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Poésie

Posts Tagged ‘se maintenir’

LA VOIX (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA VOIX

Ah ! cette cantatrice:
sa voix l’élevait sur la pointe de l’orteil.
Elle ne pesait plus et se maintenait très bien,
je l’ai dit, sur la pointe de l’orteil.
Un soir elle chanta plus fort, monta dans les airs
et on ne la revit jamais.

(Norge)

 

 

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La langue a besoin de la voix (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Richard Rizzo
    
La langue a besoin de la voix
pour se maintenir en vie,
pour mieux lécher le poème
qui ne cesse de s’évanouir.
M’appartiens-tu, langue
qui ne peut se toucher elle-même ?

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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La vie descend (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
La vie descend

Fraicheur dans l’étendue où sont les sources noires
Peu à peu on pénètre une infidélité

La vie descend
On peut marcher
Des mains saluent l’apparence du soir

Le chemin s’ouvre aux verdures rêvées
Des vieillesses d’oiseaux s’élancent
En sommeillant

Tout tarde, aux pentes réelles
Et vois tout se maintient dans le temps constellé

Là-bas, là-bas sont les jardins de feuilles
Les pierres sous l’eau mûre, là-bas sont les oiseaux
Et d’autres meurent de faim auprès des mains fertiles

La vie descend, on peut marcher
Le pas éclaire
L’immense peur d’être soi dans le temps

Des portails d’acier sont nos deux mains d’amande

Et vois comme il fallait tout l’amour des forêts
Pour adopter les yeux de l’invisible.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Murailles (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Murailles

Perdue
Les mains cherchant l’extase sous une herbe
Se maintenaient plus belles que le matin où toi
Tu te cherchais encore et c’était les murailles
Qui enserraient ton nom, ta preuve, qui te chassaient

Montre-toi, anime-toi, précède l’aube
Je suis le feu, tu es la fin, toi qui m’écartes
Entrouvre le chemin de tes doigts délaissés
Sous la soie d’un soleil disque pur, dissipe-moi

Mais demeure au seuil défendu, je te rejoins
Car j’ai fait voeu
J’ai grand besoin d’une herbe dans les yeux
Et de ton nom pareil aux feuilles de mes mains

J’ai besoin de m’asseoir à ton pied défendu
D’un fruit qui rendrait ta bouche plus belle encore
Et de rire

Perdue
Sur un chemin du doigt des grilles sans retour.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Je ne sais pourquoi je pense à ce foulard mauve (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016




Je ne sais pourquoi
je pense à ce foulard mauve que tu aimais porter à ton cou.
La mort oublie toujours quelque chose
— un objet, une image, un rien
dans quoi la vie se précipite et se maintient, immense.

(Christian Bobin)

Illustration: Pablo Picasso

 

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C’était un temps de grisaille indéfinie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



C’était un temps de grisaille indéfinie
– rien ne s’achevait vraiment.
Cela se perpétuait seulement, de façon assez creuse.

On aurait pu se contenter de cette durée pâle
mais qui avait l’avantage de se maintenir,
de se poursuivre à travers des journées
remplies de détails à régler.

Mais cela sonnait fêlé :
quelque chose poussait comme à l’intérieur de cette coque
et on ne voyait pas bien quoi.

On se demandait si cela aurait la force de faire éclater
tout ce qui s’était peu à peu incrusté, épaississant,
renforçant la coquille, au fur et à mesure.

En même temps que cette attente comme d’une renaissance,
il y avait la crainte de bouleverser,
la peur que quelque chose ne s’épuise dans le bouleversement
et qu’on se retrouve défait, sans rien.

On ne pouvait guère mesurer le danger, mais il pesait,
et parfois faisait presque regretter le malaise sans issue
mais plus supportable, semblait-il.

(Antoine Emaz)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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