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Poésie

Posts Tagged ‘se mélanger’

NOCTURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
(Recueil Comme ceci, comme cela)
NOCTURNE

Ici s’ouvre un monde nouveau
démasqué par la fin du jour
Le temps bascule J’écoute Je retiens mon souffle.

Une réponse dernière
Un pâle éclat
Un secret promis et tenu

Les mots
un essaim d’astres
Une plume une feuille

La nuit s’éclaire au centre
Au centre est la source de toute couleur
Au centre est l’avenir longtemps mûri sous les cendres

Au centre est mon amour pour ce monde
Ma joie mon espérance invincible et trahie.

J’irai mourir dans mon enfer
Je déchirerai les vestiges de la misère
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’UNION PARFAITE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



L’UNION PARFAITE

Les ombres les corps les regards
se mélangent

se fondent se confondent
s’échangent

sans perdre une seconde
leur écart.

(Jean Mambrino)


Illustration

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DIURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
DIURNE

Est-ce que tu dors ?
Est-ce que tu t’éveilleras un jour ?
Ni veille ni rêve : cela est.

Des enfants jouent
Un éclat sur une vitre
Un ronflement d’avion
Le sol résonne Je marche à grands pas
Fraîcheur sur les yeux
Je tiens J’éprouve Je sais à qui parler
Tout répond
Foisonnement.
( Oublie ! N’oublie pas ! Oublie ! N’oublie pas ! )

Un coup de frein
Un nuage passe
et tout change de couleur.

Surprise sans fin
Horizons qui n’en finissent pas de se déplier
Il y a toujours quelque chose plus loin.
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

Ma vie, je t’ai cherchée toute ma vie
tu as pris les plus beaux visages
mais je n’entends que la voix.
Au bord de quelle nuit te trouverai-je enfin ?

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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A PEINE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Pierre Brault
    
A PEINE

A peine si le vent retrousse un peu la mer
fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
à peine si le sang à ton front quand tu dors
compte tout doucement l’aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
se mélangent au flot qui chuchote ses plis
à peine si le blanc d’un tout petit nuage
éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j’écris à peine si tu dors
à peine s’il fait chaud à peine si je vis
et je ferme les yeux croyant laisser dehors
tout ce qui n’est pas toi mon amour endormi.

(Claude Roy)

 

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LA VIE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
LA VIE

Comme une fleur éphémère
comme une poignée de neige
qui brille un instant au soleil
et fond
lentement pénètre
se mélange
et se reconvertit
en terre.

(Germain Droogenbroodt)

 

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NI L’UN NI L’AUTRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
NI L’UN NI L’AUTRE

Quoi dire, quoi penser ? Le jour
par son insistance à paraître,
avouons-le, avouons-le,
fatigue ses meilleurs amis.

La nuit par contre, sournoise,
à tous nos instants se mélange,
elle bat sous nos paupières
elle rampe autour des objets :
inquiétante ! inquiétante !

Quant à cette chose sans nom
qui n’est ni le jour ni la nuit,
baissez la voix je vous le conseille
mieux vaut n’en point parler ici !

(Jean Tardieu)

 

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Nous goûterons aux îles et à la mer (Charles Bukowski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nous goûterons aux îles et à la mer

je sais qu’une certaine nuit
dans une certaine chambre
mes doigts
caresseront
bientôt
une douce
et claire
chevelure

il y aura des chansons comme aucune radio
n’en a joué

avec de la tristesse partout, et
tout ça se mélangera.

(Charles Bukowski)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr /

Illustration: Ronnie Biccard

 

 

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Le Jardin de la Vieillesse (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017


 

Le Jardin de la Vieillesse

Vieillesse heureuse et infinie
Eclairée de l’intérieur,
Vieillesse glorieuse,
Accomplissement de vie
Dont la mort est la suprême étincelle,
Sois bénie dans ta beauté,
Dans ta douce plénitude.

Lorsque toutes les guerres se sont tues
Au coeur de nous-mêmes,
Lorsque tous les désirs s’effacent
Dans la confiance,
Chaque jour, comme un diamant,
Scintille au soleil du grand âge.
La joie se profile et s’élargit
Au-delà de toute frontière.

Les mondes se mélangent
Et dévoilent leur unité première.
Si le coeur, avec les ans,
Peut grandir plus loin que ses limites
Le courant d’amour qui nous relie
Guérira nos misères
Les croyances qui nous divisent
Pourront se dissoudre
Et cet élan de la conscience nous portera
Vers d’incroyables contrées
La puissance de l’esprit,
Le pouvoir du partage
Régneront peut-être,
Si nous leur donnons
Les ailes de l’intuition
Et le souffle royal d’une audace enflammée.

(Marianne Dubois)

Illustration

 

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Ainsi on se retrouve (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



    Illustration: Francis Saint-Géniès 

 

  

 

Ainsi on se retrouve
face à face
poitrine contre poitrine
ventre contre ventre
on se colle, on se mélange
on se ramasse, on s’allonge, on s’enroule
on s’éloigne, on se rapproche
on se repousse, on s’attire
on tremble
on transpire
jusqu’à la

délivrance

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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