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Poésie

Posts Tagged ‘se languir’

Dolor ante Lucem (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Dolor ante Lucem

Chaque soir, à l’heure où s’éteint le couchant,
Je brûle de mourir et je fais mes adieux,
Mais à peine paraît l’aube froide du jour
Que la vie me submerge et me tourmente encore !

Je fais mes adieux et au bien et au mal,
Et j’espère et j’ai peur d’abandonner la terre,
Cette terre que le lendemain je retrouve,
Pour maudire le mal et me languir du bien!…

Ô Seigneur, ô Seigneur, ô mon Dieu tout-puissant,
Est-ce Ta volonté si nous vivons ainsi,
Si, de rêves comblé à la naissance du jour,
Le mortel se languit de Toi sans répit?…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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BELLE QUI M’AVEZ BLESSÉ (Pierre Guédron)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



Illustration: Anne-Marie Zilberman
    
BELLE QUI M’AVEZ BLESSÉ

Belle qui m’avez blessé d’un trait si doux,
Helas ! pour – quoy me laissez vous ?
Moy qui languis d’un cruel désespoir
Quand je suis sans vous voir.

Las ! vous emportez en ce triste départ
De mon cœur la meilleure part,
Et vous laissez l’autre en proye aux douleurs
Aux soupirs et aux pleurs.

Ou me rendez l’une, ou belle par pitié
Ne laissez pas l’autre moytié :
On bien donnez d’un pitoyable effort
A toutes deux la mort.

Le ciel se troublant et changeant de couleur
M’assiste à plaindre mon malheur,
Et de ses eaux mon deuil accompagnant,
Ces déserts va baignant.

Si de mes ennuis que je ne puis cacher
Quelque regret vous peut toucher,
Consolez-moy belle d’un doux espoir
De bien tost vous revoir.

***

Fair lady who had wounded me with so sweet an arrow,
Alas! why are you leaving me?
I who languish in cruel despair
When I do not see you.

Alas! In this sad departure you carry away
The best part of my heart
And leave the other in the grip of suffering
With sighs and tears.

Either give me back one half or, my beauty,
For pity’s sake, do not leave the other:
Or else, with a pitiful effort,
Give death to both.

The sky, becoming cloudy and changing colour,
Helps me lament my misfortune,
And with its waters accompanying my mourning,
Bathes these deserts.

If, of my worries, which I cannot hide,
Some regret might touch you,
Console me, fair lady, with the sweet hope
Of seeing you again soon.

***

Ihr Schöne, die so zart verletzt‘t mich,
Ach! Warum verlasst ihr mich?
Ich, der ich mich gar verzehre vor grausamer Verzweiflung,
Wenn ich kann nicht Euch seh‘n.

Ach weh, bei Eurem tristen Abschied
Mein bestes Herz Ihr mit Euch nehmt,
Und übereignet so den andren der Qual,
Den Seufzern und dem Tränental.

So gebet mir entweder die eine oder, meine Schönste, aus Mitleide
Lasset nicht die andre Hälfte.
Oder aber mit erbarmender Bemühung
Gebt beiden dann den Tod!

Der Himmel in sein‘ Verwirrung und Wechsel der Couleur
Mir hilft beklagen also mein eigenes Malheur,
Und mit seinen Wassern begleitet meinen Kummer
Und auch dies Elend er benetzt.

Wenn von mein‘ Nöten, die ich nicht kann verhehlen,
Bedauern Euch mag doch berühr‘n,
Dann, Schönste, tröstet mich gar sanfte mit Hoffnung
Auf ein zeitig‘ Wiederseh‘n.

(Pierre Guédron)

 

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Comme moi-même seul (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



Comme moi-même seul, tout seul,
Il voit le clair soleil briller au long du jour;
Et comme moi-même il gémit
Dans sa détresse inépuisée.

Nos prières pareilles s’adressent aux collines,
Aux venteuses collines de la terre ainsi qu’à la mer bleue du ciel;
Que demandons-nous ici-bas ?
Nos propres cœurs et d’être libres.

Que seulement ma main pût dénouer sa chaîne,
Comme avec joie je suivrais son essor,
Sans jamais regretter ni sans jamais me plaindre
De ne plus voir son oeil brillant.

Mais s’il languit en ce jourd’hui,
S’il grelotte en captivité,
Demain, lui comme moi, nous prendrons notre vol,
Libres de tout notre être et pour l’éternité.

(Emily Brontë)
Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Jadis je jouais jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Jadis je jouais jour et nuit avec mes camarades
et maintenant j’ai peur.

Si élevé est le palais de mon Seigneur
que mon coeur tremble d’y monter :

pourtant je ne dois pas être craintive
si je veux jouir de Son amour.

Mon coeur doit s’attacher à mon Bien-Aimé;
je dois écarter mon voile
et unir tout mon être à Lui.

Mes yeux feront l’office
de lampes d’amour.

Kabîr dit : « Écoute, mon amie, Il comprend qui l’aime.
Si tu ne languis pas d’amour pour ton Unique Bien-Aimé,
il est inutile d’orner ton corps;
il est vain de mettre de l’onguent sur tes paupières. »

(Kabîr)

Illustration

 

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La rose (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



La rose

La douceur a le nom d’une fleur —

Des jardins sphériques frissonnent
arrêtés au-dessus de la terre
un soupir détourne la tête
le visage du vent à la palissade
l’herbe se déploie bien bas
temps d’attente
sa venue éteindra les parfums
sa venue ouvrira les couleurs

les arbres font une coupole
de verte tranquillité
la rose t’appelle et se languit
de toi un papillon arraché
se déchire fil après fil
passe instant après instant
larve verte écarte
ton bouton

la douceur a le nom d’une rose —

une explosion:
surgissent de l’intérieur
des porte-étendard de pourpre

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Je sais que ma joie est prochaine (Antoine de La Sablière)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016



Je sais que ma joie est prochaine,
Que bientôt je vous dois revoir,
Mais que l’impatience est une étrange peine !
Je languis dans ce doux espoir.
Pour vous, dans votre solitude,
Êtes-vous sans inquiétude ?
Le calme et les plaisirs vous suivent-ils toujours ?
Ne regrettez-vous point vos aimables demeures ?
Et ne comptez-vous point les jours,
Dont je compte toutes les heures ?

(Antoine de La Sablière)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Une fois chaque chose, seulement une fois (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



Gustav Klimt   [800x600]

Une fois chaque chose, seulement une fois.
Pourquoi, s’il est loisible de mener ainsi jusqu’à terme notre bref temps d’existence,
laurier un peu plus vert que tout autre sorte de verdure,
avec de petites ondulations à chaque bord de feuille
(tel le sourire d’une brise) — : pourquoi, alors devoir l’humain —
et, évitant le destin, se languir d’un destin ?…

Oh non parce qu’il y a du bonheur,
cet avantage prématuré d’une perte proche.
Non par curiosité, ou pour l’exercice du cœur qui serait aussi dans le laurier…

Mais parce qu’être ici importe,
et parce qu’apparemment tout ce qui est d’ici nous réclame,
tout ce périssable qui étrangement nous concerne. Nous les plus périssables.
Une fois chaque chose, une fois seulement.
Une fois et pas plus.
Et nous aussi, une fois.
Jamais plus.
Mais d’avoir été une fois cela, même si ce ne fut qu’une fois :
avoir été de cette terre semble irrévocable.

(Rilke)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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EXISTER (Jean-Pierre Michel)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015




Exister
Sur l’aile de l’ivresse
Pour fuir le silence
Où l’âme se languit
Et goûter chaque instant
Au-delà du vertige
Quand le chant de l’amour
Fait entendre sa voix.

(Jean-Pierre Michel)

Illustration: Gabriel Lalonde

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