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Poésie

Posts Tagged ‘se lever’

Matinal (Li Chang-Yin)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018




    
Matinal

Vent et rosée d’une aube calme.
Seul, derrière les stores, un homme qui se lève.
Loriots et fleurs, larmes et rires –
Ce printemps, à qui appartient-il ?

(Li Chang-Yin)

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel
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Le son (Wei Ying-Wou)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



 

Illustration
    
Le son

De lui-même, le monde est sonore,
Et le Vide à jamais silence.
Ce qui se lève au coeur du calme
Au coeur du calme se dissout.

(Wei Ying-Wou)

 

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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J’ai vu (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent,
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne
J’ai vu ces baisers là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature,
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin,
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces

(Louise de Vilmorin)

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Pour le voir (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

Alexander Ye Pavlovets -  7

Pour le voir
Cette nuit il n’est aucun moyen.
Anxieuse je me lève,
Dans ma poitrine court un feu
Qui brûle mon coeur.

(Ono no Komachi)

Illustration: Alexander Ye Pavlovets

 

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Et peut-être que tout était écrit dans le livre (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

livre

Et peut-être que tout était écrit dans le livre
mais le livre s’est perdu

ou quelqu’un l’a jeté dans les ronces
sans le lire

n’importe, ce qui fut écrit
demeure, même

obscur, un autre qui n’a pas vécu
tout cela

et sans connaître la langue du livre, comprendra
chaque mot

et quand il aura lu, quelque chose
de nous se lèvera

un souffle, une sorte de sourire entre les pierres.

(Claude Esteban)

 

 

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L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE

Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree,
Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.
J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche
Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.

Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombe
Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,
Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge
Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

Que je me lève et je parte, car nuit et jour
J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.
Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,
Je l’entends dans l’âme du coeur.

***

THE LAKE ISLE OF INNISFREE

I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made :
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honeybee,
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings ;
There midnight’s all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet’s wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water la pping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart’s core.

(William Butler Yeats)

Illustration

 

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LE SOMMEIL DU DÉSERT (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



 

Illustration: Caroline Duvivier
    
LE SOMMEIL DU DÉSERT

quand il dort le désert
rêve de rivière
il serre le sable
comme le malheureux serre
les dents dans son sommeil
dehors rien ne se passe
tout s’est déjà déroulé
le vent qui s’est levé
efface les dernières traces

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Tu m’as volé mon coeu (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Volchitza Franz
    
Tu m’as volé mon coeur et m’as appelé par mon nom
pour la première fois.

Un frémissement t’a répondu.

Une brise inconnue s’est levée en moi,
faisant vibrer ma harpe secrète ;
puis elle a cessé.

Mais je me souviens,
et j’attends…

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Retouche à l’annonce (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Retouche à l’annonce

les montagnes en robe d’eau se lèvent
dans un attelage d’ailes

un souffle à peine froisse la toile du monde
l’ange intraduisible attend
la vierge aux yeux sans fond

(Daniel Boulanger)


Illustration

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LA MAIN DU BOURREAU FINIT TOUJOURS PAR POURRIR (Roland Giguère)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



La_main_de_Dieu  [800x600]

LA MAIN DU BOURREAU FINIT TOUJOURS PAR POURRIR

Grande main qui pèse sur nous
grande main qui nous aplatit contre terre
grande main qui nous brise les ailes
grande main de plomb chaud
grande main de fer rouge

grands ongles qui nous scient les os
grands ongles qui nous ouvrent les yeux
comme des huîtres
grands ongles qui nous cousent les lèvres
grands ongles d’étain rouillé
grands ongles d’émail brûlé

mais viendront les panaris
panaris
panaris

la grande main qui nous cloue au sol
finira par pourrir
les jointures éclateront comme des verres de cristal
les ongles tomberont

la grande main pourrira
et nous pourrons nous lever pour aller ailleurs.

(Roland Giguère)

 

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