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Posts Tagged ‘se griser’

Ton coeur larmoie (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



 

Alexandr Sulimov -    (18)

Ton coeur larmoie,
Ce soir de Mai,
Comme un enfant;
Ton coeur larmoie,
Et se défend
D’avoir aimé
Comme un enfant…

Ton coeur regrette,
En ce doux soir,
Comme un remords;
Ton coeur regrette
Ses rêves morts
Et cet espoir,
Comme un remords…

Ton coeur hésite
Et craint d’aimer
Comme d’abord;
Ton coeur hésite…
Et c’est au bord
De cette mer,
Comme d’abord…

Ton coeur se grise
Au même vin
Sans le savoir;
Ton coeur se grise,
En ce doux soir,
Encore en vain,
Sans le savoir…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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SI JE VEUX UNE RECOMPENSE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Mihai Beniuc
    
SI JE VEUX UNE RECOMPENSE

Je ne me grise pas de l’idée d’être grand,
Et je croirais plutôt être une apparition
Comme on en voit monter au carrefour des âges
En ce monde, jamais appelées par personne.
Et si ces visions même n’ont pas de voix,
Elles sèment l’inquiétude en toute vie.

Je ne veux guère, au vrai, paraître davantage,
Quand bien même pour le silex je sois briquet
Et, pour les eaux, une suite de cataractes.
Mais je n’ai pas signé de pacte avec le diable
Pour avoir en échange une once de bonheur.
Je vais, au long du temps, calmement, à ma perte.

Si je veux une récompense, qu’elle soit
De laisser après moi le monde plus humain.
Qu’il y ait plus de pain, de livres, de lilas
Et de chaleur dans la maison du démuni,
Et, s’il se peut, je veux, non certes des miracles,
Mais de plus en plus rare la pluie des mensonges

(Mihai Beniuc)

 

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Mes désirs ne sont point lassés (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2020



Illustration: Zinovy Shersher
    
Mes désirs ne sont point lassés.
Donne-moi tes baisers, maîtresse!
Je n’en aurai jamais assez.
J’en veux boire jusqu’à l’ivresse.

Donne-moi tes baisers! Encor!
Je veux boire à ta bouche rose.
Tu me dis, et j’en suis d’accord,
Que c’est toujours la même chose;

Mais c’est toujours nouveau pourtant!
Je suis un buveur peu sévère,
De ceux qui boivent tant et tant
Qu’ils se noient au fond de leur verre.

Folle, il faut te griser aussi.
Laisse-toi donc faire, et sois ivre !
Donne tes baisers, comme si
Tu n’avais plus qu’un jour à vivre.

(Jean Richepin)

 

 

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Nos mots (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2020




    
Nos mots

Quand le silence hurle,
Se fait assourdissant
Que des sons minuscules
Se font cris de géants
Nos mots sont des compas,
Nous guident sur l’océan
Nos mots comme continents,
Il nous restera ça

Quand les nuages filent
Sans qu’on puisse les toucher
Dans le bleu tendres îles,
Impossible d’accoster
Nos mots sont des trois mâts
Naviguent dans ces nuées
Nos mots comme nos voiliers,
Il nous restera ça

Et quand le ciel pleure,
Se grise de sanglots
Que les sons, les couleurs
Se prennent dans les rouleaux
Nos mots à bouts de bras
Sont nos armes, nos flambeaux
Nos mots comme drapeaux,
Il nous restera ça

Quand les portes sont fermées,
Que l’on reste au-dehors
Quand on a beau frapper
De nos mains, de nos corps
Nos mots resteront là,
Gravés dans le décor
Nos mots comme trésor,
Il nous restera ça

Quand mes lèvres sont scellées,
que je ne sais que dire
Quand je ne sais que pleurer
quand je voudrais sourire
Mes mots glissent tous bas,
pour éviter le pire
Mes mots comme des soupirs,
il me restera ça

Quand on voudrait fixer
Chaque souvenir chaque nuit
Pour ne rien oublier
De chaque sensation
Les mots sont nos combats,
Les mots sont l’émotion
Nos mots comme chansons
Il nous restera ça
Il nous restera ça

(Luciole)

 

Paroliers : David Babin / Angelo Foley / Lucile Gerard

   

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Après la leçon de danse (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration
    
Après la leçon de danse
le garçon à la dérobée
se grise de l’odeur suave
laissée au creux de sa paume
par la main de sa cavalière

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Guérison (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
Guérison

Le gazon nourri des vertes banlieues,
Ma forêt d’amour aux chemins vernis,
Sont tout pénétrés d’une pâte bleue
– D’un azur solide où planter des nids.

Fuyons les pays que leur gloire encombre
(Quel désert superbe on ferait ici)
Nous irons au bois fouler le décombre
De tout ce laurier cher à mes amis

Il faut mettre au vert notre poétique.
Ne te grise plus de métaphysique,
Laisse épanouir ton corps triomphant.

Tout s’arrangera si tu es bien ivre !
Muse des taillis qui ris de mes livres,
Allons dans les bois te faire un enfant.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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L’Oiseau jaune et bleu (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



 

oiseau jaune et bleu

L’Oiseau jaune et bleu

Rien jamais ne trouble cet étang :
Un jour chasse l’autre
Et dans ce sommeil la vie se prolonge
Sans même apporter le peu qu’on attend,
Mais ton esprit trotte

De songe en songe.
Petite boule de plumage éclatant,
Bel oiseau jaune et bleu qui te balances
Au-dessus de l’eau morte

En te grisant de tendres et joyeuses notes,
Je t’écoute depuis longtemps,
Mais ta chanson n’a pas de sens.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

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Ramona (Fred Gouin)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




    
Ramona

Depuis le moment
Où je t’ai connue
Hélas follement
Je n’ai pas cessé
De penser à toi
Comme un insensé

Ramona, j’ai fait un rêve merveilleux
Ramona, nous étions partis tous les deux
Nous allions lentement
Loin de tous les regards jaloux
Et jamais deux amants
N’avaient connu de soir plus doux
Ramona, je pouvais alors me griser
De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers
Et je donnerais tout pour revivre un jour
Ramona, ce rêve d’amour

Mais ce doux roman
N’était seulement qu’un rêve d’amant
Par ta cruauté
Tout autre a été
La réalité

Ramona, j’ai fait un rêve merveilleux
Ramona, nous étions partis tous les deux
Nous allions lentement
Loin de tous les regards jaloux
Et jamais deux amants
N’avaient connu de soir plus doux
Ramona, je pouvais alors me griser
De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers
Et je donnerais tout pour revivre un jour
Ramona, ce rêve d’amour

(Fred Gouin)

Découvert ici: https://cequetesyeuxvairons.wordpress.com/

 

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LES TROIS JEUNES FILLES (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Anne-Marie Zilberman (19)

LES TROIS JEUNES FILLES

J’ai rencontré trois jeunes filles :
Mon coeur, pourquoi tant d’émoi ?
Le temps n’est plus des bals sous les charmilles
Ni des propos d’amour sournois
Dont folles têtes se grisent :
Amour n’est point fait pour les barbes grises :
Mon coeur, mon vieux coeur, pourquoi tant d’émoi ?

Le temps n’est plus : me voici solitaire
Et lassé;
Mais de vous qu’est-il donc advenu
O jolie dame du notaire
Dont je baisais la gorge nue
Au temps passé ?

Et de Margot, la belle au dé,
Et de la demoiselle des Adrets,
Que reste-t-il désormais ?
Dents branlantes et mains ridées…
Mais où est le joyeux drille
Que j’étais ?

Le temps n’est plus, hélas! d’aimer :
J’ai rencontré trois jeunes filles.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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APPASSIONNATO (G. Sincère)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Nicole Roggeman
    
APPASSIONNATO

M’étendre sur la couche
Et me griser
Du parfum de ta bouche,
De ton baiser.

Panteler de tes fièvres
Dans tes bras blancs,
Et souder à mes lèvres
Tes yeux troublants.

Oublier ce que coûte
Une douleur,
En te respirant toute
Comme une fleur.

Oublier dans ce rêve
D’or et d’azur,
La faute lourde et brève
D’un soir impur…

Oublier les contraintes
Du monde pour
Ne songer qu’aux étreintes
De ton amour !

(G. Sincère)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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