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Poésie

Posts Tagged ‘se méfier’

LES MOTS DE TOUS LES JOURS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020




    
(Recueil Pages d’écriture)
LES MOTS DE TOUS LES JOURS

Il faut se méfier des mots. Ils sont toujours trop beaux, trop
rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre
un murmure pour une pensée.

Il faut tirer sur le mors sans cesse, de peur que ces trop
bouillants coursiers ne s’emballent.

J’ai longtemps cherché les mots les plus simples, les plus usés,
même les plus plats. Mais ce n’est pas encore cela c’est leur juste
assemblage qui compte.

Quiconque saurait le secret usage des mots de tous les jours
aurait un pouvoir illimité, — et il ferait peur.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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PERPLEXITÉ (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019




    
PERPLEXITÉ

En sortant de sa cabane
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

pas un nuage
le bûcheron regarde le thermomètre
il fait trente-trois degrés

pas une brise
le bûcheron regarde le calendrier
on est le quatorze juillet

pas un souffle
le bûcheron suce son index
et le tend vers le ciel

le soleil fleurit
inondant la clairière

de ses étincelles
on ne saurait trop se méfier
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

(Raymond Queneau)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il tremblait (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019



 

Il tremblait devant la lumière
Et tremblait devant les rameaux.

Il n’était pas content des fenêtres
Et se méfiait des oiseaux.

Il n’avait pu
Etre davantage.

Pourtant quand il fut clair
Que la ville flambait
Dans le fracas des bombes,

Il osa tutoyer,
Pour la première fois,
Les choses qu’il touchait
Sur la table et les murs.

(Guillevic)

 

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Après le froid et le vent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



 

 

Après le froid et le vent, j’avais
Du plaisir à me chauffer dans l’âtre.
Je ne me suis pas méfiée assez :
On m’a volé mon coeur par mégarde.

La fête du jour de l’An s’étire,
Et les roses humides s’exhalent;
Mais je n’entends plus dans ma poitrine
Le bruissement des cigales.

J’ai deviné sans peine le voleur :
Ses yeux, son regard le trahissent.
Je sais que bientôt, pour mon malheur,
Il me rendra de lui-même sa prise.

(Anna Akhmatova)

 

 

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L’impossibilité de vivre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Illustration: Olivier de Sagazan 
    
L’impossibilité de vivre
se glisse en nous au début
comme un caillou dans la chaussure :
on le retire et on l’oublie.

Ensuite arrive une pierre plus grande
qui n’est plus déjà dans la chaussure :
le premier ou le dernier malentendu
se mêle à l’amour ou au doute.

Viennent après d’autres échecs :
la perte d’un mot,
la sauvage irruption d’une douleur,
une mort sur le chemin,
la chute d’une feuille sur notre solitude,
la vieillesse qui s’annonce
comme un soir écorché par la pluie.

Nous émergeons de tout
avec un tremblement qui dissout la confiance.
La lune pâlit,
nous commençons à nous méfier du soleil.

Et un jour quelconque,
dans la prairie ou le ciment,
dans la dissonance qui brise une chanson
ou une rotation inattendue au lit,
quelque chose nous blesse comme un fouet:
vivre c’est dévivre.
La promesse est rompue.

Qui a fait la promesse ?
Et qui peut la croire ?
Nous ne le saurons plus.
La promesse était autre.

Vivre est impossible.
Mais à l’intérieur du vivre il y a autre chose
que nous ne comprendrons jamais
et qui pourtant saute et joue
comme un dieu étonné
qui ne s’accordera jamais
avec les scandales successifs
de vivre sans vivre
et de mourir sans vivre.

***

La imposibilidad de vivir
se nos infiltra al principio
como una pequeña piedra en el zapato:
uno la quita y se olvida.

Luego llega un piedra mas grande,
y ya no en el zapato:
el primero o el último malentendido
se mezcla con el amor o la duda.

Vienen después otros fracasos:
la pérdida de un palabra,
la salvaje irrupción de un dolor,
una muerte en el camino,
la caída de una boja sobre nuestra soledad,
la vejez que se anuncia
como un tarde desollada por la lluvia.

Emergemos de todo,
con un temblor que disuelve la confianza.
La luna empalidece,
comenzamos a desconfiar del sol.

Y un día cualquiera,
en la pradera o el cemento,
en la disonancia que rompe una canción
o en una vuelta sorpresiva en el lecho,
algo nos hiere como un látigo:
vivir es desvivir.
La promesa está rota.

¿Quién hizo la promesa?
¿ Y quién puede creerla?
Ya nunca lo sabremos.
La promesa era otra.

Vivir es imposible.
Pero adentro del vivir hay otra cosa,
que jamás entenderemos
y sin embargo salta y juega
como un dios asombrado,
que nunca armonizará
con los sucesivos escándalos
de vivir sin vivir
y morir sin vivir.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il faut que je vous dise (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



Il faut que je vous dise
je ne suis pas celle qu’on vous présente

Ceci n’est pas une Persane
mais une personne

Méfiez-vous de la forêt qui cache l’arbre

(Azadée Nichapour)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Imane Maliki

 

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Il faut que je vous dise (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



Il faut que je vous dise
je ne suis pas celle qu’on vous présente

Ceci n’est pas une Persane
mais une personne

Méfiez-vous de la forêt qui cache l’arbre

(Azadée Nichapour)

Poème découvert chez « laboucheaoreille » ici

 

 

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Vert de lune (Madeleine Le Floch)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Vert de lune

Une idée fixe
un soir de carnaval
se déguisa en cerf-
volant
et se laissa
monter
jusqu’à la lune
où elle germa.

Quand vous irez sur
la lune
si vous rencontrez un cerf-
volant
ou une fleur
qui a l’air de venir
d’ailleurs
méfiez-vous!

C’est peut-être
une idée fixe
qui cherche
à redescendre.

(Madeleine Le Floch)


Illustration

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Méfie-toi (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    

méfie-toi du Saisisseur

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Bulle de savon (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018




Bulle de savon

Bulle, bulle, jolie bulle
Où j’aperçois mon visage
Plus rond que la pleine lune.
Ah! méfie-toi des branchages,
Du vent toujours capricieux,
Des oiseaux et des nuages!
Monte tant que tu peux,
Monte, monte jusqu’au ciel
Et donne-moi des nouvelles
Toutes fraîches du bon Dieu.

(Maurice Carême)

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