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Poésie

Posts Tagged ‘se lever’

L’espérance se fortifie (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
L’espérance se fortifie

Souvent au matin tu démêles tes cheveux
Souvent aux jours du gel tu donnes tes mains au feu
Souvent tu ris Souvent l’été — plonges dans l’eau
Et tu flânes amical au bord des lacs cristal

Souvent tu montes la sente et bois le café chaud
Souvent tu lis aux berges calmes des lampes soie
Souvent tu pleures souvent une femme est ta joie
Tu l’admires tu l’aimes — tu crois qu’elle est à toi

Souvent souvent — Que de chants tu ne peux dire :
Tout se lève au soleil dans les villes tout respire

— Tout homme a ses mains pleines combien différemment —

Alors tu vois
Tu vois comme il fait bon couler les jours de sang.

(Jean Pérol)
lire,berge,calme,lampe,soie,

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence
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DES SOLEILS ENCORE VERTS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Daniel Siguier  soleil vert  752

DES SOLEILS ENCORE VERTS

Plus loin plus loin que nous
Forgés d’autres mythes
Se hisseront des soleils
A face insoupçonnée !

Saignant de toutes nos plaies
Gonflés de nos racines
Se lèveront d’autres soleils

Des Soleils encore verts !

(Andrée Chedid)

Illustration: Daniel Siguier

 

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Quelque part (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Quelque part

En plein milieu de la rue, c’est toi.
Dans le piétinement des trottoirs,
le fracas des moteurs, à midi
ou cinq heures; une sorte de blanc
comme un film qui saute. On ne sent
que le vent qui se lève, le souffle
qui traverse les choses. Pourtant
rien ne bouge. Tout est immobile
quelque part: mais comment savoir où.

(Jacques Ancet)


Illustration

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Et quand tout retombe (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    

et quand tout retombe
on regarde en l’air
qui peut bien pleurer

puis le vent se lève
on pense au poète
on pense aux colombes

on s’en va sur l’eau
d’un pas décidé
mais plus rien ne porte

alors le noyé
se souvient du temps
qu’il était vivant

son coeur désormais
garde le silence
il a sa retraite

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Mais est-ce bien la peine (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    
Mon corps las en dormant a réchauffé mon lit…
Ma fatigue d’hier est restée en mes membres
Et mon maître déjà, le matin de décembre,
M’appelle dans la rue où la rumeur grandit.

Dresse tes os, debout. Lève-toi. Lève-toi, debout femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Huit heures, cours laver à la rivière où l’eau
Attend sous un glaçon tes poignets pour les mordre,
Le linge qu’ont sali les autres va le tordre,
Râpe afin qu’il soit blanc sa crasse avec ta peau.

Frotte, les jours sont courts, le pain cher, frotte femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Midi… cherche la croûte en ta poche cachée,
Vite, donne à ta chair de pauvre la bouchée
Dont pour s’user à gagner l’autre elle a besoin.

Mange ton pain, ton pain te mange, mange ô femme.
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Sans repos, sans espoir, use ta vie ô femme…
Mais est-ce bien la peine ô Dieu d’avoir une âme ?

(Marie Noël)

 

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ODE À LA CASCADE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Jean-Joseph Chevalier
    
ODE À LA CASCADE

Soudain, un jour
je me suis levé tôt
et t’ai donné une cascade.
Entre tout
ce qui existe
sur la terre,
pierres,
édifices,
oeillets,
entre tout
ce qui vole dans l’air,
nuages,
oiseaux,
entre tout
ce qui existe
sous la terre,
minéraux,
morts,
il n’y a
rien d’aussi fugitif,
rien qui chante
comme une cascade.

La voici :
elle rugit
comme lionne blanche,
brille
comme la fleur du phosphore,
rêve
avec chacun de tes rêves,
chante
dans mon chant
et me donne
un argent passager.
Mais
elle travaille
et meut
la roue
d’un moulin
et n’est pas seulement
chrysanthème blessé,
mais réalisatrice
aussi de la farine,
mère du pain que tu manges
chaque jour.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Champ libre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

Découvert ici: https://lajumentverte.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

Illustration: Jennifer Morrison

 

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Fumée sans feu (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Fumée sans feu du rêve.
Son souvenir, un brouillard qui se lève.

Le langage est un cheval de Troie :
une ruse pour s’introduire dans le réel,
avec des phrases qui sonnent le creux.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le poète et son ombre (Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



Le poète et son ombre

Quand je me lève mon ombre se couche
Quand je me couche elle se lève

Supposez que je rie elle pleure
supposez que je pleure elle rit

Parfois lorsque je me réveille
elle est déjà partie

Alors si mon ombre me perd
j’erre en pleine lumière
pâle orphelin de l’ombre
en quête d’un poème
dans les reflets du monde…

(Ménaché)


Illustration

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Matinal (Li Chang-Yin)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018




    
Matinal

Vent et rosée d’une aube calme.
Seul, derrière les stores, un homme qui se lève.
Loriots et fleurs, larmes et rires –
Ce printemps, à qui appartient-il ?

(Li Chang-Yin)

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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