et du mieux, lutte qui se gonfle,
Mélange ; seul, on redevient ; seul, on s’élève
Seul on ne pense plus, seul on veut, seul on est.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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EUX DEUX (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

allumettes

EUX DEUX

Si vous faites se toucher deux allumettes, la flamme
commencée se gonfle comme une voile,
Le trait noir sur lequel elle se déplace
En se déformant les unit.

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui se sont croisés,
Et maintenant ne s’écartent pas l’un de l’autre.

Mais dans le ventre de la femme il y a déjà un enfant.

À chaque fois que l’homme s’approche d’elle, vivre
Se trouble
Comme s’il fallait repousser ce que c’est,
Être seul.

(Ariane Dreyfus)

 

 

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Voici la forme féminine (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018




Voici la forme féminine,
Elle exhale de la tête aux pieds un rayonnement divin,
Elle attire d’une ardente, d’une indéniable attirance,
Son haleine m’aspire comme si je n’étais qu’une vapeur sans poids,
tout s’efface excepté moi et elle,
Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide,
et ce qu’on attendait du ciel ou redoutait de l’enfer,
tout cela maintenant, s’est consumé,
Des filaments fous, d’irrésistibles jaillissements sortent d’elle
la réponse de même irrésistible,
Chevelure, poitrine, hanches, souplesse des jambes,
mains nonchalantes qui retombent en s’égarant,
les miennes s’égarant trop,
Reflux mordu par le flux et flux mordu par le reflux,
chair d’amour qui se gonfle et délicieusement a mal,
Jets d’amour sans limites, limpides et chauds, énormes,
tremblante gelée d’amour, blanche éclosion, suc en délire,
Nuit du nouveau marié travaillant sûrement et doucement
dans l’aube étale,
Ondulant dans le jour qui consent et cède,
Perdu dans la fente du jour dont l’étreint l’odorante chair.

(Walt Whitman)

Illustration: Théodore Chassériau

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IRIS (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration
    
IRIS

Mais Dieu, surtout pas.
Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche,
Hommes, regardez

Iris, malgré le mur,
Debout
C’est votre bleu.

Votre ligne, imaginons
Une plaie vivement recousue.

Votre broderie, sa joie se gonflant,
Quelques secondes d’amour par miracle successives.

Ici,
Du balancement le velours dressé,
Iris.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La nymphe Alceste (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



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La nymphe Alceste

Tu es née, à minuit, du baiser de deux sources,
Alceste, et l’univers ne t’offre que reflets,
Lueurs, lampe allumée au lointain, feux follets
Et dans le ciel les sept flambeaux de la Grande Ourse.

Il fait noir et, partant au signal de la course,
Tu ne soupçonnes pas que la nuit se soumet
Et se dissout quand le soleil, sur les sommets,
Par le chant des oiseaux répand l’or de sa bourse.

Je sais que reviendront l’aurore et le matin.
Je les ai vus, tu les verras, j’en suis certain.
Déjà mon coeur se gonfle au rythme de leur danse.

Mais saurai-je à ta soeur qui doit naître en plein jour,
Nymphe Alceste, annoncer, dès midi, le retour
Du crépuscule, de la nuit et du silence.

(Robert Desnos)

Illustration:  Théodore Chassériau

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Une vague étoile, (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



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Une vague étoile,
Un bateau aux hublots jaunes,
Une mer qui se gonfle.

***

Only one faint star,
One yellow-windowed ship
And one heaving sea.

(Richard Wright)

 

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La pluie (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2016



La pluie

Les cent mille doigts de la pluie
tambourinent sur mon toit gris,
la pluie, la pluie, la pluie, la pluie,
berce ma grise songerie.

Elle est petite, elle est tranquille,
la pluie qui caresse la ville,
elle s’étire, elle s’effile,
chantant des romances faciles.

J’écoute ses légers ruisseaux
et je vois ses patients fuseaux
tisser les plus subtils réseaux
de dentelles d’argent et d’eau.

Pluie menue, ô pluie passagère,
tendre pluie, onde potagère,
tu t’enfuis sans plus de manières
et tu vas rêver sous la terre…

Là-bas, dans la nuit et le vent,
les vagues s’en vont déferlant
avec de sombres hurlements
et ton dos se gonfle, Océan !

(Pierre Gamarra)

 

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Naguère, au temps des églantines (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



Naguère, au temps des églantines,
J’avais des peines enfantines.

Mon coeur se gonflait sans raison
Sous les lilas en floraison.

A respirer les chauds calices
Je goûtais d’amères délices.

Sous les étoiles, pâle et coi,
Je pleurais sans savoir pourquoi.

Et maintenant je pleure encore,
Le long des soirs comme à l’aurore;

En hiver, sous le blanc grésil,
Sur les roses pendant l’avril,

Mes larmes tombent à toute heure:
Mais je sais bien pourquoi je pleure !

(Catulle Mendès)

 

 

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Bouquet de flammes… (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2016




Bouquet de flammes…

Bouquet de flammes (que délie
Des faveurs l’innocent larcin)
Où se noyer en compagnie
Des colombes de la Saint-Jean.

De l’eau qui ne peut en son lit
Obtenir la tranquillité,
Et des feux oisifs qui s’ennuient
Loin des lieux par Vénus hantés,

Roucoulent les vagues, singeant
Dans leur adorable colère
Un sein qui se gonfle de lait.
Ou de désir ? Plutôt cela.

(Raymond Radiguet)

Illustration: Jules Breton

 

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