Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se mélanger’

DIURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
DIURNE

Est-ce que tu dors ?
Est-ce que tu t’éveilleras un jour ?
Ni veille ni rêve : cela est.

Des enfants jouent
Un éclat sur une vitre
Un ronflement d’avion
Le sol résonne Je marche à grands pas
Fraîcheur sur les yeux
Je tiens J’éprouve Je sais à qui parler
Tout répond
Foisonnement.
( Oublie ! N’oublie pas ! Oublie ! N’oublie pas ! )

Un coup de frein
Un nuage passe
et tout change de couleur.

Surprise sans fin
Horizons qui n’en finissent pas de se déplier
Il y a toujours quelque chose plus loin.
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

Ma vie, je t’ai cherchée toute ma vie
tu as pris les plus beaux visages
mais je n’entends que la voix.
Au bord de quelle nuit te trouverai-je enfin ?

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A PEINE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Pierre Brault
    
A PEINE

A peine si le vent retrousse un peu la mer
fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
à peine si le sang à ton front quand tu dors
compte tout doucement l’aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
se mélangent au flot qui chuchote ses plis
à peine si le blanc d’un tout petit nuage
éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j’écris à peine si tu dors
à peine s’il fait chaud à peine si je vis
et je ferme les yeux croyant laisser dehors
tout ce qui n’est pas toi mon amour endormi.

(Claude Roy)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA VIE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
LA VIE

Comme une fleur éphémère
comme une poignée de neige
qui brille un instant au soleil
et fond
lentement pénètre
se mélange
et se reconvertit
en terre.

(Germain Droogenbroodt)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NI L’UN NI L’AUTRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
NI L’UN NI L’AUTRE

Quoi dire, quoi penser ? Le jour
par son insistance à paraître,
avouons-le, avouons-le,
fatigue ses meilleurs amis.

La nuit par contre, sournoise,
à tous nos instants se mélange,
elle bat sous nos paupières
elle rampe autour des objets :
inquiétante ! inquiétante !

Quant à cette chose sans nom
qui n’est ni le jour ni la nuit,
baissez la voix je vous le conseille
mieux vaut n’en point parler ici !

(Jean Tardieu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous goûterons aux îles et à la mer (Charles Bukowski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nous goûterons aux îles et à la mer

je sais qu’une certaine nuit
dans une certaine chambre
mes doigts
caresseront
bientôt
une douce
et claire
chevelure

il y aura des chansons comme aucune radio
n’en a joué

avec de la tristesse partout, et
tout ça se mélangera.

(Charles Bukowski)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr /

Illustration: Ronnie Biccard

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Jardin de la Vieillesse (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017


 

Le Jardin de la Vieillesse

Vieillesse heureuse et infinie
Eclairée de l’intérieur,
Vieillesse glorieuse,
Accomplissement de vie
Dont la mort est la suprême étincelle,
Sois bénie dans ta beauté,
Dans ta douce plénitude.

Lorsque toutes les guerres se sont tues
Au coeur de nous-mêmes,
Lorsque tous les désirs s’effacent
Dans la confiance,
Chaque jour, comme un diamant,
Scintille au soleil du grand âge.
La joie se profile et s’élargit
Au-delà de toute frontière.

Les mondes se mélangent
Et dévoilent leur unité première.
Si le coeur, avec les ans,
Peut grandir plus loin que ses limites
Le courant d’amour qui nous relie
Guérira nos misères
Les croyances qui nous divisent
Pourront se dissoudre
Et cet élan de la conscience nous portera
Vers d’incroyables contrées
La puissance de l’esprit,
Le pouvoir du partage
Régneront peut-être,
Si nous leur donnons
Les ailes de l’intuition
Et le souffle royal d’une audace enflammée.

(Marianne Dubois)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ainsi on se retrouve (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



    Illustration: Francis Saint-Géniès 

 

  

 

Ainsi on se retrouve
face à face
poitrine contre poitrine
ventre contre ventre
on se colle, on se mélange
on se ramasse, on s’allonge, on s’enroule
on s’éloigne, on se rapproche
on se repousse, on s’attire
on tremble
on transpire
jusqu’à la

délivrance

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Marche sur la tête des fleurs (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2017



Marche sur la tête des fleurs
et mélange-toi
à leurs bourgeons.

Tes mains sont des violettes,
sur ton corps
monte un nuage de pollen.

Tu sais qu’ici
les jours ont une écorce
plus tendre que le noyau.

(Adonis)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ensemble (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Ensemble
(extraits)

Dans la paume des chemins, dans l’éclatement de l’herbe,
Ton visage tout défait d’aimer

Tes mains au soleil couchant
Pétrissant l’argile, caressant les cous des chiens
Mouillés de la boue des pâturages

Ecoute: le pollen des rochers,
L’abri au fond de la mer.

C’est ta paume qui s’épanouit,
C’est la peau de tes seins
Tendue comme une voile au soleil couchant.

Ecoute encore: ton pollen au pollen des rochers
Se mélange sur mer,
Ton ventre amène et retire les marées,
Ton sexe occupe les sables chauds des profondeurs.

*

Tous les suintements sont lavés dans la mer

Et l’homme peut le soir retrouver dans un lit
Le goût frais de la mer
Entre des cuisses ouvertes

(Eugène Guillevic)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous menons une vie de racine (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



 

Nous menons une vie de racine,
ignorant le tronc qui nous prend notre sève.
Dans cette boue que nous nommons lumière, nous poussons chaque heure,
nous nous augmentons jusqu’aux autres pour nous y mélanger.
Et lorsque nous aurons accru à l’extrême nos tentacules,
nous mourrons d’avoir trop voulu prendre,
nourrissant de notre perte on ne sait quel arbre.

(Luc Dietrich)

Illustration: Valérie Barcelo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :