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Poésie

Posts Tagged ‘se hisser’

Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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La grenouille croit à son envol (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Dès qu’elle s’est hissée
sur une motte,

La grenouille croit à son envol.

(Gérard Le Gouic)

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DES SOLEILS ENCORE VERTS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Daniel Siguier  soleil vert  752

DES SOLEILS ENCORE VERTS

Plus loin plus loin que nous
Forgés d’autres mythes
Se hisseront des soleils
A face insoupçonnée !

Saignant de toutes nos plaies
Gonflés de nos racines
Se lèveront d’autres soleils

Des Soleils encore verts !

(Andrée Chedid)

Illustration: Daniel Siguier

 

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Final (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 


    
Final

De même quand la vie laissée derrière
revient légère, à peine dans le pas
fugace de l’air, du nuage, du verre
qui au soleil irise son vide courbe,

de même, grissaille au lever du jour
ou ombre d’un oiseau sur le plafond,
et moins qu’image, que souvenir, survol
du baiser sur la bouche déjà oubliée,

j’assiste à ta naissance de l’absence,
auréole des jeux d’eau où tu t’amuses
avec l’enfance souple des reflets,

et à nouveau se hisse dans ce désert
ta dure essence qui me livre, amour,
à la vaine espérance du miroir.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Aucun bonheur aucun malheur (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Aucun bonheur
aucun malheur
la pierre tranquillisée n’attend plus rien
passent les fleuves.
passent les sangs.

Le rire dans la pâleur humaine
s’est hissé mille fois.

Les larmes mille fois
ont relayé les mers.

et le soleil
tente d’user de son plomb d’or
le lasso qui le tient.

La pierre est là tranquille
grande envie grand exemple
grande promesse sûre.

Mais qui
mais qui quand même
ôtera de mon coeur
cette pierre qui le devient ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Double-de-silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Double-de-silence

Les hommes ont-ils le temps d’une vie
le temps de pressentir leur
Double-de-silence

Ont-ils le temps d’une vie le temps
de traverser leur désert intérieur
où il n’est d’oasis, d’eau vive ni de fraîcheur

Ont-ils le temps d’une vie
le temps de s’arracher du fond de leurs enfers
pour se hisser à la rencontre de leur inévitable corps-de-silence

La vie amoureuse de la Mort nous
emmène chaque matin par la main

(Michel Camus)

Illustration: Odilon Redon

 

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Les jours de pluie (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Les jours de pluie le poids du chat
Est plus lourd sur mon bras
La lumière est pâle et si les oiseaux chantent
Les notes éparses s’attaquant à la distance
Sont happées par le vide entre les arbres
Sans le liant du soleil les choses retombent
Loin en elles-mêmes et comme du fond d’un puits
Renvoient un bruit de chute par le cercle des murs

Et par quelle corde se hisser jusqu’au bleu ?

(Heather Dohollau)

 

 

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L’envie vite et fort de hurler (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



L’envie vite
et fort
de hurler
presque vide
Pour retrouver
le poing serré
des poumons
Ce soleil enragé
qui ronge
l’ombre
où tu prononces

L’asparagus léger de l’air
entre les tiges droites
du parfum
Alors qu’il promène
sur l’eau mince du cou
ses mains qui te hissent
en cascades
Ta lenteur de perce-neige
enrochée
au vieux pan de mur
de mon visage

(Werner Lambersy)


Illustration

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Lutin fripon (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2015



Lutin fripon

Sous la robe de satin
S’est glissé le lutin.

Lentement s’est hissé
Sur le faîte charnu
D’une cuisse engourdie.
Doucement est rentré
Dans la forêt velue
D’une toison endormie.
Entre les lèvres roses
Dans le jardin secret
S’est glissé sans frapper,
A trouvé le trésor
Convoité, a pressé
Le bouton de Rose…

L’ingénue au-dehors
A frémi, a rêvé…

(Bernard Bertrand)

 

 

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J’habitais un corps lézardé (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup :
je reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.

Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard
n’ausculte que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle !
Les mains meurtries touchent l’huile du jour ; le visage s’élance,
plus léger que les jambes.

Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit
cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais.
Mon coeur bat dans un homme étonné de se savoir en vie.
Cela ressemble à un secret.

(Gaston Puel)

Illustration: Samuel Van Hoogstraten

 

 

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