Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se mirer’

Le visage (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Le visage qui se mire dans la glace
n’еffасе pas le précédent.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

RONDE D’AVRIL (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



RONDE D’AVRIL

Les oiseaux et le clair soleil;
Les fleurs aux charrettes, en jonchées;
La feuille pointe au bourgeon vermeil;
Toutes les âmes endimanchées;
La brise souffle du vieux Corcyre
Et d’Amathonte en bruits de rames,
Et le monde est jeune encore à ravir
De chansons claires et de clairs rires
Et de blondes femmes:

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtez pas, Mesdames,
Ça fait souffrir…

Les roses, les joues; les rayons et les tresses;
Ta marotte, Amour, est un pavot qu’égraine
Aux champs de la joie tout geste d’ivresse:
Et c’est le sommeil et l’oubli que tu sèmes;
N’as-tu pas pour ta lèvre de chanson pire?
N’as-tu pas de meilleure chanson à nous dire,
Grave Amour, au futile épithalame?
Quel petit chant pour ta grande lyre,
Le vieil intermède et le pauvre drame!

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtes pas, Mesdames,
Ça fait dormir….

Il tournoie un air de danse aux feuillées,
Un bruit de baisers en des ritournelles;
L’Idée, recluse des longues veillées,
S’étire aux rayons qui convergent en elle;
Sous les charmes en hâte de reverdir,
L’Endormeuse de tous sourires
S’est assise aux carrefours des âmes;
Et l’Amour, devant elle, s’agenouille et se mire
En ses grands yeux fous où le désir est flamme!

Voici la marchande de plaisirs,
Mesdames!
Ah! goûtez-y, Mesdames,
Ça fait mourir…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’onde tremble comme une moire (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Nicole Helbig ca0

L’onde tremble comme une moire
De ténèbre à travers la nuit,
L’onde profonde, sourde et noire,
Où tout à coup la lune luit.

Du fond des eaux la lune attire
De pâles, longues, frêles fleurs,
Qui montent, s’ouvrent et se mirent
Dans son impalpable splendeur.

Mystérieusement écloses,
Comme un mortel pressentiment,
Dans l’onde et la lune elles posent
Leurs longs et pâles flambeaux blancs.

Il semble, au delà de la vie,
Et cependant à mon côté,
Que quelque être étrange m’épie,
Invisible dans la clarté.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Nicole Helbig

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

N’écoute pas battre ton cœur: c’est une étrange peine (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage

M’enchante, et ton rire pareil
Au vif éclat des armes ;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n’est ombre vaine.
La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton cœur:
C’est une étrange peine.

(Paul-Jean Toulet)


Illustration: PIERRE-YVES VIGNERON

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SOIR (Maurice Olivaint)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Henri Adrien Tanoux (French, 1865-1923) [800x600]

LE SOIR

D’APRÈS UN PASTEL DE MARIE-JOSEPH IWIL

Sous un dais de feuillage embaumé qui se mire
Dans le golfe, où la lune au visage blêmi
Epanche la clarté de son regard ami,
La vierge se recueille en effleurant sa lyre.

Elle égrène des chants que ses yeux semblent lire
Au beau livre du ciel entr’ouvert, et parmi
Les larmes, bleus feuillets déroulés à demi
Par le doigt invisible et léger du zéphire.

Le rêve voilé d’ombre, et qui sommeille encor,
Tressaille aux sons glissant le long des cordes d’or ;
Du silence s’élève une lente harmonie ;

Et des fleurs, dont un souffle agite l’encensoir,
Jusqu’aux astres épars dans la sphère infinie,
S’exhale avec douceur l’âme errante du soir.

(Maurice Olivaint)

Illustration: Henri Adrien Tanoux 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CHANSON DES MARINS NOYÉS (André de Richaud)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

LA CHANSON DES MARINS NOYÉS

Nous sommes les noyés aux têtes de nuages
Les pâles ombres de la mer
Les fantômes épars aux brumes des rivages
Les lèvres aux baisers amers.

Lorsque la nuit s’incline et que l’étoile gronde
Nous montons les chemins du ciel
Et quand vous rencontrez nos troupes vagabondes
Vous entendez un bruit de sel.

Nous errons tristement sur les routes du songe
Étonnés des bruits de la nuit
Et nos coeurs éperdus que le silence ronge
Se mirent au destin des puits.

Un visage endormi nous regarde sans armes
Nous touchons ses yeux de la main
On croit voir, au matin, scintiller une larme
Mais, c’est un souvenir marin…

(André de Richaud)

Illustration: Stéphane Pencréac’h

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pervenche desséchée (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Pervenche desséchée

Moi, je me suis éveillée sur la terre
par une belle matinée d’avril.
Un ruisseau faisait entendre son doux murmure à mes pieds;
des oiseaux chantaient sur ma tête;
la brise parfumée se jouait dans mes cheveux.
La terre m’a paru si belle dans sa nouvelle parure,
le ciel si bleu, le soleil si radieux,
que j’ai senti mes yeux s’humecter de larmes.

Sans attendre le lendemain, je suis partie.
La terre, en ce moment, m’aurait fait oublier le peuple des fleurs.
Mais aussi, peut-être, quel désenchantement le lendemain! …
J’ai voulu conserver mes illusions.

Quand je serai de retour,
je demanderai à la Fée de me laisser, chaque année,
passer une heure sur la terre,
pour me mirer au bord de l’eau,
voir le ciel et respirer la brise,
une heure rapide et fugitive,
l’heure du printemps.

(J.J. Grandville)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour me reposer je coiffe mes cheveux (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

José Rodriguez Acevedo rodj9430

Pour me reposer
je coiffe mes cheveux,
qui a fait a fait
et qui n’a pas fait fera.

Derrière la bouteille
les moustaches de la chatte,
les références
je les donnerai demain.

A présent je me mire
et je mets mon chapeau,
j’attends de la visite j’attends
le coup de sonnette.

Yeux bruns beaux et endormis…

Mais d’amour
je ne veux parler,
l’amour je le veux
seulement faire.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: José Rodriguez Acevedo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉVOCATION (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



ÉVOCATION

Rapide, ma barque file.
Je contemple le fleuve.
Des nuages errent dans le ciel.

L’eau est aussi de la nuit claire.
Quand un nuage glisse sur la lune,
je le vois glisser sur le fleuve,
et il me semble que je vogue en plein ciel.

Je pense à ma bien-aimée,
qui se mire ainsi dans mon coeur.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON JARDIN (Denise Borlas)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



 

MON JARDIN

Mon jardin est une tartine bleue
que les oiseaux picorent,
papa bêche la vigne,
un bruit simple comme si on se mouchait,

je jette à l’allée mon noyau de prune
et les cailloux pensent qu’ils ont la berlue,

la vie en tablier chantonne à l’ombre d’une pêche.

L’échelle hésite — ciel ou bois —
c’est une haute racine posée contre l’arbre,
elle tourne autour de lui
et fait la belle devant la branche la plus mire,

l’oiseau fouille et chante rouge
— cerise prise —

le jardin est lourd après le vent.

(Denise Borlas)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :