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Poésie

Posts Tagged ‘se livrer’

Oui au … (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Oui au désir mais avec respect.
Oui à la force mais avec douceur.
Oui au corps, mais avec l’esprit.
Oui à la prise, mais avec l’offrande, avec le partage.
Oui à l’altérité, mais il faut un accord.
Oui à la différence, mais il faut l’harmonie.

Autrement c’est raté.

Il faut avoir de la patience,
accepter la longueur du travail
que suppose l’approche de l’autre,
qui est toujours très différent ou très différente.

Être honnête, avoir de la probité, ne pas tricher, ne pas mentir.
Être très attentif à l’autre.
Se livrer au dialogue sans mensonge.

Autrement c’est raté.

Ne pas compter.
S’ouvrir à l’autre.
Souhaiter faire équipe avec l’autre.

Autrement c’est raté.

(Michel Serres)

 

Recueil: L’amour, chronique du 14 février 2010 / Petites chroniques du dimanche soir 4 – Janvier 2009-Juin 2010
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Arche de l’amour (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019




    
Arche de l’amour

Au coeur du temple en secret
elle veille : présence invisible !

Qui es-tu, matière du rêve ?

Une parole qui ne se livre pas ?
Un regard qui se dévoile ?

Une main a construit l’arche
mais nul ne verra

briller l’infini

s’ouvre et s’éteint
dans sa nuit.

Au coeur de l’arche, en secret
il s’éveille : amour invincible !

Qui es-tu matière du rêve ?

Un chant qui cherche son diapason ?
Une énigme qui ne se dévoile pas ?

Une loi a voulu l’arche
mais nul ne verra

briller l’infini

qui s’ouvre et nous ouvre
à sa joie.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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LA PETITE SENSATION D’AMOUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LA PETITE SENSATION D’AMOUR

« ainsi absent la mémoire posée
et plus tranquille, et apte… »

dans cette période il est possible une fois
de se livrer à la fragilité cristalline

la brûlure dans la vitre
« venant vers vous »

atomes très petits d’où très peu sûrs
hésitants très petits corps nus

le rire
qui découvre les dents

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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DES batailles se livrent (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
DES batailles se livrent à chaque rencontre,
des solitudes qui auparavant, dans l’isolement initial,
supportaient l’oeuvre commune.

Dans l’espace révélé, après chaque conjonction,
seule demeure la terreur,
le mystère qui à l’âme ne suffit pas.

En alerte, cependant,
une absence rôde, rôdera toujours,
autour des humides dépouilles du lit.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Une joie (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Illustration: Armand Point 
    
Une joie

Afin de n’être plus qu’un rêve épris de lumière
où s’endort la nuit, et lors même que se livre
le mystère d’une parole blanche éperdue de tendresse.
À l’orée du bois céleste, quand même le monde se dissipe
dans la guerre, et ploie sous l’amour, n’être qu’ une joie
traversée d’éphémère, lorsque plie la terre à la prière du ciel.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie,
et bien peu m’importent
la hache qui fend
et la scie qui mord
de ses dents de chienne,
la griffe, la gouge !

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
non, rien ne m’importe,
galope, galope
sur moi ta varlope !

Changement minime !
Qui était ton toit,
ta table, ta chaise ?
Qui était ton lit ?

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
j’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Les horizons (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Les horizons s’ajoutent aux horizons
comme les peaux superposées
d’un fruit qui ne veut pas se livrer.
Tout paysage couvre un autre paysage,
toute ligne une autre ligne,
tout monde un autre monde.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: 30 poèmes
Traduction:
Editions: Unes

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Ce que l’Amour a de plus doux (Hadewijch)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Ce que l’Amour a de plus doux,
ce sont ses violences;
son abîme insondable
est sa forme la plus belle;
se perdre en lui, c’est atteindre le but;
être affamé de lui
c’est se nourrir et se délecter;
l’inquiétude d’amour est un état sûr;
sa blessure la plus grave
est un baume souverain;
languir de lui est notre vigueur;
c’est en s’éclipsant qu’il se fait découvrir;
s’il fait souffrir, il donne pure santé;
s’il se cache, il nous dévoile ses secrets;
c’est en se refusant qu’il se livre;
il est sans rime ni raison et c’est sa poésie;
en nous captivant il nous libère;
ses coups les plus durs
sont ses plus douces consolations;
s’il nous prend tout, quel bénéfice !
c’est lorsqu’il s’en va
qu’il nous est le plus proche;
son silence le plus profond
est son chant le plus haut;
sa pire colère
est sa plus gracieuse récompense;
sa menace nous rassure
et sa tristesse console de tous les chagrins :
ne rien avoir, c’est sa richesse inépuisable.
Mais de l’amour on peut dire aussi
que sa plus haute assurance
nous fait faire naufrage,
et son état le plus sublime
nous coule à fond;
son opulence nous appauvrit
et ses bienfaits sont nos malheurs; ses consolations agrandissent
nos blessures;
son commerce est mainte fois mortel;
sa nourriture est famine,
sa science égarement;
son école nous apprend à nous perdre;
son amitié est cruelle et violente;
c’est quand il nous est fidèle
qu’il nous fuit
sa manifestation consiste à se cacher
sans laisser de traces
et ses dons, à nous voler encore davantage;
ses promesses sont séductrices,
sa parure nous dénude,
sa vérité nous déçoit
et son assurance est mensonge.
Voilà le témoignage
que moi-même et bien d’autres
nous pouvons porter à toute heure,
à qui l’amour a souvent montré
des merveilles,
dont nous reçûmes dérision,
ayant cru tenir ce qu’il gardait pour lui.
Depuis qu’il m’a joué ces tours
et que j’ai appris à connaître ses façons,
je me comporte toute autrement avec lui :
ses menaces, ses promesses,
tout cela ne me trompe plus :
je le veux tel qu’il est, peu importe
qu’il soit doux ou cruel, ce m’est tout un.

(Hadewijch)

Illustration: Ikenaga Yasunari

 

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L’Avril (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



L’Avril

lyre en filigrane dans le papier du jour

de grands morceaux de lumière
se livrent au plaisir

***

pose à peine et sans fard
matin doux de mésanges

l’amour encore plein de songe se retourne
et la lumière grandit

les souvenirs volent dans le feu
crêtés d’un léger noir

(Daniel Boulanger)


Illlustration: Louise Vigée Lebrun

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Je suis celui qui continue (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




Je suis celui qui continue
lorsque tu t’attardes,
qui sort dans la nuit
lorsque tu te livres au repos.
Qui ouvre la porte sur l’obscurité
et poursuit sa route,
vers les ténèbres et les étoiles
qui poursuit sa route.
Sur un sentier incertain,
un sentier qui peut-être n’existe pas,
je t’abandonne.

***

Jag är den som fortsätter
när du dröjer kvar,
som stiger ut i natten
när du går till vila.
Som öppnar porten till mörkret
och går vidare,
till mörkret och stjärnorna
och går vidare.
På en oviss stig,
en stig som kanske inte alls finns,
överger jag dig.

(Pär Lagerkvist)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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